NOTRE MONDE FINI : BAISSE DES PRIX ET RECESSION
Evidemment, je commente, sans m'appeler César (bien que méridionale, vantard et grande gueule, qui fait plus penser au César de Raimu, qu'à Jules, ou même aux Borgia), les articles de Gail Tverberg.
Ce qui est difficile à comprendre et à décrire pour les esprits d'outre Atlantique, c'est l'effet d'une crise où l'abondance énergétique disparait. Pour une bonne raison, ils n'en ont jamais connu.
Chez nous, c'était il n'y a pas si longtemps. Le continent européen a connu une crise énergétique majeure, ça s'appelait la seconde guerre mondiale.
Et connait depuis 2008 une crise énergétique continue (mais chut, ça énerve les amateurs de voyages et croisières), et prolongée qui n'aura pas de rebond.
Mais la crise de la seconde guerre mondiale est plus intéressante, car c'est un prototype reportable : une chute brutale et immédiate des disponibilités énergétiques et un fonctionnement en mode dégradé, notamment en ce qui concerne les transports et un mécontentement politique de plus en plus vif, avec, à l'époque une percée communiste de plus en plus marquée.
Le bien de consommation est devenu rare, mais pas pour tout le monde. le monde productif agricole a vu ses dépenses de produits de consommation exploser, sans pouvoir vraiment éponger tous leurs nouveaux et considérables revenus. La moralité ? c'est que l'économie est une structure souple qui peut évoluer très rapidement. Se loger, manger quand ils deviennent des impératifs sont de puissants aiguillons.
La création d'un "système D", est la nouvelle économie.
Mais le système est encore trop intact actuellement, pour être sérieusement mis en cause. Bien sûr, des entreprises de distribution peuvent périr, mais les survivants sont boostés par les dépouilles des vaincus.
Tout d'abord, la grande distribution devient moins grande, et la taille des magasins diminue, contrainte, forcée ou volontaire, ou simplement victime de l'obsolescence des structures. J'avais rappelé ces 4 géants casino, racheté par Lidl en Bretagne, qui avaient été simplement détruit et rebâtit en bâtiments passifs, et au format Lidl, c'est à dire beaucoup plus petit. Les anciens étaient trop vieux.
On passera en même temps au stade de la sous traitance, au nom de l'autonomie.
La pénurie de carburant est un concept. L'adaptation sera immédiate, bien que le monde ancien et ses concepts aient la vie dure. On n'imagine même pas ne pas voyager. Comme le train de vie américain, c'est un avantage acquis non négociable.
Mais l'envolée du prix des carburants a provoqué immédiatement une baisse de la consommation, baisse dont une partie sera durable, d'abord par le switch assez classique. La voiture électrique ou hybride remplace l'ancienne, les compagnies aériennes élaguent les destinations notamment les moins prospères, la pompe à chaleur remplace les chaudières, les toits se couvrent de panneaux solaires. Mais, ça, c'est assez classique.
Dans les nouveautés (plus de 50 ans, quand même), on met du monde au chômage, parce que l'économie actuelle, c'est faire fonctionner des machines brûleuses d'énergie, et son corollaire, truquer les chiffres du chômage pour faire croire qu'on maitrise encore la situation, sans dire, bien entendu, que la pénurie d'énergie, on n'y peut rien et qu'on s'empare de ce qu'on peut encore, c'est tout.
alors, on essaie de vivre "comme avant", et "comme normal", alors que le tissu économique se déchire un peu plus chaque jour, mais les médias, "les gens riches qui parlent aux gens riches", les pauvres, eux, voient leur gamelle se vider chaque jour, mais les uns n'imaginent même pas devoir quitter le monde d'avant, et les exclus n'ont de cesse de s'y intégrer.
Peut-être en raison de préoccupations concernant de faibles réserves de sécurité, les États-Unis ont négocié un accord avec l’Iran qui semble défavorable aux États-Unis.
Il ne faut pas mésestimer la nuisance israëlienne qui a fait croire que le coup vénézuelien était tentable. En fait, ce qui nuit, c'est la méconnaissance abyssale de 90 % la population (et des dirigeants) de la géographie. Une invasion classique du Venezuela aurait été compliquée, voire mortelle pour l'envahisseur, mais mettre en place un gouvernement fantoche, assez simple. De fait la géographie a beaucoup aidé, proche des USA, dans son lac (la mer des caraïbes), c'est une zone de force de la marine USA.
