Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 06:25

je pars de cette réaction d'internaute : " Bonjour,
J'ai toujours considéré l'amortissement comme scandaleux, alors le sur-amortissement... Pour faire court, l'amortissement consiste à faire payer par la collectivité les coûts d'investissement des entreprises en soustrayant de leurs bénéfices, donc de l'impôt, le montant de ces investissements (répartis sur plusieurs exercices). L'amortissement est une cause principale de gaspillage des ressources et de l'obsolescence programmée des équipements. Si l'amortissement n'existait pas, çà fait longtemps que les entreprises s'équiperaient en, et feraient du, durable et du réparable ".

En URSS, on ne faisait que du réparable, quasiment indéfiniment, et cela paraissait justifié.

Mais, l'histoire des deux derniers siècles nous montre une chanson un peu différente pour les gros équipements industriels.

Les plus modernes, sont toujours ceux qui consomment le moins de ressources, et le problème de l'URSS, principal à mes yeux, était de ne pas pratiquer l'obsolescence, ce qui entrainait des surconsommations énergétiques durables, et non tenables à terme. La mise au rencart de ces équipements pendant la période de transition, leur remplacement par des équipements moins gourmands, a permis à la Russie de retrouver sur le marché de l'énergie, une place importante, en lui donnant de bien plus gros excédents, notamment pétroliers, qu'au moment de l'URSS.

L'obsolescence programmée est un problème, la non obsolescence aussi. Si le marché de l'ampoule a évolué vers plus d'efficacité, même en pratiquant, au passage, l'obsolescence programmée (pour faire fonctionner les usines), pendant un temps.

Mais on n'aurait même plus les moyens d'éclairer avec les premières ampoules. C'est donc qu'il faut un arbitrage.
Les soviétiques volaient les ampoules dans les administrations, parce qu'elles étaient introuvables dans le commerce. Ils achetaient des ampoules usagées au marché noir (difficilement trouvables elles aussi), pour les remplacer et ne pas faire apparaitre le vol...

Rappellerais je aussi la brique anglaise ? Produite en masse à partir du début du charbon, elle s'avère peu isolante, et crée beaucoup de besoins en charbon, et en chauffage... Avant que les fabriques ne fassent faillite les unes après les autres, dépassées par les nouveaux produits. Et laissant un parc de logements inchauffables...

Donc, la nouveauté et l'obsolescence ne sont pas, en elles mêmes, synonymes de manipulation.

L'obsolescence est qualifiée de "non utilisation d'un bien techniquement dépassé", (souvent pour des motifs énergétiques), et l'obsolescence programmée, c'est autre chose, c'est du sabotage intentionnel.

L'image classique de l'obsolescence classique, c'est l'appareil photo. La quasi totalité des appareils photos ayant été fabriqués sur terre, sont encore en état de marche, s'ils ont été stockés correctement. Mais qui irait faire un daguerréotype ?

Les produits chimiques utilisés à l'époque seraient monstrueusement élevés...

Le bon chemin est donc, comme souvent, entre deux extrêmes. Il faut savoir quand changer. Et à bon escient.

Contrairement à nos hommes politiques, amateurs d'équipements d'un autre temps : aéroports, autoroutes, équipements diverses. Là aussi, dans les nouveautés, il leur faudrait plus de prudence.

Comme je l'ai déjà dit, ouvrir de nouvelles routes dans certains endroits, ce n'est, à terme, que précipiter les problèmes.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Politique Energie Economie
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 07:06

"Habitant et travaillant depuis pas mal d'années en IDF, je peux affirmer que c'est du vrai fumage de moquette.

La saturation et la dégradation des moyens de communication sont tels que tous les projets de nouvelles lignes/artères ressemblent plus à des emplâtres sur jambe de bois qu'autre chose.

Très dispendieux, de très longue durée (les aménagements en zone très peuplée sont des cauchemars) et ne réglant rien puisque devant permettre à plus de gens de venir de plus loin encore. Impossible.

