La commande géante...
18 Mars 2013 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #transport aérien
Airbus peut crier de joie, une commande géante de 200 appareils pour la compagnie indonésienne Lion est sur le point d'être signée.
Et comme me l'a dit un lecteur à propos de NDDL, c'est un signe évident de "bonne santé" du transport aérien, mais en réalité, il n'en est rien, et la donne
énergétique bouleverse bien des paradigmes existants.
Explications.
Dans beaucoup d'activités de transport, finalement, il y a peu ou pas de rentabilité, mais une chose rapporte beaucoup, c'est la revente de l'ancien matériel.
C'était caricatural dans certaines activités, comme le camionnage. je me rappelle l'époque où le tracteur valait 350 000 francs pour le petit camionneur, et 140 000
pour la flotte. Et les grands voituriers se créaient une flotte d'esclaves à bon compte.
Untel était bien vu, et on le poussait à "créer son entreprise", en lui vendant un camion quasi neuf récent, de trois ans d'âge, à moitié du prix. Et on lui fournissait la clientèle.
On aura compris. Non seulement le camion ne coûtait rien à la société, mais, en plus, elle empochait une belle PV et se créait un vivier d'endettés, devant à tout
prix travailler et assumer les risques économiques.
Certains, avec 1500 ou 2000 camions, avaient une "nébuleuse grise", de dépendants, tout aussi important.
Mais ce beau schéma se cassait la gueule de temps en temps, comme en 1993. Les grands voituriers voyaient leur activité s'effondrer, renvoyaient la balle chez leurs
sous-traitants, vite mis en Liquidation, passaient la crise en faisant le gros dos, mais se voyaient affublés de gros stocks de véhicules à écouler, mais sans clients, et sans la belle PV qu'on
encaissait d'habitude, d'autant que les constructeurs avaient mis tout le monde au même tarif...
Total, plus rien ne voulait plus rien dire, et c'était une période de fou.
De même pour le 4 X 4 actuellement. Il existe un second marché de gens qui rachètent pratiquement au prix du poids de la ferraille, parce que ça consomme trop.
Mais, pour eux, le calcul est rationnel. Même si la consommation est beaucoup plus importante, le prix d'achat bradé fait beaucoup dans le calcul économique.
De même, l'automobile mise beaucoup sur la baisse de consommation de ses modèles. Mais si on fait le calcul sérieusement, on ne change pas une voiture pour ça, à moins de disposer d'un véhicule
des années 1960, dont la célèbre R4, et ses 11 litres au cent... Mais c'était une autre époque.
Car, si on fait le calcul, la baisse de consommation ne paiera jamais l'achat, surtout si on a toujours fait attention aux modèles achetés, et pris des voitures peu
gourmandes.
Les chaudières aussi, sont très difficiles à amortir. Elles sont simplement trop chères.
Pour le transport aérien, c'est l'inverse. L'avion trop ancien, c'est devenu un gouffre invendable, et le second marché des appareils vendus aux compagnies des pays du tiers monde, est
cassé.
Un avion ancien, c'était très rentable. ça ne l'est plus. C'est tout.
C'est, paradoxalement, le très mauvais état économique du transport aérien qui explique le succès des avionneurs.
Quand le coût du kérosène fait 40 % des charges des compagnies aériennes, la baisse des consommations est incontournable. Emirates met d'ailleurs aux rencarts, des Airbus pas très
vieux.
Pour NDDL, je ne change rien sur mon point de vue. Cet aéroport est inutile, jouet d'hommes politiques déphasés, voulant avoir "la plus grosse", et "faire pipi le plus loin", la progression de barils mis à la disposition sur le marché est illusoire, ce sont des barils qui coûtent très chers, et raclent différents fonds de tiroirs, canne à sucre, biomasse, charbon, pétroles lourds, pétroles de schistes, dont on verra vite le bout.
Ce qui intéresse la constructeur de l'aéroport NDDL, c'est la dépense, et la garantie des pouvoirs publics. Comme dans le cas de la bulle immobilière. Après la construction et la vente, ce sera le problème de l'acquéreur, qui, comme dans le cas des robien, n'arrive pas à louer, par faute de demande, par surestimation du loyer possible, par tout un tas de facteurs, notamment la fermeture des usines locales.
Mais cela, la compagnie, n'en aura rien à foutre. Dans le pire des cas, elle a la garantie des pouvoirs publics locaux, et si elle tire le rideau, ce seront à eux
d'éponger les pertes.
Elle est pas belle la vie ? Face je gagne, pile je gagne, sur la tranche, je gagne...
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