JAL : c'est la fin
24 Janvier 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
JAL a déposé le bilan, fait l'impasse sur ses dettes, va virer le
tiers de ses effectifs (15600 personnes), en attendant d'en virer 50 % (l'année 2011) et 100 % (en 2012).Le problème des dépôts de bilan et de la continuation de l'activité, c'est de fausser profondément le jeu économique dans un secteur.
Si l'on prend le cas JAL, le dépôt de bilan ne fonctionnera pas.
Pourquoi ? Parce que c'est un mouvement comptable. On fait l'impasse sur le plus de dettes possibles, en ayant le plus possible de créances non recouvertes (qu'on se dépêche de recouvrir après la faillite).
c'est là que que bât blesse. JAL et toutes les compagnies aériennes n'ont absolument aucunes créances non encaissées. Au contraire, elles les encaissent à l'avance.
La compagnie japonaise, si elle fait bien l'impasse sur les dettes, n'est pas non plus dans une situation brillante après la remise à zéro du compteur.
En effet, les dettes sont finalement assez réduites, beaucoup de charges, dans l'aviation, se paient comptant.
2320 milliards de Yens, soit 17.6 milliards d'euros, la dette pour une compagnie de cette taille est loin d'être démesurée.
Donc "l'espace" dont bénéficie une entreprise industrielle pour respirer en cas de faillite, n'existe pas.
Le portefeuille d'encaissements est plat, et le portefeuille de dettes, est relativement plat aussi.
En outre, elle "bénéficie" d'une autre tare. Elle ne peut pas laisser tomber la plupart de ses fournisseurs, guère interchangeables, et dont elle est souvent seule cliente.
C'est un cas commun dans l'externalisation à outrance : les entreprises dépendantes ne sont que des faux-nez.
Elles assurent des fonctions, qui, ils y a 30 ans, étaient faites en interne.
Les multiples dépôts de bilans notamment observés aux USA dans les compagnies aériennes, n'ont pas améliorés la situation des sociétés. Parce que, ce qui a amené cette situation, c'est le peu de rentabilité économique du secteur, et non une mauvaise gestion particulière.
Beaucoup d'appareils sont anciens et vétustes, fruit d'un non-investissement de longue période, et la compagnie n'aura pas les moyens de les remplacer.
La seule source de rentabilité sera paradoxale : en supprimant des liaisons, en reformant des appareils, JAL pourra faire un gain sur les pièces détachés assez fabuleux.
Mais cela, on ne peut pas dire que c'est franchement porteur d'avenir, c'est de la cannibalisation.
Les fonds apportés sont aussi très modestes (2.3 milliards d'euros, soit 300 milliards de Yens, auquel se joint le double de prêts).
Pour résumer, la compagnie sera pratiquement dans la même situation après la banqueroute, qu'avant, le seul résultat sera de compresser un peu plus le personnel, mais cette tactique largement employée a très peu fonctionné jusqu'à présent, et de sacrifier les retraités.
La quasi totalité des fonds nouveaux servira à licencier le personnel et à restructurer l'entreprise, sans finalement lui donner ni de raisons d'espérer, ni une rentabilité économique suffisante pour qu'elle redémarre. La non-liquidation de la compagnie est donc un acte politique, mais le problème principal, c'est le PO.
Fortement consommatrice de Kérosène et uniquement dépendante du pétrole, les compagnies aériennes et les avionneurs (ils font un tabac, seulement chez les producteurs de pétrole...)sont donc sur une corde raide.
Les couvertures (dans l'achat du kérosène) dont elles se gargarisaient, ont montrés leurs effets perverses dans les mouvements de yoyos importants, elles ont coûtés plus qu'elles n'ont protégé.
Le problème est plutôt pour JAL, son réseau japonais, largement concurrencé par le rail.
Au niveau journalistique, toujours la même incompréhension, la seule chose importante, est passée sous silence, et cette chose importante, ce sont les portefeuilles de créances et de dettes.
Comme je l'ai dit, la particularité des entreprises de transport aérien, c'est que les deux sont très faibles. Les faillites donc, sont appelées à se multiplier, et à se poursuivre, jusqu'à quand ? Jusqu'à la création de compagnies monopolistiques et étatisées, transportant quelques personnes fortunées, dans un trafic résiduel.
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