De plus, les zones d'influence politique sont à leur paroxysme, il suffit de voir la guerre que va être la relation entre la maire de Paris et la présidente de région/métropole.

Enfin, le différentiel de niveau de vie sur quelques kilomètres d'écart, de communautarisme et de traditionnalisme à quelques pâtés de maison ne peut que mal finir.

Bref, le centralisme français qui refuse de mourir mais qui va être le foyer du clash. Comme on dit, le poisson pourrit par la tête."

Il est clair que la question de l'investissement en infrastructures est celle d'où viendra le problème. L'investissement doit être désinvesti un jour, ou renouvelé. A partir d'un certain niveau de densité, la chose, n'est, simplement, plus possible.

Chez moi, on vient d'annoncer 8 mois de travaux sur les piles du viaduc de la Ricamarie, sur la RN88. Ils feraient mieux d'y annoncer les périodes sans travaux, ça serait plus simple, car ce bousin, je l'ai quasiment vu éternellement en travaux. Il faut dire, avec le trafic journalier (62 000 véhicules/ jour, dont 5 % de poids lourds), et l'absence quasi-totale d'alternative, à part passer par les anciennes routes de centre-ville, avec feux rouges, délais, etc...

On peut voir la différence, entre la réalisation de 1968, et le projet de 1935.

Ces travaux, comme ceux de la région parisienne, furent au début une gigantesque bouffée d'oxygène, mais l'autoroute passant en rase campagne est maintenant défunte. L'urbanisation a tout avalé dans les endroits de forte densité, et comme le dit Serge dans son intervention, les nouveaux travaux, compliqués et coûteux, sont avalés aussi secs par la densité environnante.

Et dans les régions accidentées, comme la région stéphanoise, le réseau risque de claquer par son point le plus faible, dans ce cas là, par le viaduc de la Ricamarie, comme je l'ai dit, éternellement en travaux. Et plus les travaux se propagent au loin, plus la densité de circulation s'accentue. Le viaduc de Pont Salomon (1981), doublé en 2000 a vu des effets positifs quelques années, avant de voir s'engorger les parties plus anciennes, toujours en travaux, aux vitesses autorisées et réelles toujours déclinantes, avant d'arriver au pic voiture. La seule différence avec la région parisienne, c'est que ce n'est pas le centre du pouvoir, de gens avides de réseaux, et qui donc, ne veulent pas changer, et bien moindrement rémunéré. L'immobilier y est à prix doux, même aux endroits où il se porte bien.

J'ai le souvenir personnel d'avoir vu cette autoroute de la RN88 avec 3 ou 4 voitures à son ouverture, et on entendait distinctement chaque voiture. On entend plus que le brouhaha de la circulation, en ininterrompu.

Il n'y a pas de remède possible à cet engorgement, à part l'effondrement. Et je ne parle même pas de l'invisible, c'est à dire les eaux, potables ou usées, les barrages, à reconstruire, qui font de leurs détenteurs, soit des rentiers, soit des endettés...

Il est clair, aussi, que notre monde actuel, vit une fin de règne, un prix bas du pétrole de 3 ans, n'a pas réussi à relancer la machine. Enfin, il est clair que la notion de "prix bas", n'est pas celle de 2000...

Aux USA, il vaut mieux ne pas se plaindre des nids de poules. La municipalité vient simplement enlever le goudron qui reste.

On aime les mesures radicales aux USA.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie Economie Politique
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 12:30

Visiblement, le fumage de moquette est à la mode. On invente même le concept d'IDF résiliente, même si on dit exactement le contraire.

" Combustibles de la révolution industrielle, les énergies fossiles ont imprimé leur marque aux paysages. " Et on invoque la "liquéfaction" des territoires, avec le mitage campagne-ville et leur imbrication croissante.

Comme je l'ai dit, comme bien d'autres, avant moi, et en même temps que moi (et quelques uns, après moi), les grandes villes ne sont que le reflet des capacités de transport, parce que, simplement, les êtres humains, ça bouffe, ça boit, ça chie, etc... Je vous en passe. On vire très vite dans le scatologique.

