Concordia et lutte des classes...
16 Janvier 2012 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Actualités
Le Concordia a fait naufrage, et c'est quasiment un emblème :
- activité économique complétement inutile,
- luxe dégoulinant de tous côtés,
- réservée à une minorité de privilégiés,
- servis par des marins, en provenance du tiers monde, à prix imbattables, sauf, bien entendu, quelques cadres (300 Philippins, 200 Indiens, 170 Indonésiens, sur plus de 1000 hommes ),
- encadrement désastreux.
On se demande si on était sur un navire, ou dans une banque. En effet, les mêmes remarques peuvent s'appliquer aux eux comme aux autres.
A cette époque de l'année, on promène surtout papy et mamy, retraités aisés et profitant des rabais, dans une grande débauche de gaspillage d'une énergie fossile de plus en plus rare et de plus en plus chère, une économie du potlatch.
" A l'image de la croisière en Europe, Costa a connu une croissance exponentielle de son activité dans les années 2000, grâce à un nouvel engouement des touristes lié à une baisse des prix."
N'oublions pas de dire que c'est aussi une rançon de l'inégalisation des sociétés, avec sa frange de privilégiés, où les 20 % du haut de l'échelle profitent encore
un peu des choses.
Bien entendu, les 60 % d"européens qui n'ont pas un rond, n'auront pas vu la différence...
Bien entendu, l'encadrement s'est comporté comme ailleurs, il s'est tiré, mettant ses précieuses fesses à l'abri.
Bien entendu aussi, le commandant était visiblement complètement incompétent, il aurait du être nommé à l'EPAD, et comme il avait quelque chose à faire, ça a tourné à la catastrophe. Voilà ce que c'est de vouloir remplacer Mahmoud, le barreur bengali, qui fait ça 24/24 en alternance avec son cousin Abdul (ils ont cassés les prix, ils ont proposé les deux pour le prix d'un, mais grâce aux déchets des restos, il se nourrissent gratos).
Tout ce qu'on lui demandait, c'est d'être beau, bien habillé, de faire des photos avec les passagers, c'était pas compliqué, non ?.
Bien entendu aussi, la compagnie, fort courageuse aussi,
accuse son commandant, alors qu'on sait dans ce cas là, que les enquêtes et expertises vont durer des mois.
Bien entendu, on ne saura même plus qui a engagé le dit commandant, son second, et qui les avait pistonné.
Bien entendu, jamais aucun exercice de sécurité, et équipage approximatif, disposant d'un vocabulaire "anglais d'aéroport", d'une cinquantaine de mots comme "lingua franca" commune, et comme on sait, il est fort précieux en période de panique de ne pas comprendre le langage de l'encadrement, ici italien...
Bref, une image forte de la mondialisation, et du point d'arrivée. On aurait voulu être caricatural, on n'aurait pas pu faire mieux.
On se rapproche du cas "Titanic" de 1912. En effet, le Titanic est symbole de tous les relâchements qui touchaient une marine britannique, autant marchande que
militaire, reine des mers depuis 1805, et qui transformât un accident, en catastrophe.
- Relâchements dans la construction,
- relâchements dans l'équipement du navire, que ce soit canots de sauvetage, jumelles, fusées, rien n'était bon,
- relâchements dans le commandement, pas d'exercices d'évacuation, équipage qui ne connaissait pas et qui n'avait pas l'habitude de travailler ensemble...
L'aboutissement fut encore plus net, en 1916, dans la bataille du Jutland. Les pertes britanniques furent le double de celles allemandes, révélant une foule de défauts, de construction, dans la
doctrine de feu, dans l'entrainement...
La mer ne pardonne pas l'à peu près...
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Pages
Catégories
- 2321 Politique
- 1957 Energie
- 1874 Actualités
- 1472 Economie
- 606 Chronique de l'effondrement
- 447 Immobilier
- 289 transport aérien
- 133 transport terrestre
- 112 pandémie
- 109 Polémique
- 106 politique
- 92 transport maritime
- 74 energie
- 60 economie
- 37 Faits divers