FOND SOUVERAIN NORVEGIEN
Ceci est écrit pour répondre aux âneries et divagations que j'ai lu sur zerohedge.
"Le fonds souverain norvégien pourrait perdre l'intégralité de sa valeur en cas d'effondrement des marchés, prévient son dirigeant ". Comme dit la chanson, "le témoin a dit la vérité, il doit être exécuté". De fait, le boss aurait il compris, ou s'il était déjà au courant, comme moi, il vient d'oser le dire pour justement ne pas subir le sort du bouc émissaire ?
Mélenchon s'est attiré les foudres pour avoir évoqué l'abolition de la dette.
Voilà la jurisprudence de la dette publique que j'ai appris il y a un peu moins de 40 ans :
- les états n'équilibrent jamais leurs finances,
- ils constituent des dettes, des rentes, qu'en fin de compte, ils ne paient jamais non plus.
- s'ils essaient quand même de le faire, ils déclenchent des guerres civiles (France, deux fois), ou créent le nazisme.
Pendant la période médiévale, les choses étaient simples : quand le roi mourrait, la dette était annulée. En France, cet usage a perduré jusqu'en 1547, date du décès du Roi François I°. Quand son successeur est mort en 1559, le pouvoir, à travers son chancelier, Michel de l'Hospital, refuse la Banqueroute habituelle. Il va licencier les 120 000 soldats des guerres d'Italie, qui ne savent faire qu'une chose, la guerre. La guerre civile et étrangère va durer 40 ans, faire 4 millions de morts. La dette, pendant cette période va passer de 43 millions à 1 milliards. L'écu, lui, de 3 à 36 francs, et l'argent espagnol afflue, entrainant une forte inflation.
Henri IV nommera un des vantards et fier à bras de son entourage, Rosny, ministre des finances. Devenu Monsieur de Sully plus tard, il fut présenté, notamment dans les sphères bourgeoises et financières, comme un "sage vieillard", qui équilibra les financer et créa un "trésor". En fait, l'image de Rosny était foncièrement différente. C'était une tête brûlée, qui, agacé par les exploits d'un autre fier à bras du Roi, chargea une phalange suisse à la bataille d'Ivry, chose dont il se vantât beaucoup, mais dont il ne ressortit pas indemne. Entouré de spadassins, il avait le chic pour impressionner les financiers arrogants. Il leur proposât un remboursement de dette à moins de 8 % et comme ils se faisaient tirer l'oreille, cela finit à environ 5 %, soit une cinquantaine de millions, pour le milliard.
Ensuite, des économistes américains ont dénombrés les faillites étatiques en Europe, le record est pour l'Espagne, avec 17 et pour la France, ils arrivaient à 10, sans doute parce qu'ils en ont beaucoup oubliés, qu'il n'existait pas de trésor public, et que les caisses publiques ne défaillaient pas tous en même temps.
Si Michel de l'Hospital, un juriste, fut un crétin d'un honorable gabarit, Louis XVI, aussi, refusât la banqueroute, au nom "du crédit de l'état". Finalement, elle eût lieu en 1797 (banqueroute des 2/3), et la guerre civile eût lieu aussi.
Si, après cette période, on n'en compte plus, il est clair que la multiplication par 100 durant le XIX° siècle du stock monétaire de métaux précieux (avec l'irruption du fossile dans la recherche de métaux) aidât beaucoup. Les guerres du XIX° siècle sur le continent européen furent courtes et relativement peu coûteuses, et la constitution des empires coloniaux, très peu coûteuses, parce qu'il existait un énorme écart militaire et que sur place les pouvoirs s'étaient fait beaucoup d'ennemis. Si l'empire d'Annam résistât un temps, il est clair que la population, elle, ne pris guère parti comme elle le fit après 1945. Elle regardât plutôt avec une certaine satisfaction les nouveaux arrivants les débarrasser d'une classe de mandarins, concussionnaires et très gourmands, envers lesquels ils étaient très endettés.
Jusqu'en 1914, les grandes puissances financières, Grande Bretagne et en second, France, perdirent beaucoup avec le conflit. D'abord les avoirs à l'étranger (95 milliards de francs or pour la Grande Bretagne et 45 pour la France), furent grandement perdus. Pour la France, tout ce qui avait été placé en Russie, Autriche-Hongrie et Empire ottoman, soit 30 milliards.
Pour ce qui est de la France, la dette publique en 1914 atteignait quand même les 60 milliards et 300 en 1919. De fait, la dévaluation du franc Poincaré en 1926 (80 %), était, simplement, l'annulation de cette augmentation. Avec une imposition à 90 % (50 % + 2 surnuméraires de 20 % chacun), le coût de la dette s'effondrât.
