REMARQUES SUR LE DERNIER ARTICLE DE GAIL TVERBERG
"Les économistes, les actuaires et autres experts ont tendance à établir des prévisions comme si la situation actuelle allait perdurer indéfiniment, voire s'améliorer légèrement. Personne ne souhaite envisager la possibilité d'une dégradation de la situation. Les politiciens veulent être réélus. Les présidents d'université veulent que leurs étudiants soient convaincus de l'utilité de leurs diplômes. Personne ne souhaite entendre de prédictions pessimistes".
C'est ce que j'ai appelé il y a bien longtemps, le "jeu du tout con". On prend une courbe antérieure, et on la prolonge. Quiconque a travaillé dans le secteur privé constate, un jour où l'autre, que la courbe se brise. Et repart vers le bas, quelquefois de façon plus qu'abrupte et que cela peut se traduire par un coulage à pic.
Bien entendu, cette notion n'existe pas pour les 0.1 % de la population, qui comptent de manière erronée, c'est à dire en monnaie, alors que cette notion même, est fondante.
Le cas le plus cocasse ce sont ces hommes politiques français qui tournent en rond avec un budget "de rééquilibrage", qui est totalement impossible.
Pris aussi dans les commentaires du blog de Gail :
"La bulle de la dette mondiale doit être traitée de trois manières :
1. La rembourser sur le revenu net, ce qui est évidemment impossible pour tous les gouvernements.
2. Continuer à la refinancer jusqu’à ce que les acheteurs cessent de l’acquérir.
3. Faire défaut".
Le choix, finalement, c'est de faire défaut avant, pendant ou après la guerre civile. Des économistes américains ont recensé 10 défauts du gouvernement français en 1560 et 1797. A mon humble avis, ils ont oublié un zéro et toutes les banqueroutes partielles. Les seuls gouvernements ayant refusé obstinément cette banqueroute, c'est celui de Louis XVI, finalement, elle eût lieu en 1797 au milieu d'une guerre civile et étrangère ayant duré 20 ans et faisant 2 millions de mort, et le précédent, celui de Catherine de Médicis, ayant réussi, lui, à déclencher une guerre civile et étrangère de 40 ans et de 4 millions de morts, suivie, elle aussi de la banqueroute de Rosny. Rosny, devenu Duc de Sully a souvent été présenté comme un sage vieillard ayant réussi à rembourser la dette (surtout sur la droite de l'échiquier politique). En fait, c'était un vantard et un fier à bras de l'entourage de Henri IV, capable pour se couvrir de gloire, de charger une phalange suisse (ce qui confinait au suicide, le mode de dislocation de ces phalanges étant de la bombarder à mitraille), ce qui finit mal pour lui. Poursuivi par un cavalier, il finit la bataille blessé, claudiquant et à pied sous un poirier.
Pour lui, rembourser la dette, c'était payer 50 millions -empruntés- sur un milliard.
Avant cela, il faut rappeler l'usage médiéval, suivi jusqu'à la mort de François 1°. La dette meurt avec le roi. Le domaine royal étant inaliénable.
Le roi d'Angleterre, lui, a fait banqueroute sans regrets et sans scrupules au début de la guerre de 100 ans.
Rappelons aussi la monnaie des princes évêques. Frappée sous sa responsabilité, elle mourrait avec lui. Ce qui laisse augurer de sérieuses alarmes à chaque fois qu'il était pris de quintes de toux. Et la ruée des débiteurs pour payer leur dette tant qu'elle avait de la valeur, et la fuite des créanciers refusant absolument de se faire rembourser...
Regardez aussi le film, "la monnaie magique", ou un maire autrichien des années 1930 rétablit la prospérité dans sa ville, en créant une monnaie fondante. Bien entendu, le maire sera condamné, sa monnaie interdite, et les croix gammées, absentes jusqu'alors dans sa ville, fleurir partout.
Pour ce qui est noté sur le transport aérien, je rappellerais un de mes articles. En France, il existe plus de 400 aéroports et aérodromes, dont seulement, une vingtaine sont rentables sans subventions d'organismes diverses et variés, état, département, collectivités locales et chambres de commerces.
Rassurez vous, ce qui rend rentable les 20 restants, ce sont leurs parkings. Raison pour laquelle, ils sont si agressifs vis-à-vis des parkings qualifiés de "clandestins" et les tarifs si importants.
A l'heure actuelle, regardons les termites manger la maison du transport aérien. Des Airbus presque neufs sont démantelés pour récupérer leurs moteurs, qui, visiblement, valent plus cher que l'avion. Et là aussi, le neuf vaut plus que l'ancien, trop gourmand en carburant.
756 avions sont immobilisés, faute de moteurs introuvables.
Dernière nouvelle personnelle : une amie avait acheté une vieille auto chargée de kilomètres pour son fils. Plus de 300 000. Il en a rajouté 50 000 et il a revendu sa voiture plus cher que sa mère ne l'avait acheté.
Le prix bas du pétrole observé entre 1948 et 1973 a conduit à la destruction de secteurs économiques entiers et à son usage irréfléchi. Mais désormais, il est vrai qu'on vit sur l'inertie du mouvement antérieure.
Transports aériens et voitures sont vus comme "des avantages acquis non négociables", et dont on ne peut se passer que parce qu'on a tout perdu, voir devenu sans domicile fixe.
Pour trouver un TRE ou EROI très positifs dans toutes les époques, il faut regarder les minuscules jardins médiévaux.
L'endettement, en fait, ne pose aucun problème. Il suffit de revenir à la monnaie permanente, mais cela casserait la dynamique de la dette, faite au profit des 0.1 % au détriment de toute la population. La fortune fictive amassée par cette caste, va simplement s'évaporer, et cette caste, comme à chaque fois, se retrouver pendue aux réverbères.