Afrique du Sud : épuisement des ressources.
11 Décembre 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie
Le pic oil soviétique a eu lieu en 1987, dans un contexte d'effondrement des prix, et le deuxième atout du régime, le gaz, voyait ses prix indexés sur celui du pétrole.
Ce contexte, dans une économie basée sur les matières premières, a beaucoup joué contre le régime. La seule exception à la déprime généralisée des prix était le diamant.
Tout ce qui était minéral, a vécu un véritable enfer à cette époque : tous les prix étaient déprimés, y compris l'or.
On s'apercevra sans doute avec le recul que c'était une politique délibérée de manipulation des prix.
L'autre régime victime de la manipulation, fut l'Afrique du sud. Hier producteur presque exclusif d'or (1 000 tonnes et 75 % de la production en 1970), elle vit naturellement sa situation s'améliorer avec la flambée des années 1970.
La firme de Beers contrôlait aussi le diamant. Le charbon, un anthracite de bonne qualité abondant, permettait l'indépendance énergétique et le "coal to liquid" ou hydrogénation de la houille.
Puis les ressources naturelles sont devenues plus chiches. Le temps des vaches maigres a suivi.
Le prix de l'or s'est effondré. les quantités aussi. 275 tonnes d'or annuelles aujourd'hui, et même plus rentable.
La De Beers a commencé à lentement décliner, et à se développer dans d'autres pays, notamment le Botswana.
Le reste, à savoir platine, chrome et vanadium, dont elle est encore un gros producteur la rendait incontournable, mais à des prix cassés. Notamment le platine ne connaissait pas le succès qu'il eut plus tard avec les pots catalytiques.
En réalité, le régime Sud Africain a commencé à souffrir en 1976 avec les émeutes de Soweto parce qu'il n'était plus capable d'assurer la stabilité sociale. Le chômage commençait à se diffuser.
Donc, comme l'empire soviétique, l'empire sud africain se disloquera, victime de sa dérive économique plus que de son apartheid. Il continue sa dislocation, sans que les successeurs aient réussi à inverser les cours des choses, au contraire. Simplement une classe possédante noire est venue se greffer à côté de la blanche, pendant que le sort de la masse l'indiffère. (une africanisation parfaite, donc).
On voit aussi les limites de l'économie minière : elle ne renforce pas le reste de l'économie, elle se substitue à elle.
Les cessions de parts des entreprises aux noirs, indiens et métis n'ont servis qu'à enrichir des oligarques locaux, mais sans régler le problème d'un déclin économique global.
La réforme agraire, très mesurée il est vrai, a été un échec, les paysans se contentant de l'autosuffisance faute de moyens.
Des redistributions moins ambitieuses et plus limitées en surface, mais plus généralisées aurait sans doute donner de meilleurs résultats, sans casser les grosses fermes productrices, mais en donnant des moyens frugaux de vivre à la population largement paupérisée.
Ce concept est il sans doute très difficile à comprendre pour les élites, mais c'est sans doute une des raisons du succès japonais jusqu'aux années 1980.
A côté d'une économie très compétitive, on laissait subsister et on protégeait une économie largement archaïque, mais importante pour la stabilité sociale, la cohésion et tout bonnement, pour une bonne vie en société.
la société sud africaine a visiblement préféré garder toutes les tares du régime précédent, se contentant d'en acquérir de nouvelles. Une décolonisation réussie quoi.
Le seul point positif depuis la fin de l'apartheid, c'est, comme dans le cas de la Russie, que l'abandon des prétentions impériales a soulagé l'économie de son complexe militaro industriel.
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