Mais les grandes villes dépendent de leurs capacités de transport, et la région parisienne, bien que très pourvue en transports en commun, monstrueusement déficitaires cependant, déficits, qui, "en province", a conduit à leur suppression, bien que celui-ci fut nettement moindre, n'arrivent même pas à assurer ainsi ses déplacements d'hommes et marchandises quotidiens.

Son réseau est, soit vide, soit engorgé, suivant les heures. Il n'est donc pas efficient. Il ne peut être rentable.

Il est donc, logiquement, complété par le réseau routier et autoroutier, lui aussi, totalement engorgé. Et on veut développer les deux réseaux, ferrés, et routiers, par le "grand Paris".

Moi, je me méfierais un peu, on nous a déjà fait le coup du "gross Paris".

L'article dit aussi, que la quantité d'énergie consommée, ne peut être que croissante.

Alors, parler de résilience, avec une densité de 30 000 habitants au km2 est illusoire. C'est l'ancien schéma qui était le bon, celle des 200 à 300 petites villes réparties sur la totalité du territoire, et la population non agricole, qui habitait les campagnes, et disposait au moins d'un potager. Ces louzeurs qui en 1940-1945 se découvrirent des tas d'amis qu'ils ignoraient, et qui les ignoraient...

Il y a débat, entre ceux qui considèrent que Paris est une des villes les plus résilientes, et ceux qui disent que, de toute façon, en cas d'effondrement systémique, cette résilience n'est pas assurée. De toute façon, une crue rayera tôt ou tard, une bonne partie de la ville -actuelle- de la carte.

On a simplement oublié le rêve un peu fou de l'époque gaulliste. Décentraliser un peu.

On a aussi oublié les utopies de certaines époques... Et la vitesse de l'effondrement possible. Tout à fait possible avec un personnel politique nouvellement élu, totalement incompétent.

D'ailleurs, les lignes de forces peuvent vite s'effondrer.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie Politique
commenter cet article
14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:24

Il faut rappeler certaines évidences. Le rapport Meadows a choqué les économistes. En effet, ils l'ont mal pris, parce que finalement, que disait il aussi ? Que les économistes étaient une bande de jean foutre, pas capable de voir le nez au milieu de la figure.

Comme je l'ai rappelé, Braudel disait que le centre du capitalisme, c'était toujours un port : Venise, Gènes, Bruges, Amsterdam, Londres, New York. Plus il était proche du pouvoir politique, plus la domination était aisée, et en générale, il y a toujours une redistribution vers le bas qui se produit dans le centre de l'empire.

Même le grouillot de service peut vivre plus aisément.

A l'inverse, tout est plus compliqué pour les états continentaux, aux capitales continentales. Certes, elles s'installent aux bords de fleuves qui lui assure un bon approvisionnement, mais tout est plus compliqué. Ce que la nature a donné dans un cas, il faut le crée dans l'autre. Le canal d'Orléans, par exemple. Les bolchéviques russes étaient aussi des russes. Ils ont repris politiques et structures pré-existantes de la société tsariste. La bureaucratie existait déjà dans les grandes exploitations agricoles du XVIII° siècle.

Tout le pays nécessite de grandioses aménagements, très coûteux en énergie, donc en travail.

La sécheresse sur le Mississippi, en 2012, faisait pleurer aux USA. Avantage comparatif immense, le bassin du Mississippi fait que le pays est une fausse puissance continentale. Surtout quand ce bassin était relié à l'Hudson et à NY.
Quand à la liberté, laissez moi rire. Il a fallu attendre la grande explication de 1861-1865 pour que le pays ne soit pas nourri par ses esclaves, dont le travail fournissait les 2/3 des produits d'exportations.

