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Le réchauffement climatique...

10 Décembre 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie

gabelle.jpg"Vous semblez adhérer au concept ‘Limits to Growth’ et je trouve intéressant les parallèles que vous faites entre ce concept et l’Histoire. Merci, j’en apprends beaucoup. Par contre, vous semblez
douter de la pertinence d’une lutte contre le RCA. Est-ce vrai ? Doutez-vous qu’il y ait un RC ou un RCA ? Vous sentez-vous gêné par l’écologie ou par la récupération économique et politique qui en est faite ? Certains vont jusqu’à dire que le RCA est un prétexte pour ne pas parler des limites (en amont) qui s’impose au mode de vie moderne, pour éviter la panique. Certains disent que les élites sont au courant du problème pic pétrolier et qu’elles font tout pour gagner du temps (la politique du pire).

Perso, je pense que les limites prise dans le cadre de la lute contre le RCA ne devanceront pas la déplétion des ressources, et c’est donc cette dernière qui sera le véritable acteur de la
diminution des émissions. Cela ne veut pas dire que le pic du pétrole et du gaz est une réponse au RCA, ce n’est qu’une réponse partielle, car si on relance le charbon …

Je suis curieux de comprendre votre point vue. Les réponses à apporter aux limites de la croissance et au changement climatique vont dans le même sens. Il y a par exemple Transition culture et Permaculture qui sont très réalistes sur ces enjeux et qui misent sur le concept de résilience. Sur la scène politique, même les écolos ne font plus le lien fondamental entre limites en amont et en aval, ils vont jusqu’à renier leurs origines pour surfer sur la vague du moment ; le développement durable."   


Pour répondre à cette excellente question, je doute qu'il y ait réchauffement climatique anthropique, et il est même difficile de dire s'il y a réchauffement climatique, et non simple oscillation. En effet, "réchauffement climatique", mais par rapport à quoi ?
Si l'on s'en tient à "l'optimum médiéval", on est loin d'un réchauffement climatique. Pour rappel, le Groënland avait une agriculture et un évêque (cette espèce là ne pousse pas aux endroits intondables).

Mais, voilà mon point de vue :
- les énergies classiques, à savoir charbon, pétrole, gaz, nucléaire, arrivent à un point de rupture.
- l'uranium est en déplétion depuis 20 ans, et on n'arrive pas à couvrir les besoins existants par la production, alors, à fortiori, une augmentation passerait par des ruptures technologiques impossibles à prédire, et des investissements colossaux.
- le pétrole, visiblement est à la peine (2/3 des gisements en déplétion), les gisements découverts dont la découverte est clamée seront :
+ des exploits techniques,
+ de quoi remplir des fonds de briquets,
- la déplétion du gaz qui a été observée suit celle du pétrole de 5 ans, au lieu de 30 ans estimée.
- si l'extraction du charbon a continué à augmenter, elle est aussi à la peine, et masque la réalité. En effet, ce sont les qualités les plus basses qui croissent (les bruns) alors que les charbons noirs, sont, eux aussi, en déplétion.

Donc, la donne est claire : on arrive à un point d'inflexion. Or, une compagnie énergétique vit du rapport d'un volume, par un prix, ce qui aboutit à un chiffre d'affaire.
Il est clair, que si les prix augmentent trop, cela va aboutir à accélérer la diffusion du progrès technique et des techniques économes en énergies, ainsi que des mesures sauvages d'économies causées par la paupérisation.

Cela, plus vite que la déplétion elle même, entraînant une chute de prix conséquente.  

Il est clair, qu'aucune compagnie énergétique n'est en mesure d'y survivre, dans une économie de marché.
Aussi, Copenhague s'apparente t'elle davantage à une manipulation globale dont certains peuvent tirer parti.

Quand on ne peut plus s'opposer à un mouvement, parce qu'il est irrésistible, il vaut mieux en prendre la tête.

L'idée même de progrès, tel que nous l'entendons a été une idée d'énergéticiens : le progrès, c'est consommer toujours plus d'énergie.

Je rappelerais l'idée de progrès tel qu'il a été vécu au XVIII° siècle. C'est l'état qui permet de surmonter l'épisode climatique de 1709, qui a une autre période, aurait sans doute été plus meurtrier encore (3 millions de morts), qu'il ne l'a été.
Les intendants, devant la destruction des semis, ont pour la première fois esquissés une politique globale ; c'est le remplacement du blé, par de l'orge.
La destruction des insectes par l'hiver a permis une récolte exceptionnelle.
Tout au long du XVIII° siècle, le progrès agricole diffusé amplement par les autorités permet à la population française de passer de 20 millions à 28 millions d'habitants.
La dernière crise d'ancien régime date véritablement de 1694, c'est la famine de cette année là. Le seuil de densité 40 (habitants au km2), sur lequel la population s'était stabilisée depuis plusieurs siècles, est pulvérisé.

Le problème agricole qui fut résolu, le fut, par l'économie dirigée. La montée de la population européenne dans tous les pays, fut le résultat de cette politique, étendue au continent.
Le Malawi, pour exemple est passé d'un déficit de 40 % de ses besoins alimentaires, à un excédent de 50 %, ce en 4 ans.
Ce, pour avoir refusé l'aide intéressée des anglo-saxons, et préféré une politique agricole globale, peu coûteuse.
On dit que un milliard d'hommes ont faim, c'est faux. Le spectre de la population exposée à ces problèmes, c'est effectivement un milliard de mal nourris chroniques, auquel il faut ajouter 3 milliards de personnes ne disposant d'aucunes réserves, ni monétaires, ni physiques.