La France était un pays socialement en retard, et il a fallu attendre 1941 et l'annonce du maréchal Pétain pour qu'un système de retraite fut crée, bien que selon les normes en vigueur chez la bourgeoisie, le pays fut "ruiné", par les 400 millions journaliers de frais d'occupation des allemands. En 1945, la dette atteignait 1000 milliards, la circulation fiduciaire elle, 550 milliards, réduit très vite à 400 par un changement de monnaie opportun. En effet, les spéculateurs du marché noir, souvent, n'osèrent pas changer leur argent.
On le voit, les états disposent de tous les moyens légaux de faire banqueroute, s'ils ne le font pas, les ennuis commencent. Le livre "Allemagne 1900-1933", montre bien, comment une politique monétaire rigide, avantageant les grands groupes aux dépens des populations, et en les torturant au delà de l'imaginable, peut rendre les gens méchants et leur font prendre des chemins qu'ensuite on condamne.
L'Allemagne quand à elle, a fait faillite dans la décennie 1920 ("consolidation" de la dette à 2.5 % de son nominal or), et dans les années 1940 (consolidation à 10 % du nominal, et changement de la monnaie au même titre). sur longue période, on s'aperçoit donc que la rigidité monétaire allemande n'existe pas. En fait, les teutons, qui n'ont constitué un état que tardivement, n'ont jamais rien compris à la finance d'un grand état. De plus, leur monnaie, le mark, était une unité de poids, et la production d'argent allemande était importante (pic en 1990), pendant plus de mille ans. Apparemment, elle aurait dépassé la production de la montagne d'argent du Potosi.
La classe de rentiers qui atteignait 20 % de la population en 1914 en France, avait disparu après guerre, et ces rentiers avait du trouvé du travail (Lisez René Bazin).
Faut il, de plus, être complétement crétin pour croire que 40 000 milliards de dettes US seront remboursés autrement qu'avec une imprimante, comme le seront aussi les 3500 milliards de dettes françaises. De fait, la Banque de France, qui fait partie de la BCE en détient, dans les faits, déjà 1/4). Donc, le gouvernement français, se doit, à lui même (La BDF lui appartient à 100 %) 1/4 de la dette.... Regardez les wons coréens et leurs billets de 50 000. C'est pas compliqué d'y mettre des zéros.
Donc, quand Mélenchon et l'extrême gauche française parlent d'abolition de la dette, pour une fois, pour une fois, ils ne disent pas de bêtises.
Mais la bourgeoisie macroniste au pouvoir ne veut pas l'entendre, et ce ne sera pas un chemin facile, ça ne l'a jamais été.
Le plus ridicule, chez les particuliers sont les gens en couple, qui ne veulent pas d'enfants, pour entasser plein de fric et ont de bons revenus. Leur épargne disparaitra, leurs revenus fondront de 90 %, ils seront dans la misère, et ne seront même pas des prolos, car chez eux, leur seule richesse, ce sont, justement les enfants. Ils ne pourront même plus partir en voyage et en croisière.
Comme le crédit aura disparu, l'immobilier ne vaudra pas grand chose et prendra sans doute une valeur négative, grâce aux impôts. Ils ne manquent pas de périodes historiques où les propriétaires détruisent eux même leurs biens, pour justement les éviter. Quand aux frais d'entretiens, on voit aussi des biens devenir trop grands et trop onéreux pour leurs propriétaires...
Donc à zerohedge, ils font un peu les simplets. Et les intervenants sur le log de Gail Tverberg souvent, manquent de profondeur historique. et une grande méconnaissance du "temps long". La banqueroute étatique existe depuis que les états existent. Ils y recourent avec réticence, car ils sont contrôlés par les plus aisés et les plus grands bénéficiaires des systèmes.
- 1940 : 17,8 %
- 1942 : 20,3 %
- 1944 : 22,2 %
- 1945 : 48,5 %
- 1946 : 52,6 %
- 1947 : 49,2 %
- 1948 : 58,7 % (pic de la période)
- 1949 : 13,2 %
- 1950 : 10,0 %
Voici les taux pour la France. Même une dette colossale n'y résiste pas longtemps. Pour réduire les dettes, il ne faut pas "faire des économies", en tapant sur les plus modestes, les poussées de partis qualifiés d'extrémistes en Europe, en sont la conséquence.
En 1945, la dette publique libellée en Francs à 1000 milliards était bien moins importantes que les 300 milliards de 1939, en gros, il fallait la diviser par 4 pour retrouver une monnaie constante, en 1946, il fallait la diviser par 8. En 1947, par 16 et en 1948 pas loin de 40.
Evidemment, avec ce genre de phénomène, on prendra beaucoup à ceux qui ont beaucoup, et rien à ceux qui n'ont rien. les plus riches sont simplement en train de nous dire "encore un instant, monsieur le bourreau".