Quand aux immigrants sur le sol américain, pendant longtemps, ils furent loin d'être libres. Simple bétail de rafles en Angleterre, en Irlande, et vidange des prisons pour pauvres et endettés... Pour une fois, le pauvre, ça valait quelque chose, à l'arrivée, comme main d'oeuvre. Mais pas trop. On perdait sans regret, facilement, 80 % de ces déportés. D'ailleurs, la traite blanche pour l'Amérique Anglo-saxonne, a sans doute largement dépassé la traite des noirs.

Un lecteur vient de parler "d'accès inéquitable à l'information", ce que Henry Ford traduisait en son temps, par : "Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin."

Les poussées électorales lepenistes et mélenchonistes ne sont que la rançon de la poussée des inégalités.
En effet, même si le gâteau à partager est devenu stagnant, rien n'oblige les politiques à améliorer sans cesse la part des plus riches, et donc, mécaniquement, en période de stagnation, à réduire sans cesse la part des plus pauvres.

Macron et Fillon sont les meilleurs alliés des "extrémistes". Grâce à eux, ils arriveront au pouvoir, comme jadis Bruning a amené Hitler au pouvoir. Pour récompense de son incompétence crasse, Bruning enseigna les sciences économiques à Harvard. Pour montrer tout ce qu'il ne fallait pas faire ???

Il gouverna par décrets lois, comme Macron veut le faire.

Dernière vache sacrée à abattre : ce n'est pas l'hyperinflation de 1923 qui a conduit les allemands à aimer les monnaies fortes, c'est l'habitude. Dotée de riches mines d'argent pendant des centaines d'années (pic en 1942 seulement), sa monnaie, était une unité de poids d'argent, le marc d'argent, qui a donné le mark. Le goût pour la monnaie forte, c'est le résultat de 8 siècles d'exploitation minière.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Politique Energie
commenter cet article
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 11:18

"L'économie libre a un rendement plus élevé que l'économie dirigée.
Il y a confusion entre l'Etat providence et l'Etat socialiste.
De plus, le capitalisme n'est pas la domination de la finance, mais la propriété privée."

La première ligne est un acte de foi. Manque de bol, c'est faux. Le centre du capitalisme est toujours une ville côtière, assise sur de plus grosses ressources en énergie. Le fait d'être une ville côtière est un avantage énergétique indéniable. Ce fait est attesté par la succession des dominations :

- les hollandais, dont le savoir faire en matière d'énergie n'a été dépassé que par la révolution industrielle,

- ensuite les britanniques. Voltaire disait que c'était à cause de la liberté. Mais il faisait l'impasse -déjà- sur la donne énergétique. 6 millions de tonnes de charbon extraites en 1769, en équivalent travail humain, c'est 240 millions d'hommes.

- enfin, les américains eurent les ressources d'un continent à leur disposition, et un réseau hydrographique favorable, le bassin du Mississippi, complété par les canaux le reliant à New York.
Après, quand la donne énergétique disparait, c'est une autre histoire. Pour les concurrents, France, Allemagne, URSS, le trait dominant, c'est que ce furent en leur temps, des puissances continentales, ne disposant pas des avantages des thalassocraties. La France s'éparpille par ses multiples côtes, l'URSS est massive, et les ressources énergétiques sont, soient plus comptées (France, Allemagne), soit le caractère massif du pays annule l'avantage de la ressource. Les mouvements de marchandises sont nettement plus aisés pour NY que pour Moscou.

Pour ce qui est de l'état providence, Charlemagne a crée la dîme.

Le capitalisme financier, et le financier a un avantage clair : il fabrique l'argent comme il veut. C'est la banque d'Angleterre qui crée les réserves fractionnaires. Avec 8, on peut créer 100 en monnaie, et recevoir 6 chaque année... Raison pour laquelle l'état britannique n'a jamais manqué de finances. Les financiers l'ont toujours soutenu. Et pour la masse du peuple, la liberté anglaise était toute relative. Le populo, c'était bon à être raflé pour l'armée, la marine, et on déportait allégrement aux colonies tous les gêneurs. Par exemple, ceux qui avaient le culot déplacé de vouloir manger à leur faim.
La liberté sans énergie, c'est pour l'essentiel, sans intérêt.