Ce problème agricole est lui même très prégnant : il n'a été résolu que partiellement, en déplaçant des montagnes de blé, de riz, de viandes, etc, des 4 coins du monde. Ceci à des coûts énergétiques importants et croissants. Et non perdurables.

La permaculture est un vain concept : comme monsieur Jourdan, des centaines de générations ont en fait, fait de la permaculture.
C'est, en fait, la formule initiale : produire localement, le mieux possible, avec des produits locaux.
 
On est donc, à mon avis, non dans une conférence sur le réchauffement climatique, mais dans une optique "gorienne" : "comment gagner encore plus de sous ? " et préserver les positions dominantes (pas) durement acquises ?

Il y a très peu de témoignages de gens du peuple sur les progrès du XVIII°siècle. Pourtant, ils furent importants, en atteste l'intense activité du bâtiment (du propre et du bien bâti), qui indique un enrichissement réel. Et ce, dans un contexte énergétique, étal.
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P
<br /> Cher Patrick, Merci d’avoir répondu à la question que je vous posais, merci pour votre blog.<br /> <br /> Les limites imposées à notre civilisation et à notre espèce est un thème qui m’intéresse beaucoup et je constate avec déception un échec des démocraties à affronter ce problème de façon mature. On<br /> dirait que la majorité voit d’un mauvais oeil toute réflexion sur la viabilité de notre grande entreprise. L’hypnose est totale et consumériste. C’est à en désepérer de l’Homme. J’ai vraiment<br /> l’impression que la Sagesse est étrangère aux civilisations, et particulièrement quand les civilisations débordent (se laissent aller).<br /> <br /> Je comprends votre point de vue en matière de RC mais je reste pour ma part sur l’idée que le l’action de l’Homme est intense et qu’il est probable que les nombreux gaz déversés dans le<br /> l’atmosphère soient en train de changer la donne dans de grandes proportions. Les 85 millions de barils explosés chaque jour dans l’atmosphère me semblent substanciels à l’échelle de l’Homme et de<br /> la Terre (tant en amont qu’en aval). Je rejoins également l’idée selon laquelle le délire climatique est maintenant récupéré et devient une opportunité pour l’oligarchie d’instaurer de nouvelles<br /> règles tout en n’ayant pas à expliquer les autres raisons de la fin de l’abondance. On est plus dans la récupération par le BAU que dans une logique démocratique, honnête et cohérente.<br /> <br /> Le Climat en a vu d’autres, pas de doute là-dessus, l’Homme aussi en à vu d’autres, mais l’Homme ne s’est jamais mis dans une tel état de vulnérabilité. Nous semblons cumuler les challenge dans<br /> tous les sens. J’espère que le climat ne va pas détruire ce que notre évolution nous a apporté de meilleur et j’espère que l’Homme va apprendre à accepter les limites qui sont les siennes. Nous<br /> faisons partie d’un tout, cela serait tellement mieux si on arrêtait de se disputer ce tout. Et je dirais surtout qu’il faut en arrêter avec les exponentielles ... Albert Bartlett dit très bien :<br /> “Le plus gros défaut de l’espèce humaine est notre incapacité à comprendre la fonction exponentielle”.<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Deux documentaires sceptiques (mais ne dit-on pas "négationnistes", maintenant ?) à propos du réchauffement : "Global Dimming" et "The Great Global Warming Swindle" (en Anglais, mais peut-être<br /> ont-ils été adaptés).<br /> <br /> Quoiqu'il en soit, ce débat me dépasse. Et m'indiffère, à la limite. Je constate juste la disparition des insectes, les arbres à Paris ont encore des feuilles en décembre... Est-ce "bien" ou "mal"<br /> ?<br /> <br /> Alors oui, permaculture et tout le bataclan habituel, à la porté de n'importe qui sachant lire -ce ne sont pas les ouvrages qui manquent.<br /> <br /> Reste à franchir le pas : d'autres que moi se chargeront de faire entendre raison à Total, Monsanto et les autres (si c'est jamais possible).<br /> <br /> Reste un problème : si l'on écarte l'électricité (et plus particulièrement son stockage -je crois peu aux batteries en macramé) et les carburants chimiques (♪ma petite raffinerie dans la prairie♫),<br /> nous voilà revenus avec le bois, les animaux, et l'eau (quand il y en a). Bah... au moins, l'obésité sera une "maladie" du passé...<br /> <br /> <br />
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K
<br /> quand au réchauffement, je vous recommande la lecture de "spacweather" le site de la nasa.<br /> entre autre les articles de juillet/aout sur les taches solaire.<br /> <br /> en résumé pour les pressé: plus le soleil crache plus il fait chaud sur terre. L'activité solaire est cyclique, point d'activité humaine là dedans.<br /> <br /> toutefois ce n'est pas une raison pour polluer :)<br /> <br /> <br />
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P
<br /> "et un évêque (cette espèce là ne pousse pas aux endroits intondables)"<br /> <br /> Très très bon !<br /> <br /> <br />
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