Budget de l'état...
Je fais cet article pour recadrer les choses. Les Vraicons (vrai nom des néo-cons), ne sont pas contre les dépenses de l'état.
Ils sont contre les dépenses sociales ET POUR les dépenses militaires, de sécurité, d'intérêts de la dette, en gros, ils veulent revenir sur les révolutions du XVIII° siècle qui avaient décidé de l'accès de tous aux dépenses publiques, et non plus d'une minorité.
Les républicains, le Tea Party et leurs avatars locaux veulent zigouiller l'état providence, et laisser le reste.
C'est un programme de lutte des classes.
Un représentant local, est un célèbre avionneur, fils de son père, qui veut bien vendre la peau du cul ses aéronefs à l'état français (pour le moment, c'est le seul qui ait voulu l'acheter), mais qui veut sabrer tout le reste, et qui trouve que le pays manque de milliardaires.
Après tout, le fric, c'est pas pour ceux qui en ont pas...
A moindre échelle la France souffre des mêmes maux que les USA. Le budget militaire est hypertrophié, pour une armée impériale d'intervention à l'étranger, armée de plus en plus réduite.
37 088 millions + 3 428 (anciens combattants) + 44 653 (intérêts de la dette) + dégrévements et remboursements 93 104 (essentiellement les cadeaux fiscaux aux plus aisés), soit 178 273 milliards, dont une bonne partie est aisément réductible, mais dont une bonne partie profitent aux plus riches, amis et suppots du régime.
Cette partie, pourtant, dans la mentalité sarkozienne n'est pas négociable. Elle doit être maintenue.
Pourtant, l'état de la défense est apocalyptique. Il n'y a, pour ainsi dire, plus d'armée, seuls restent quelques troupes spécialisées.
Réduire ce budget à 10 ou 15 milliards est tout à fait possible. On voit que les missiles à 300 000 eruos pièces ne servent à rien, quand ils n'ont pas de cibles.
Un retour à une armée plus classique, de fantassins armées d'armes simples, peu coûteuses, mais éprouvées serait beaucoup plus utiles que des avions trop chers.
On peut se poser aussi la question d'un porte avion, là aussi, complétement inutile, mais dispendieux.
La résistance Afghane et lybienne prouvent que des fusils et des lance-roquettes, armes éprouvées et "cheap", sont plus utiles que la technologie la plus avancée.
Reste aussi à connaitre l'ampleur des gaspillages. Les 20 milliards de $ dépensés par les USA pour la clim de ses soldats sont aussi un flambage monstrueux, mais les budgets français aussi recélent de ses dépenses somptuaires.
De même, les Vraicons ne sont pas contre la dérive des dépenses de santé, elles profitent, en effet à leurs copains médecins, et aux industriels de la santé. Ils sont contre leur remboursement par la sphère publique, comme dans le cas de la sécurité sociale en France, ou contre la prise en charge des plus pauvres et plus âgés (medicare et medicaid aux USA).
Pour eux : SS : pas bien. Mutuelle (non obligatoire, car si obligatoire, prélévements obligatoires) : bien.
En plus, dans ce cas là, il n'y a plus de freins à la dérive des soins. Une simple consultation médicale aux USA coûte 200 $... et les médecins disent qu'à ce tarif là, ils ne s'en sortent pas.
Effectivement, le principal problème, en occident, c'est la dérive des coûts, que plus aucune volonté politique ne vient barrer.
Autre dérive des coûts, le PPP ou partenariat public privé. Pour trafiquer les chiffres de l'endettement public, et aussi pour réduire artificiellement le nombre de fonctionnaires, on confie à des firmes privées (les copains de mes copains), le soin de s'endetter, en lui passant une commande sur 50 ans.
C'est encore plus cher que de faire bâtir directement, l'entretien est assuré par des non-fonctionnaires, et tout le monde est content dans la haute sphère. Tant pis si le contribuable paie deux ou trois fois le prix qu'il aurait payé directement.
En réalité, plus que la dépense publique, ce qu'il faut compter, ce sont les dépenses contraintes des ménages. Celles-ci ont complétement dérivé depuis 1970, passant de 50 % d'un salaire à 70 % de deux salaires. Et celles-ci sont souvent des "taxes déguisées", destinées aussi aux copains de mes copains...
De même, les retraites par répartition, sécurité sociale aux USA, ou retraites en France, sont dans le collimateurs. En effet, elles ne paient pas "la dîme".
Ce qui est interessant pour le financier dans la capitalisation, ce sont les commissions qu'ils perçoivent d'années en années, et qui représentent plus -in fine- que le capital constitué.
En plus, pour le gestionnaire, c'est tout bénéf, il empoche la com, et le salarié-crétinisé prend le risque. Elle est pas belle la vie ???
Seul bémol pour l'instant : la totalité des fonds de pensions est en faillite, et la panique actuelle n'arrange pas les choses.
Pour résumer : le Vraicon n'est pas l'ennemi des dépenses publiques, il l'a assez prouvé, elles ont toujours dérivé fortement quand il était au pouvoir.
Il est contre la dépense publique destinée aux pauvres ou classes moyenne.
C'est celle-là qu'il trouve inadmissible et nuisible... Le "classeux-moyen", lui, mourra à 50 ans d'espérance de vie, comme dans les ghettos noirs US, les réserves indiennes ou certaines villes blanches désindustrialisées.
Les noirs du Michigan préfèrent envoyer leurs enfants dans le "Sud profond", qui, s'il est resté profondément ségrégationniste et tranché, reste plus vivable.
En effet, le climat y est meilleur, et celui qui respecte les codes sudistes -non écrits- ne risquent rien.
Il reste que le Vraicon est arrivé au point de collapsus. Les budgets militaires, intérêts de la dette et copinages sont intenables. Il espère simplement faire tenir "un peu plus", le système en s'attaquant aux budgets de l'état providence, sans voir que leur réduction rend possible et probable l'effondrement du système.
Aux USA, l'effondrement de la popularité de Tea Party, à cause d'abord des événements du Wisconsin, ensuite du relèvement du plafond de la dette, pose les questions simples, à laquelle il faut répondre simplement :
Combien de temps pourrez vous vivre en France, sans sécurité sociale et régime de retraite ? Pas longtemps. Quasiment personne ici ne peut faire le pari de sa propre survie à long terme...
Bien entendu, la disparition des deux, n'entraînant aucune hausse de salaires des cotisations patronales et salariés correspondantes, au nom de la "compétitivité".