C'est une erreur commune. D'ailleurs Mélenchon vient de parler du rôle des gazoducs et oléoducs, dans la crise au moyen orient. C'est largement vrai, mais aussi insuffisant.

Plusieurs états ont connus des crises graves, pour une simple raison. Petits producteurs de pétrole, avec une production modeste, ils survenaient à leurs besoins, tout en exportant des quantités limitées. La liste aussi est eloquante : Yemen, Syrie, Egypte, Tunisie.

Quand à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak, sont seul but, c'était l'accès aux ressources minérales d'Asie centrale. Après avoir maté l'Iran. Mais visiblement, tout ne s'est pas passé comme prévu.

Bien sûr, il y aura toujours des gens pour vous dire : "c'est pour la religion", c'est que, sans ce paravent destiné aux imbéciles, personne ne se ferait tuer pour les gazoducs de qui que ce soit.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:33

Le Paris haussmanien, pour illustrer mon article précédent. C'est un acte oh combien économico-politique, dont on voit les effets, et pour lequel, on fait le panégyrique.

Il parait que, grâce à lui, on est arrivé à entasser 20 000 habitants au km2. Impressionnant. Et en oubliant, seulement, qu'une telle masse, c'est pas rien de l'approvisionner, et que, pour ce faire, il faut du fossile, en masse.

On a construit des voies de chemins de fer, de métro, des routes, puis des autoroutes pour transporter tout cela.

Le pire, c'est que toute cette agglomération est incapable de vivre et d'atteindre un équilibre économique, sans demander des subventions au reste du pays.

Détruire le Paris du Moyen âge, était un acte politique. On voulait éviter les combats de rue. On a eu les manifestations, effet imprévu.

Il n'y aura jamais de séparation du politique et de l'économique pour cette ville. C'est trop dangereux.

Elle crèvera simplement, comme ont commencées à crever les grandes villes US. Loyers trop élevés, insécurité, congestion, plafonnement du fossile, structures antédiluviennes, et usure rapide de celle-ci.

. « L’étroitesse des plans favorise une double ou triple orientation des logements. Et permet ainsi un accès important à la ventilation et à la lumière naturelles, explique Umberto Napolitano. La hauteur sous plafond, de 3 mètres au minimum, accroît cette pénétration de la lumière ».

Oui, et 3 mètres sous plafond, ça fait aussi des frais de chauffage important, mais on s'en fout, dans son 25 M2.

On voit aussi le retard. Quand le reste de la France a souvent vu doubler ou tripler la surface disponible par habitant, ici, on en reste à la norme de 1850.

JC Decaux, lui, a prévu les éoliennes d'abribus. Produire, ou pas, son électricité est aussi un acte politico-économique sans équivalent. L'entreprise est sensée ne pas faire de politique ? Mais son acte est éminemment politique.

L'ordre social s'articule sur une technologie. Si la technologie change, l'ordre social change.

Dans le transport aérien, d'ailleurs, il est visible qu'on voudrait bien que l'état prenne à sa charge quelques frais. Sous prétexte, bien entendu, de ne s'occuper que d'économie. Mais le fait de véhiculer des millions de voyageurs, c'est aussi un acte politique.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Politique Energie Economie
commenter cet article
12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 08:32

On veut dénigrer le Venezuela, mais pas avec les bons arguments.

Le socialisme, nous dit on, fait baisser la production de pétrole. Il faut leur rappeler que le pic pétrolier Venezuelien a eu lien en 1970, et qu'il y a eu un pic secondaire en 1997, et que le pays se débat dans les affres du yoyo pétrolier depuis presque 50 ans, avec soit une monnaie forte, soit des épisodes d'hyperinflation.

Il est bien connu d'ailleurs, que le libre échangisme néo-libéral fait littéralement repousser les champs pétroliers. J'ai juste là ?

