La peur du déclassement et la crise psychique. II
21 Février 2010 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Immobilier
Comme la ménagère était devenue la "technicienne de surface".
En réalité, la structure sociale de la France est stable :
15 % de pauvres,
65 % de classes populaires,
20 % de classes moyennes,
1 % de riches...
L'escroquerie a consisté à faire passer la classe populaire, dans la "classe moyenne", la classe moyenne ne voulant pas le dire, mais se considérant comme "riche", tout en ne l'étant pas.
Dans les classes populaires-classes moyennes, la tricherie consistait à pousser à l'accession à la propriété, et elle consiste toujours à pousser à l'accession à la propriété.
Ce phénomène fut connu aussi dans les campagnes à la fin du 19° siècle. Les villages qui commençaient à sérieusement se dépeupler, virent se vendre des immeubles à des paysans sans grands moyens, ils s'y saignèrent les 4 veines, bien que les prix aient beaucoup baissés, et n'en profitèrent que peu. La période suivante fit bien voir qu'ils n'avaient pu acquérir que des ruines en devenir...
La question immobilière est un indice de déclassement certain : la "classe moyenne inférieure" commence à décrocher en matière immobilière. Le sentiment d'aise diminue, et l'encadrement incrédule n'a pas compris que son propre déclassement désormais était en marche.
Chaque catégorie, quand elle est à son tour touchée, pense que ce n'est pas pas possible que ça continue, que le réalisme COMMANDERA de revoir la politique.
Joe Stack avait tout, dans l'imaginaire et la vulgate actuelle, pour être un "ouinneur" : ingénieur et informaticien. Il vivait simplement l'enfer, avant de le déclencher, avec ses propres petits moyens, sur terre.
Au lieu de mourir usé à petit feu, il a préféré mourir en combattant. Si cela était l'explication -consciente ou inconsciente- de la violence meurtrière endémique régnant dans la société US ?
"Lorsqu’elle peut finalement accéder à la propriété, la classe moyenne inférieure peine à payer ses charges et ses remboursements de prêts. Jusqu'à ne plus pouvoir continuer ! "
Le mécanisme est simple à comprendre. Il peut s'appliquer sur tout. Et Delevoye voit simplement des gens dont les revenus, n'ont plus de sécurité, quand ils ont de la chance, ils ont une marge de manoeuvre de 50 à 150 euros par mois (donc presque rien), quand ils n'en ont pas, un déficit structurel de 50 à 150 euros, et pour ceux qui ont encore de la marge, voient l'insécurité pointer son nez dans la vie de tous les jours.
La voiture vieillie, elle consomme et a besoin de réparations, de pneus, et d'entretien, dont le financement devient de plus en plus hypothétique.
La stabilité sociale implique qu'il y ait de nombreux supporters de l'ordre social. Ils deviennent de plus en plus rares, et les ennemis de plus en plus déterminés.
Ils le seront encore plus, car la seule façon de refermer la plaie de la crise, c'est de lutter contre les inégalités, donner de l'argent à la population, et une espérance.
En Europe, notamment, l'Union européenne est en train de devenir le croquemitaine et le loup, et dans une génération, ce sera synonyme de malédiction.
On ne veut pas, on ne peut pas changer de politique pour cause de pouvoir trop bien verrouillé, et le chemin promis à la population est celui de l'enfer.
La logique est donc que l'enfer descende sur terre. ça va saigner.
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