Le point de collapsus
On m'a dit que j'avais été trop pessimiste pour les pannes électriques, c'est simplement qu'un point de collapsus, ça met longtemps à se remonter, à se mettre en
place, et à devenir opérationnel.
Le nucléaire français "indispensable", n'a pas suffit à la pointe, loin de là, il a fallu faire appel à toute la batterie de cuisine de l'UE, pour arriver à faire
face.
Mais, peu importe, cette fois, c'est passé, mais pas la prochaine.
EDF renégocie les contrats avec les exploitants qui fournissaient pendant l'hyperpointe. Trop chers, ils devront accepter des baisses de tarifs, ou fermer, la plupart fermeront.
RTE entretiendra -mal- le réseau, qui montre son vieillissement et des signes de fatigues. C'est passé cette fois, mais pas la prochaine, ou encore, la fois d'après.
La seule optique, c'est de changer de politique, et de concevoir, une consommation à la baisse, et faire en sorte, qu'elle baisse. C'est la politique golbale. ça n'empêche pas des postures
personnelles de prévoyance.
Comme le dit Charles Sannat, une personne invalide à 850
euros par mois n'est pas obligée de vivre en Région parisienne et dormir dans sa voiture. Elle peut vivre chichement, mais dignement ailleurs, dans la si péjorative "province", comme ce retraité,
qui voulait partir d'un quartier devenu pourri, mais qui ne concevait de partir qu'en côte d'azur, dans le Var, troquant un cher, contre un cher...
Politiquement, c'est pareil. 70 % des partisans de l'UMP estiment qu'une crise grecque appliquée à la France est "impossible", les partisans de la gauche, eux, l'estime possible à 54 %, et l'extrême droite à 82 %.
Simplement, le point de collapsus n'est pas atteint pour ces gens là, et leur bêtise atteint des sommets.
Qui peut croire que les choses vont bien avec un déficit extérieur de 73 milliards ? Ceux qui ne savent même pas ce que c'est.
Pour le restaurateur, "sauvé" par la baisse des charges et la fin des 35 heures, on verra l'effet de la crise grecque sur sa psychologie et sa santé mentale. Visiblement, celle-ci n'était déjà pas tellement élevée, elle devrait encore se détériorer.
Quand à la volonté de taper sur les chômeurs, manifeste pour tous ceux qui ne sont pas concernés ( cadres, retraités, fonctionnaires, artisans, etc...), là aussi,
on va bien rire.
On ne fera aucune économie, mais on détériorera un climat de sécurité général, car malgré l'insécurité régnante, elle n'a rien à voir avec celle qui régnait encore au XIX° siécle, les bandits de
grands chemins qui viendront chauffer leurs pieds, et qu'une police indifférente craindra d'affronter.
Quand à "définir une offre d'emploi raisonnable", c'est sans
doute qu'on a 4 ou 5 millions d'emplois non pourvus, autant, sinon plus que de chômeurs ???
Mais, la palme du décervelage revient à "Grâce à Sarkozy la France se porte quand même bien. On ne vit pas dans la misère !"
C'est bien. Je viens d'apprendre qu'avant lui, on était dans la misère, et cette brave dame, sans doute fonctionnaire, vit d'une manière autistique, sans rien voir autour d'elle.
En bref, un bon petit vote de lutte des classes :
- pour les partisans de NS, tout va bien,
- pour ceux de François Hollande, un léger doute,
- pour ceux de MLP, ça va casser.
C'est l'illustration des 4 scénarios du A, B, C, D. Visiblement, certains en sont encore aux A, d'autres appréhendent le D, mais comme les soviétiques de 1990, beaucoup sont incrédules devant la
possibilité d'effacement du système.
D'autre part, sous une stabilité apparente, et sous la surface de l'eau calme, les choses évoluent fortement. Du "Posse comitatus
Act", on passe aux USA au NDAA, ou militarisation de la vie intérieure, avec état de siége permanent.
Bien entendu, certains états ont entrepris des "nullifications de la loi", avec de lourds relents de la période pré-guerre civile US.
On en est là, dans tous les processus d'éclatements, avec une tendance des pouvoirs à devenir inhumains et surhumains, mais sans voir que ce ne sont plus que des
hochets sans signification dans la déliquescence globale.
Leap 2020 nous dit que l'UE progresse dans la voie de l'intégration sous réserve de
démocratisation.
C'est justement cette condition qui est le plus déficiente. Alors, comme ça, le pouvoir soviétoïde de l'UE va trouver la foi, donner la parole aux peuples, exécuter
le directeur de la BCE, les responsables des grandes entreprises, etc ???
En Grèce, l'évolution se fait doucement. Comme à l'époque de l'URSS les délits économiques remplissent les prisons, mais sans remplir les caisses. On a emprisonné une centaine de personnes ayant
eu pignon sur rue, et visibilité médiatique, mais qui fraudaient autant qu'ils pouvaient.
La crise aura emporté comme un fatras, tous ces faux indépendants, supporters du régime, mais qui s'aperçoivent tardivement qu'ils ne sont que des trous du cul pour l'agenda néo-libéral.
On va se retrouver avec un nouveau régime, ayant repris tous les traits qu'on reprochait à l'URSS, mais, justifié par les circonstances.
Comme je l'ai indiqué, comme en 1917, il n'y aura plus d'entreprises, mais que des coquilles vides...