Le fait de l'importation de brut léger en provenance des USA, est lié d'abord à la géologie : le brut importé, c'est souvent du condensat, que les raffineries US ne savent pas traiter (tiens, on ne taille pas les USA ?), et qui est nécessaire à l'extraction des bruts lourds, notamment de l'Orénoque.

J'attends du journaliste qu'il nous fasse le même article sur le Mexique... Avec les importations de brut léger en moins, parce que le Mexique n'a pas les bruts lourds de l'Orénoque. Le journaliste peut aller aussi leur expliquer comment l'extraire, ça sera encore mieux, et ils le décoreront aussi sec.

Quand à commercer avec son meilleur ennemi, pendant toute la présidence Chavez, les ventes de pétrole se sont faites essentiellement avec les USA.

Le gros problème du Venezuela, c'est d'avoir subi de plein fouet une "Dutch disease", ou maladie des champs pétroliers, qui détruit le reste de l'économie.

Dans le même temps, l'évolution démographique a fait passer la population de moins de 12 millions (1970) à 31 (2015), ce qui est nettement différent, même si maintenant, la transition démographique s'achève au Venezuela.

Les pourcentages de population urbaine, et les volumes sont nettement différents. 3.2 millions de ruraux en 1970, contre 8.7 d'urbains, contre 3.1 de ruraux et 29 millions d'urbains en 2015.

L'agriculture, n'a pu se développer, avec le poids de l'histoire, les grandes latifundia héritées de l'époque coloniale, et jamais ou peu cultivées, que les grandes familles s'acharnaient à détenir, alors que selon le droit en vigueur dans bien des endroits en Amérique latine, il n'existe pas un droit de propriété, mais un droit d'usage. Théoriquement, si l'usage n'est plus, les terres sont réputées appartenir à l'état. C'est un état de fait issu de la conquête, et non du chavisme. Le roi d'Espagne n'aliénait que temporairement ce qui lui appartenait.

Les tentatives de réformes agraires n'ont pas manquées, bien avant la Chavisme, et si la période chaviste a vu la production locale notablement remonter, il est clair qu'elle partait aussi de très bas. Et les sicaires (tueurs) des latifundistes savaient aussi très bien contrarier les tentatives de réformes agraires.

Pendant des années, de 1950 à 2000, la principale occupation des gouvernants a été le court terme avec la manne pétrolière, et ses aléas. Les politiques de long terme n'ont visiblement jamais été leur fort, les périodes de surévaluation de la monnaie tuaient la production locale, les périodes de forte inflation engendraient des importations, jusqu'à ce que le niveau zéro fut presque atteint.

L'Ayatollah Komeiny traitait le pétrole "d'or du diable", et sa manne, comme une malédiction.

Donc, les idées simplistes, des simplets, n'ont pas cours, et ce n'est pas la vérité. Qu'elle que fut le gouvernement du Venezuela, il serait en crise. La production pétrolière chute, les prix aussi, et comme dans bien des cas, c'est la seule ressource. Mais il est vrai que dire, "c'est la faute au socialisme", c'est dans l'air du temps, et ça ne nécessite que deux neurones, et aucune culture économique. 

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 09:43

En provenance de l'EIA (Energy Information Administration), la structure de la consommation énergétique.

On voit notamment la fin du charbon. Exclusivement destiné, ou presque, à générer de l'électricité, au contraire du gaz (diversifié), et du pétrole (transport).

Malgré tous les efforts trumpesques, le charbon ne reviendra pas sur le devant de la scène. Les centrales fermées (250), le sont pour toujours, et celles restant sont peu rentables. Trop vieilles.

On peut voir aussi, la percée réelle du renouvelable. Et celui-ci, pour l'instant, n'est axé que sur la fabrication d'électricité, ou presque.

Mais, bon, on néglige dans cette étude, un signe de stress évident. Les USA sont désormais massivement exportateurs de produits pétroliers raffinés, ce qu'ils n'étaient pas il y a 12 ans.

Le charbon US, nous dit on, tente son come back. Il n'en est rien, la situation se stabilise un peu. Du gras a été enlevé, et l'appareil de production est soulagé. Pour un temps. Pour les USaméricains, l'horizon indépassable, c'est la réintroduction en bourse.

