La balance énergétique est déficitaire
25 Janvier 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
A vrai dire, rien de nouveau sous le soleil.
Je me souviens avoir fait une soutenance la dessus, à la faculté d'économie, en 1979. Le constat était déjà là. L'agriculture industrielle consommait plus d'énergie qu'elle n'en produisait, et se révélait structurellement incapable d'améliorer la tendance.
Alors, le jury posa clairement la question : qu'arrivera t'il ?
On a eu le cas de figure en 1940 : rationnement, sous alimentation chronique, et fin des obèses (du moins, ceux qui resteront, on saura qu'ils ont vraiment des problèmes endocriniens.
J'avais prévu la question d'ailleurs. J'avais repris une blague de 1940.
On voyait un homme dire à son copain :
"- je l'épouse dans une semaine,"
"- je savais pas que tu aimais les grosses,"
"- moi non plus, mais pendant trois mois, je m'enfile ses rations"...
Alors, non seulement l'agriculture intensive ne sait pas produire sans carburant fossile, mais en plus, le rapport est déficitaire, et enfin, un quart des grains américains sert à fabriquer... du carburant.
On voit donc la perversité intrinsèque du modèle économique actuel, le tout marché. L'agriculture intensive détruit l'agriculture traditionnelle, alors qu'on aurait du la préserver au maximum et produire seulement une fraction apportant la sécurité alimentaire.
A cela, on peut ajouter toute la dépense d'énergie causée par le transport, par l'entassement urbain et l'éloignement des zones de productions. Elle est loin l'époque où les villes étaient entourées de zones maraîchères et où l'épicerie était approvisionnée par les jardins du coin et les produits amenés à pied.
On faisait aussi beaucoup de conserves (leg du premier empire).
Un bateau de Kurdes vient d'accoster, les autorités judiciaires viennent de libérer tout le monde. Moi, mon jury d'examen disait que les bateaux de réfugiés, dans ce cas là, seraient plus certainement coulés. (Avec les passagers, bien entendus). A mon époque, on parlait du Haï-hong.
Un tremblement de terre a eu lieu à Haïti, rasant Port-Au-Prince, une bidonville mal construite et le bilan en terme de morts fut désastreux. On parle de 120 000 morts et 200 000 disparus.
La responsabilité de ce bilan incombe à la politique de libre échange, et la baisse des droits de douane sur le riz notamment (de 35 % à 2 %).
Haiti est passé de l'autosuffisance, à un stade où elle importe les 3/4 de sa nourriture. Les paysans qui ne cultivaient plus leur lopin étaient venus grossir cette ville tentaculaire où beaucoup sont morts, et où il n'y a rien à faire.
En économie, il n'y a pas de miracles, seulement des notes qui se présentent, peut être pas tout de suite, mais qui se présentent toujours, et avec les intérêts en plus.
Mais on peut rajouter aussi le pire. Comme en 1789, le régime actuel a aboli toutes régulations, pour laisser faire la bienveillance du marché et spéculateurs et Goldman Sachs se remplirent les poches.
Les pays du tiers monde délaissent l'agriculture vivrière de subsistance pour la grande agriculture d'exportation.
La chute sera donc rapide. Comme a dit Dimitri Orlov : "pouvez vous survivre sans le système économique ?"
Newsletter
Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés.
Pages
Catégories
- 2321 Politique
- 1957 Energie
- 1874 Actualités
- 1472 Economie
- 606 Chronique de l'effondrement
- 447 Immobilier
- 289 transport aérien
- 133 transport terrestre
- 112 pandémie
- 109 Polémique
- 106 politique
- 92 transport maritime
- 74 energie
- 60 economie
- 37 Faits divers