Le réchauffement climatique...
"Vous semblez adhérer au concept ‘Limits to Growth’
et je trouve intéressant les parallèles que vous faites entre ce concept et l’Histoire. Merci, j’en apprends beaucoup. Par contre, vous semblezdouter de la pertinence d’une lutte contre le RCA. Est-ce vrai ? Doutez-vous qu’il y ait un RC ou un RCA ? Vous sentez-vous gêné par l’écologie ou par la récupération économique et politique qui en est faite ? Certains vont jusqu’à dire que le RCA est un prétexte pour ne pas parler des limites (en amont) qui s’impose au mode de vie moderne, pour éviter la panique. Certains disent que les élites sont au courant du problème pic pétrolier et qu’elles font tout pour gagner du temps (la politique du pire).
Perso, je pense que les limites prise dans le cadre de la lute contre le RCA ne devanceront pas la déplétion des ressources, et c’est donc cette dernière qui sera le véritable acteur de la
diminution des émissions. Cela ne veut pas dire que le pic du pétrole et du gaz est une réponse au RCA, ce n’est qu’une réponse partielle, car si on relance le charbon …
Je suis curieux de comprendre votre point vue. Les réponses à apporter aux limites de la croissance et au changement climatique vont dans le même sens. Il y a par exemple Transition culture et Permaculture qui sont très réalistes sur ces enjeux et qui misent sur le concept de résilience. Sur la scène politique, même les écolos ne font plus le lien fondamental entre limites en amont et en aval, ils vont jusqu’à renier leurs origines pour surfer sur la vague du moment ; le développement durable."
Pour répondre à cette excellente question, je doute qu'il y ait réchauffement climatique anthropique, et il est même difficile de dire s'il y a réchauffement climatique, et non simple oscillation. En effet, "réchauffement climatique", mais par rapport à quoi ?
Si l'on s'en tient à "l'optimum médiéval", on est loin d'un réchauffement climatique. Pour rappel, le Groënland avait une agriculture et un évêque (cette espèce là ne pousse pas aux endroits intondables).
Mais, voilà mon point de vue :
- les énergies classiques, à savoir charbon, pétrole, gaz, nucléaire, arrivent à un point de rupture.
- l'uranium est en déplétion depuis 20 ans, et on n'arrive pas à couvrir les besoins existants par la production, alors, à fortiori, une augmentation passerait par des ruptures technologiques impossibles à prédire, et des investissements colossaux.
- le pétrole, visiblement est à la peine (2/3 des gisements en déplétion), les gisements découverts dont la découverte est clamée seront :
+ des exploits techniques,
+ de quoi remplir des fonds de briquets,
- la déplétion du gaz qui a été observée suit celle du pétrole de 5 ans, au lieu de 30 ans estimée.
- si l'extraction du charbon a continué à augmenter, elle est aussi à la peine, et masque la réalité. En effet, ce sont les qualités les plus basses qui croissent (les bruns) alors que les charbons noirs, sont, eux aussi, en déplétion.
Donc, la donne est claire : on arrive à un point d'inflexion. Or, une compagnie énergétique vit du rapport d'un volume, par un prix, ce qui aboutit à un chiffre d'affaire.
Il est clair, que si les prix augmentent trop, cela va aboutir à accélérer la diffusion du progrès technique et des techniques économes en énergies, ainsi que des mesures sauvages d'économies causées par la paupérisation.
Cela, plus vite que la déplétion elle même, entraînant une chute de prix conséquente.
Il est clair, qu'aucune compagnie énergétique n'est en mesure d'y survivre, dans une économie de marché.
Aussi, Copenhague s'apparente t'elle davantage à une manipulation globale dont certains peuvent tirer parti.
Quand on ne peut plus s'opposer à un mouvement, parce qu'il est irrésistible, il vaut mieux en prendre la tête.
L'idée même de progrès, tel que nous l'entendons a été une idée d'énergéticiens : le progrès, c'est consommer toujours plus d'énergie.
Je rappelerais l'idée de progrès tel qu'il a été vécu au XVIII° siècle. C'est l'état qui permet de surmonter l'épisode climatique de 1709, qui a une autre période, aurait sans doute été plus meurtrier encore (3 millions de morts), qu'il ne l'a été.
Les intendants, devant la destruction des semis, ont pour la première fois esquissés une politique globale ; c'est le remplacement du blé, par de l'orge.
La destruction des insectes par l'hiver a permis une récolte exceptionnelle.
Tout au long du XVIII° siècle, le progrès agricole diffusé amplement par les autorités permet à la population française de passer de 20 millions à 28 millions d'habitants.
La dernière crise d'ancien régime date véritablement de 1694, c'est la famine de cette année là. Le seuil de densité 40 (habitants au km2), sur lequel la population s'était stabilisée depuis plusieurs siècles, est pulvérisé.
Le problème agricole qui fut résolu, le fut, par l'économie dirigée. La montée de la population européenne dans tous les pays, fut le résultat de cette politique, étendue au continent.
Le Malawi, pour exemple est passé d'un déficit de 40 % de ses besoins alimentaires, à un excédent de 50 %, ce en 4 ans.
Ce, pour avoir refusé l'aide intéressée des anglo-saxons, et préféré une politique agricole globale, peu coûteuse.
On dit que un milliard d'hommes ont faim, c'est faux. Le spectre de la population exposée à ces problèmes, c'est effectivement un milliard de mal nourris chroniques, auquel il faut ajouter 3 milliards de personnes ne disposant d'aucunes réserves, ni monétaires, ni physiques.
Ce problème agricole est lui même très prégnant : il n'a été résolu que partiellement, en déplaçant des montagnes de blé, de riz, de viandes, etc, des 4 coins du monde. Ceci à des coûts énergétiques importants et croissants. Et non perdurables.
La permaculture est un vain concept : comme monsieur Jourdan, des centaines de générations ont en fait, fait de la permaculture.
C'est, en fait, la formule initiale : produire localement, le mieux possible, avec des produits locaux.
On est donc, à mon avis, non dans une conférence sur le réchauffement climatique, mais dans une optique "gorienne" : "comment gagner encore plus de sous ? " et préserver les positions dominantes (pas) durement acquises ?
Il y a très peu de témoignages de gens du peuple sur les progrès du XVIII°siècle. Pourtant, ils furent importants, en atteste l'intense activité du bâtiment (du propre et du bien bâti), qui indique un enrichissement réel. Et ce, dans un contexte énergétique, étal.
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