Le retour à la normale...
Voilà ou nous en sommes en immobilier, à la phase de "return to normal". Dans certains villages, comme le dit un internaute parisien, ça rebondit, sans doute dans le midi aussi.
Chez moi, quelques constructions neuves sortent de terre, malgré un prix du terrain devenu gargantuesque.
Certains propriétaires sacralisent un droit de propriété élargi, c'est à dire le droit à la propriété, d'une propriété dont la valeur augmente sans cesse, le cochon de client se devant de monnayer toujours plus le droit de le remplacer dans le statut.
Hors, si j'ai bien entendu les accusations de communisme à mon égard (mais il y a d'autres variantes : secte, extrême droite, nationaliste, anti-vaccin, etc...), c'est la preuve qu'ils ne connaissent rien au régime de la propriété et de sa gestion au long cours.
Sur terre, la propriété privée n'existe pas forcément comme en occident, c'est même une forme assez rare.
En Russie, la propriété privé de la terre n'a pratiquement jamais existé. Elle est toujours l'exception et non la règle. Seul le droit d'usage compte finalement, et le droit au foncier et à la parcelle pour sa maison est quasi générique. Bien sûr, les 20 dernières années ont vu se créer un semblant de propriété à l'occidental, mais ce n'est qu'un semblant.
En effet, pour qu'il y ait propriété effective, il faut qu'il y ait marché, et justement, il n'y a pas de marché. Pas d'acheteurs, pour cause de faiblesse de densité.
C'est encore pire en Sibérie. Si la propriété privé est la règle depuis le 16° siècle, c'est une règle qui piége plus qu'elle n'accorde un statut. En effet, comme la densité y est encore inférieure à celle de la Russie, c'est un droit tout théorique, avec une contre-partie non négligeable : celle du droit de payer les impôts.
A l'opposé de l'échiquier politique, les USA. Là aussi, le droit théorique de propriété existe, mais la plupart des terrains sont la propriété de l'état. En effet, le privé a la fâcheuse habitude d'abandonner ses biens pour ne pas payer les taxes.
Ce phénomène, longtemps contenu aux zones rurales, s'est étendu aux zones urbaines, notamment les 50 villes de la "manufacturing belt" en déshérence.
Donc, on le voit, le droit de propriété est, dans certaines conditions, un concept. Les personnes n'y sont pas cramponnés et peuvent l'abandonner brutalement.
Autre endroit, l' Amérique hispanique.
Là, on a souvent parlé des partageux, dont le plus célèbre et dernier en date, Hugo Chavez, fait sentir les relents de communisme à certains.
Là aussi, il est beaucoup plus classique qu'il n'y parait. Il revient simplement au droit de la couronne d'Espagne.
Celle-ci accordait un simple droit d'usage, et non un droit de propriété complet.
Là aussi, dans un continent vide, des lieux pouvaient se retrouver déserts très vite.
Dans le Vénézuela moderne, cela s'est traduit par des confiscations de grandes propriétés. En effet, les détenteurs avaient oublié que leur possession était liée à l'exploitation. Que sans l'une, l'autre était caduque.
Les monarques espagnols et leurs gouverneurs et intendants locaux, ont appliqué sans faiblesse cette règle. C'étaient, bien sûr, des marxistes léninistes notoires.
La règle, c'est qu'au long cours, la propriété est aussi néfaste qu'avantageuse. Quelquefois elle avantage, quelquefois, c'est un boulet. Ce n'est pas la possession qui apporte l'aisance, c'est l'aisance qui permet d'être propriétaire.
C'est vraiment visible dans les zones de basse densité, mais le régime féodal de la Grande Bretagne montre que le droit de propriété est quelquefois beaucoup moins absolu qu'il n'y parait.
Le président Jefferson, ruiné, dû obtenir le droit de vendre Monticello, sa propriété par parcelles. Il habitait la Virginie.
Le 14° siècle en occident vit se produire un retournement de grande envergure. La propriété, devint un fardeau, sans revenu. En effet, avec une brusque baisse de la population, le prix du foncier devint théorique, les rentes urbaines s'effondrèrent, seuls les salaires bondirent.
Tout ceci pour dire que suivant les phases, le foncier, l'immobilier, n'ont jamais, en aucun lieu, obéit à une linéarité de comportements.
La phase actuelle de retour à la normale, devra donc se poursuivre par une phase d'effondrement. Les thurifaires du système actuel, friands dans leur manque d'imagination d'immobilier et d'assurance vie, pourront aisément s'apercevoir, que dans les deux cas, ils ont acquis un gros rien du tout, une bulle. Seul n'aura pas été déçu celui qui ne se sera pas vu riche. L'immobilier est un bien d'usage, c'est tout.
A la base de cette folie, la débauche de cadeaux fait aux classes supérieures. Comme ces gens sont beaucoup moins intelligents qu'ils ne le prétendent, ils sont on ne peut plus classique sur le placement de ce surplus. Immobilier et fonds d'états.
On en revient à ce que disait Braudel. Dans un état qui impose peu et mal les riches, où les 15 % de rentabilité sont la règle, le système va de crises en crises, pour anéantir une valeur qui n'est pas taxée.
Comme depuis 1987 et le krach boursier, on n'a pas remédié à la situation, mais qu'on l'a aggravé, on a crée, à chaque fois, les conditions d'une explosion pire que la précédente.
Jusqu'à la chute finale.
A la fin du T4 2008, nous disposons d'éléments de comparaison d'un point de vue du coût en emplois par rapport aux autres crises survenues depuis 1970. (crise du siècle).
| Premier choc pétrolier | Du T3 1974 au T3 1975 | 4 | 1 747 000 |
| Second choc pétrolier | Du T2 1981 au T2 1982 | 4 | 1 092 000 |
| Crise des années 90 | Du T1 1990 au T3 1991 | 7 | 1 454 000 |
| Crise des dot com | Du T1 2001 au T2 2002 | 5 | 1 619 000 |
| Crise actuelle | Du T4 2007 au T1 2010 * | 10 | 8 655 000 |
Bien sûr, on ne tient pas compte de toutes les peccadilles des crises du tiers monde...
Qui peut prétendre, honnêtement, que l'immobilier peut se remettre d'une telle purge ?