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"Out of control"...

1 Septembre 2011 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Actualités

Les benêts de politiciens grecques en ont eu confirmation, la dette est "hors de contrôle". D'abord parce que le stock de dettes est ingérable, et que les "efforts" (lire : conneries monumentales), fait pour restaurer "l'excédent primaire" (excédent des recettes sur les dépenses hors dettes), ont échoué.

Le "déficit primaire s'est même creusé, conséquence logique des "économies" faites par des crétins patentés.

Le pékin de base, lui, s'est vengé sans pitié, il n'a plus dépensé l'argent qu'il n'avait plus.

 

On parle, aussi, en France de réduire les indemnités chômage. Il faudrait indiquer à l'auteur de cette "idée" ou plutôt "absence d'idée" que la la réduction des dites allocations, se traduira IMMEDIATEMENT ET INSTANTANEMENT en phénomène récessif, et non en "économies" et "réductions de déficit".

 

Il faudrait arrêter de recruter les ministres dans les écoles de cirque, ça fait désordre.

 

En réalité, il y a beau temps que la dette grecque est hors de contrôle, comme la totalité des dettes grecques et européennes.

En fait, il n'existe qu'un seul choix : ou on opére à chaud, ou a froid. Les grecs ont refusés d'opérer à froid, il va falloir opérer à chaud, et la banqueroute sera beaucoup plus importante que si elle avait eu lieu il y a deux ans.

En fait, il y a deux ans, la portée aurait été beaucoup plus limitée.

 

On a fait, en deux ans, d'un accident une catastrophe. La dépression atteint désormais 7 %, et va se propager au monde.

 

Les mesures "courageuses" et "nécessaires" n'auraient pas du porter sur la population, mais sur les prêteurs. Un prêteur prend un risque, rémunéré par l'intérêt, c'est en partie son rôle.

Là, c'était clair que depuis deux ans, il n'y avait plus de solution, hors la banqueroute, la sortie de l'euro et la rupture avec le gros machin qu'est l'UE.

 

Tout privatiser n'est même pas une solution. Car tout privatiser -hors police et armée m'a t'on dit- c'est tomber dans un état failli, et ces "actifs" seront réduits à la valeur intrinséque de zéro.

Les finlandais demandaient des "garanties", il n'y en a pas à hauteur de 300 milliards.

 

Plus le temps passe, moins les grecs seront en mesure de rembourser, s'il sont en mesure de rembourser quoi que ce soit.

 

Pour répondre à un internaute sur les emprunts russes, il faut rappeler l'histoire. Ceux qui prêtaient à l'empire russe n'étaient pas des "pitizépargnan". A "la belle époque", l'épargne était concentré sur 8 millions de français (sur 40), ce qui correspond à la loi de Paretto. 8 millions étaient précaires, et les paysans souffraient de la dépossession de la terre par la bourgeoisie.

Mais il y a plus. Dès 1905, le gouvernement français avait compris que les emprunts russes étaient perdus, mais ce non-dit fut soigneusement dissimulé. Il fallait à tous prix, conserver l'alliance russe, et le régime tsariste ne survécut à 1905 qu'à coups de crédits levés par les banques françaises.

D'ailleurs, les dits emprunts étaient accordés avec conditions, on peut en citer plusieurs :

- vente d'un million de fusils Lebel (1891),

- vente de 50 locomotives avec remorques (15 % au dessus du tarif 1896),

- soutien "sans faille"et "inconditionnel" lors de la crise d'algésiras (1906).

 

L'appât du gain était net. Quand l'état français offrait du 3 %, les emprunts russes rendaient de 4.5 à 8 %. C'était le prix du risque. Les plus anciens emprunts (1867, voir 1822) ont été largement et plusieurs fois remboursés.

Bien entendu, l'épargnant ne veut pas entendre parler du risque...

 

J'ai aussi entendu parler de l'hyperinflation de Weimar. On la dit causée par les réparations du traité de Versailles.
C'est largement faux. La logique de l'hyperinflation est contenu dans le traité de Francfort de 1871. Les indemnités de guerre, colossales à 5 milliards de francs-or, auront, comme dans le cas de la rançon de Jean II après la bataille de Poitiers, des effets désastreux pour les vainqueurs.

En effet, l'Empire allemand naît sans finances (on n'en a pas besoin, il y a les indemnités), et jamais l'instrument financier ne sera à la hauteur.

Dès 1914, la dette publique allemande atteint 30 milliards de marks, et ne se place qu'avec difficultés.

