Hypertrophie de la RP.
8 Février 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
La région parisienne souffre d'hypertrophie. En réalité, l'article du "Point" -Les transports en commun pèsent fortement sur le moral des
salariés -, ne met pas les points sur les "I".En effet, un organisme d'une trop grande complexité devient simplement ingérable, et les investissements en transports en communs ont permis l'entassement, et donc à la ville d'être encore plus ingérable.
Comme les transports individuels créent des problèmes encore pire, il faut se rendre à l'évidence.
On a franchi le fil rouge.
Vouloir développer à tout prix la capitale, comme on le fit sous Napoléon III, qui décida de ne pas faire de gare centrale, histoire d'emm...ieler le monde, aux subventions SNCF et RATP, tout concourent à rendre la vie simplement impossible aux habitants de ces lieux.
On parle du travail ? Mais est ce que cela se limite au travail ? Certainement pas. Et en dehors du travail ? Le parisien (au sens large), n'est il pas condamné à passer sa vie dans les transports en commun simplement à cause de la taille de la ville, et ce, pour toutes les banalités de la vie quotidienne ?
On oppose souvent transport en commun et transport individuel. L'un serait vertueux, l'autre pas. Moi, je n'ai pas le choix. Il n'y a pas de transports en communs chez moi. Pourtant, je suis à 5 kilomètres et à 5 minutes de toutes les commodités.
Le parisien à combien est il de son travail ? la dépense énergétique est phénomènale, une vraie blessure mentale et économique.
A l'heure où l'on parle de compétitivité, il serait temps d'aborder ce volet de la non compétitivité des grandes villes.
Le taux de possession des automobiles baisse au Japon. Le développement de l'automobile dans les grandes mégalopoles chinoises est moins intense que prévu. Là aussi, pas moyen -déjà- de circuler, et l'étalement des villes fait l'invivabilité des transports en commun.
C'est donc le schéma de développement qui défaille. Les villes sont devenues difficilement gérables à l'heure actuelle, et leur chute pourrait être rapide.
Je pense particulièrement au "Kriegspiel" que fut le tremblement de terre de Port-au-prince, et à la fuite de la population qui s'en suivie.
Elle a déguerpie en vitesse, non à cause de la catastrophe, mais à cause de la rupture de l'approvisionnement.
Comme avec les délices de l'économie mondialisée, on dépend de l'autre bout du monde et non de la campagne environnante, on a aussi tendance à laisser s'urbaniser les terres agricoles, devenues inutiles, pendant que le renouvellement urbain ne se fait plus.
On construit en périphérie, c'est toujours plus facile, que d'exproprier, détruire et reconstruire dans le centre.
A tel point que dans beaucoup d'endroits, on a atteint le stade de la ville à la campagne. Les centres sont désertés, les périphéries construites, les transports engorgés aux heures de pointes.
Le laisser faire, le laisser aller et la croyance débile en l'auto-régulation conduit, naturellement, comme prévu et comme d'habitude, à la catastrophe.
"80 % de ce qui a été construit en Amérique du Nord l’a été dans les 50 dernières années. Et c’est en majorité démoralisant, brutal, laid, malsain et spirituellement avilissant. Quel est la destinée de la banlieue ? Nous entrons dans une ère de rareté de l’énergie, qui ne nous permettra pas de continuer à vivre de cette façon. "
Le transport en commun, faut il le répéter, n'est pas la solution pour les villes et notamment la plus grande d'entre elle, la région parisienne. C'est une nuisance de plus, un fardeau.
Le transport souffre aussi d'une tare supplémentaire. Passé le stade de l'investissement initial, où il n'était nécessaire à personne, il vieillit et n'est guère modernisable après. En effet, dans bien des cas, le moderniser veut dire interrompre des lignes vitales que rien ne peut remplacer.
Le constat se pose encore plus clairement aux USA : "La rupture de canalisation, rues engorgées, l'effritement des barrages et des digues, et des vols retardés qui viennent de défaut d'infrastructure ont un impact négatif sur le carnet de chèques et sur la qualité de vie de chacun et de tous les Américains. "
En RP, donc, les "usagers" souffrent. Ils n'ont pas fini de souffrir, et vont souffrir de plus en plus. Ce qu'ailleurs on appelle "qualité de vie" et qui n'est en réalité qu'une meilleure réponse économique à des problèmes posés, "prive", d'ailleurs, de tous les débouchés et PIB que sont la gestion des disfonctionnements.
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