L'Iran, c'est le contraire. C'est l'autre bout du monde, et la marine US y est à bout de bras, et en même temps, les bases US ont fait long feu. Elle en ont ramassé plein la gueule, et leur niveau de destruction empêche une utilisation pleine, sinon la moindre utilisation. Elles sont détruites.
Mais les empires ont toujours tenté cela,une expédition trop lointaine, avec trop peu de force. Souvent, d'ailleurs, les prises de contrôle lointaine échoue devant le peu de ressources du pays à conquérir. Il faut que les forces impériales amènent avec eux leur ravitaillement.
C'était le sort de Lewenhaupt, général suédois, qui devait ravitailler l'armée de Charles XII en 1708. Rattrapé par les russes, il perdit la bataille, et l'armée suédoise de Lewenhaupt, réduite de moitié, rejoignit celle de Charles XII, ne la renforçant pas (les vivres convoyées durent être abandonnées), mais augmentant ses problèmes d'approvisionnement.
Résumons : poussé par le gouvernement israëlien et ses lubies de "régime à bout de souffle", les USA ont tenté une guerre rapide qui aurait amené à un changement de régime rapide. De fait, des erreurs étaient fondamentales.
- La relève (le minable Reza Palhavi), est tout sauf crédible, et la prise de pouvoir ne pouvait être faite que de l'intérieur, et avec les assassinats, c'était éliminer cette éventualité,
- les stocks militaires étaient creux, sinon déjà vides,
- l'industrie pour les remplir n'existe pas,
- les stocks civils, notamment de pétrole US étaient déjà très réduit. Logiquement, Trump jette l'éponge, parce que les moyens de gagner n'existent pas, notamment parce qu'avec les pénuries d'essence, "Pourvu qu'ils tiennent ! Qui ça ? Les civils."
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- beaucoup d'éléments d'armements sont fabriqués en Chine, notamment le fulminate pour le plus simple, sans parler, bien entendu, de tous les éléments plus techniques.
Pour le simple citoyen, il n'y a plus de choix. S'il espère une meilleure intégration ou garder un bon emploi, il est à craindre que ces deux ambitions n'aient plus d'avenir. Le système repose depuis le début des années 1970 sur l'exclusion de tranches de plus en plus larges de populations. Il lui faut créer son propre cadre de vie. Certes, sans doute avec un emploi salarié, mais aussi en évitant de tout miser sur lui.
Au XVIII° siècle, il n'y avait que fort peu de "vrais paysans", l'agriculteur exclusif n'existait pas ou plutôt très peu. S'il avait beaucoup de terres, c'était le réinvestissement d'autres profits en tous genres, s'il en avait peu (le plus souvent louées), il était aussi artisan villageois. Les femmes étaient servantes.
L'adaptation proposée, voiture électrique bute sur de multiples problèmes, coûts, disponibilité de l'électricité mais aussi, celle du goudron.
Dans une autre phase de l'économie mondiale, la première guerre mondiale, le conflit fut très coûteux en vies humaines, mais pas aux endroits les plus concerné. En fait, les pertes démographiques en France et en Allemagne ne dépassèrent pas les 4%, mais furent catastrophique en Perse ( 2 à 8 millions de morts), en Turquie ottomane (plusieurs millions de morts), en Afrique (les déplacements de populations entrainèrent des épidémies, bilan impossible), et en Inde (Maintenir le marché libre au profit de l'économie impériale).
Les effondrements étatiques (même si les états étaient faibles), des moyens de transports, la pénurie de main d'oeuvre dans les champs, l'impossibilité de commercer au moment des pénuries et les épidémies, donnent un bilan bien plus catastrophique que les 9 millions de morts au combat.
Là aussi, briser l'intégration économique de manière brusque a provoqué un chaos immense. L'Allemagne s'est effondrée à cause des pénuries de nourriture.
Une leçon à méditer pour gérer la suite, en même temps que la leçon de l'histoire enseigne que la situation française fut bien pire en 1944 qu'en 1940. Si la défaite et la débâcle avait entrainé un effondrement provisoire de l'état, il s'était vite reconstitué. En 1944, les purges dans l'administration désorganisèrent aussi le ravitaillement...
Autre chose. Comme pendant la seconde guerre mondiale, le seul moyen de transport perdurable, ce sera le chemin de fer, et mort aux pays qui ont laissé leur réseau périr, notamment pour le fret. Le transport de passager n'a aucune importance.