La balance commerciale est déjà très déficitaire, (6.4 milliards d'importations et 4.8 milliards d'exportations en 1900), et ne se réduit que très peu au cours de la décennie.

L'Allemagne a besoin, sans cesse, de capitaux.

La guerre nécessitera l'emprunt de 49 milliards en dette flottante, la dette consolidée atteindra elle, 96 milliards. On peut estimer qu'une centaine de milliards s'y rajoutent, sous la forme de la bonne vieille planche à billet.

 

Les réparations de Versailles sont fixés initialement à 132 milliards de Marks-or, mais constamment renégocié, l'Allemagne ne paiera que 50 milliards.

 

L'hyperinflation a commencé pendant la guerre, la monnaie est dépréciée de moitié en 1918.

 

Mais la dette privée, causée par l'industrialisation a aussi son rôle. En réalité 1923 est l'aboutissement logique d'une évolution de 50 ans. 

L'empire manquera de base financière, à l'origine, ses ambitions conquérantes, dès 1900, font exploser le budget militaire.

 

Les réparations, en 1923, et les frais d'occupation de la Ruhr ne porteront que sur 8.4 milliards, pour une charge annuelle de 3.

Comme dans le cas des emprunts russes, les allemands profitent d'une occasion pour faire un "reset" total, en fourguant la responsabilité politique à d'autres.

Les gouvernements français aussi seront bien aise que les bolchéviks prennent la responsabilité de la fin d'une dette pour laquelle on avait des inquiétudes dès 1905, mais le coup de maître, en France sera de faire passer la dévaluation de 80 % du franc sous la responsabilité de la gauche radicale.

 

En effet, le coût de la guerre n'a été que marginalement couvert par l'impôt (15 %), et le plus souvent par des bons, dont la majorité à court terme. La chambre "bleu horizon" taxera ces bons à 90 % (loi du double décime).  La logique, vu l'annihilation totale du rendement est leur non reconduction à l'échéance. 1925 vit une réduction du déficit à 1.5 milliards, et un excédent d'un milliard en 1926.

Mais, vue l'importance de la dette, cet excédent restait de l'ordre de l'anecdote, comme les excédents primaires qu'on attend(ait) en Grèce pour résorber, en 200 000 ans, la dette grecque.

 

En réalité, en matière financière, règne les gri-gri, aujourd'hui, les 3 % et 60 % de Maastricht, hier  " On a quelque peine à mesurer la force du fétichisme attaché dans les années 20 à deux données financières : le cours de la livre et le plafond de la circulation".

 

En réalité, en Grèce aujourd'hui, comme dans la France, l'Allemagne et la Russie des années 1920, la dette doit être réduite aux capacités réelles, sinon de remboursement, du moins de paiement des intérêts. Plus on attend, plus cette capacité baisse au point de devenir un défaut total. Et c'est vers cette issue que l'on s'achemine, en l'accélérant, par des politiques régressives socialement.

 

Daudet appelait la chambre bleu horizon "la chambre des imbéciles". J'ai peur que rien n'ai changé.

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C

"IMMEDIATEMENT ET INSTANTANEMENT en phénomène récessif"

Et alors ?

Vous semblez toujours dénoncer cela, l'agiter comme un épouvantail.

Ce qui "grossit" artificiellement n'est il pas condamné à "maigrir" naturellement ensuite ?

On s'est gavé à crédit pendant 30 ans, et contrairement à ce que vous dites parfois, le populo de base en a LARGEMENT profité (il n'y a pas que ces salauds de riches).

Tous complices dans la veulerie, la crapulerie, les petits arrangements et les compromissions.

La dette a arrangé tout le monde.

Maintenant, la fête est finie.

La gageure n'est pas tant de rembourser la dette (elle ne sera pas remboursée) que de vivre de nouveau SELON NOS MOYENS.

En d'autres termes : réapprendre à péter AU NIVEAU de son cul.

Et alors ? Cela vous gêne ?

Finies les vacances au Crotoy, la p'tite auto, le tiercé., l'écran plat, le boulot pépère de fonctionnaire, le m2 à Paris dans la stratosphère, la retraite "dorée" à se faire bronzer les fesses au
soleil pendant que les jeunes prolos triment pour payer votre pension.

C'est fini. Tout cela est fini.

Et alors ?


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N

concernant les emprunts russes j'ai entendu annie Lacroix-riz dirent que la banque de france avait demandé et obtenu la garantie de l'etat francais. La grande banque, étant bien sur informé du
risque de defaut n'a donc pas perdu grand chose dans l'histoire. seul les petits se sont fait croqués, mais c'est normal c'est leur role


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