Immobilier, un placement sans peine ???
10 Octobre 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Immobilier
Je reviendrais ici sur les logements vides dans les HLM, on en annonce jusqu'à 25 000. Et les vilains sont montrés du doigt, notamment la Haute-Loire.
Mais pour les HLM, il n'y a ni crise, ni liste d'attente, ce dont je peux attester.
"Si des travaux sont nécessaires, on ne peut pas relouer dans un délai d'un mois. Il faut laisser le temps aux entreprises d'intervenir, tout comme, il est difficile de trouver un autre locataire. "
Le verdict est donc posé : le marché est atone. Et pour le marché privé, c'est pire encore. Même les endroits les plus prisés du département, c'est la pléthore avec des immeubles réhabilités en masse et sempiternellement vides, depuis le grand pétage de plomb de 2007 (le voisin réhabilitant, il semblait judicieux de suivre le mouvement...).
Les loyers du privé sont souvent plus bas que le secteur HLM, et ce, dans une proportion énorme.
Les conditions géographiques, hivernales, d'emplois, jouent aussi, mais joue aussi et surtout l'énorme vague de construction qui a agité cette décennie, et qui a couru bien plus vite que la progression démographique.
Dans ces conditions, vouloir investir,"parce qu'il y a pénurie", est un non sens. Le marché est là aussi mature, il peut y avoir de la part des offices HLM, tel foyer Vellave et OPAC, des opérations ponctuels de construction, il y a surtout des opérations de destructions, qui, faut il le rappeler, visent aussi à sauver le marché global immobilier de l'effondrement.
Alors, on se souvient que certains endroits sont pourris, d'autres inondables, et on justifie ainsi des destructions, après des décennies d'occupation...
D'ailleurs, si on s'en tient au parc global, en comptant les logements vides, les résidences secondaires, on arrive au constat qu'il n'y a, en France, aucune manque de logement, seulement une inadéquation fondamentale, entre besoins et demandes.
Les vacances de logements sont très nombreuses en France, et s'expliquent, par la difficulté de vendre, de louer, de réunir les moyens pour réhabiliter (on peut pimenter de successions qui traînent en longueur, les indivisions, mais aussi les propriétaires atteint de maladies de la vieillesse, comme alzheimer et dont le poids global ne doit plus être négligeable...). A l'autre bout de l'échelle, on voit aussi la volonté de ne pas louer, pour garder en résidence secondaire, où parce que l'on n'a aucun besoin financier de le faire...
Le "vrai" bailleur, sur un département comme la Haute Loire, est un héritier, sans dettes, et qui fait cela depuis fort longtemps. Tous sont unanimes. Les charges augmentent, les loyers baissent, la demande est faible et désargentée. Bien sûr, ils ont, de par ce fait, les reins solides, mais ils ont eu, ici comme ailleurs, droits à la construction de lots de Robien, complètement déphasés, avec des propriétaires endettés jusqu'au taquet, résidant loin, n'entretenant pas.
Tous les bons ingrédients, là aussi, d'une lutte au couteau, d'une - il faut bien l'appeler ainsi- lutte des classes, entre les biens burnés et les moins biens lotis...
Mais il n'y a pas qu'ici que la situation est très dégradée (enfin, d'un certain point de vue seulement) et on peut montrer du doigt l'inanité aussi de l'IRL qui a conduit, là aussi, à de grosses réévaluations de loyers, entrainant une décennie folle de l'immobilier, jusqu'au krach final, faute de demandes...
Auj'ourd'hui, l'IRL a accompli son rôle d'arme de destruction massive. Les bailleurs se disputent des rares locataires, et on découvre l'effet de ciseau. A savoir des impôts en hausse, des charges, en hausse, et des rentrées incertaines et en baisse...
Finalement, c'est que du bonheur d'être propriétaire... Il manquerait plus qu'ici, les HLM se mettent à construire massivement, comme le veut le ministre, au lieu de se désendetter, dans un marché arrivé à maturité, et on aurait donc la perle rare, le placement à revenu négatif, prélude à une "detroitisation" du département, et au plan politique, le verdict a été lourd.
Le sud du massif central, qui était un bastion lourd de l'électorat "de droite", a été aux dernières élections, complétement effacé...
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