Dans l'histoire du capitalisme, il y a toujours une fuite en avant vers des techniques plus efficaces et plus économes.

Un "révolutionnaire", veut valoriser la merde. C'est un agriculteur, qui produit allégrement 55 tonnes de lait par jour, mais aussi 150 tonnes de merde. Il a entrepris de lui donner une valeur.

Mais, déjà, en son temps, Braudel notait un avantage des civilisations asiatiques sur les occidentales : elles valorisaient bien mieux la merde.

Comme je l'ai déjà dit souvent. Ce qui est intéressant dans certaines activités économiques, ce sont les à côtés. La merde dans le cas de la ferme. Les panneaux solaires qui ornent toits et parkings de centres commerciaux. Le parking (excédentaire) de l'aéroport (déficitaire).

Eclairer, ou pas 3 000 ou 4 000 habitants ce n'est pas anodin, au niveau financier, mais cela prouve la distance qu'il y a entre les USA, et les autres, pour lesquels on trouvera toujours une solution, des gisements de trucs ou de bidules.
Non, à un moment, il faut recycler sa propre merde.

Par exemple, celle de 12 millions de parisiens...(Paris et Banlieue).

Si ça se trouve, dans quelques temps, la principale activité du fermier italien ce sera de fournir de l'électricité, et l'accessoire, de fournir du lait...

Le problème des USA, est dans une production de pétrole surestimée (par les condensats et les gains de raffinages), et sous estimée pour les produits OPEP, qui eux, ne tiennent compte que du "crude oil", ou pétrole brut.

Le but de cette surestimation est de faire croire que "America is always great", ce qui n'est pas le cas.

 

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 11:55

Visiblement, on approche du point de rupture de la société -la falaise de Sénéque-.

Certains disent que la dette a été utilisée pour pallier le manque énergétique de la société, depuis 40 ans. A mon avis, il n'en est rien. La dette, et son service, passée de 5 à 40 % du pib, voir plus, n'est qu'un problème supplémentaire, celle de l'élite, à merveille représenté par un châtelain sarthois aux 20 000 euros mensuels de revenus, et pourtant incapable d'épargne.
Le mot incapable semble caractériser à merveille ce châtelain, et sa caste.

Rien n'obligeait à partir sur la dette, sauf la volonté de balayer les problèmes réels sous le tapis.

Au contraire de Gail Tverberg, je pense que vouloir affronter la réalité énergétique implique le jubilé, c'est à dire, la fin de la dette, et son corollaire, le dégonflement des bulles, et son corollaire, le dégonflement des actifs, soit par l'inflation, soit par le solde des dettes, notamment celles pour lesquelles, c'est le plus facile, les dettes publiques, par simples jeux d'écritures. Pour les autres, le simple fait de remonter les conditions de crédits, devraient suffire. Rien de compliqué.

La volonté de certains, comme le châtelain sarthois, d'équilibrer les finances à tous prix, en le faisant, bien sûr, reposer uniquement sur les plus pauvres, est une totalement méchante, plus que bête, et dieu sait si elle est bête. Pourquoi ? Parce qu'elle est irréalisable. Toute baisse de dépense de 100 entraîne une baisse de pib de 250, et une baisse des recettes de 125...

Après, il est clair que des activités économiques totalement inutiles et farfelues devraient disparaitre. Le transport aérien devrait dégonfler de 90 %, notamment.

Le problème de l'énergie, que ce soit interne, comme l'électricité, ou aux cours mondialisés, comme le pétrole, c'est l'économie de marché. L'économie de marché empêche toute rentabilité.

Revenir à une économie basée sur le réel priverait sans doute 10 % de la population de sa richesse, et entrainerait les pleurs des 1 % le plus riche. Mais c'est la seul option possible. Et en plus, les 20 % en haut de l'échelle sociale sont des gros consommateurs d'énergies en tous genres. Voyages, mais aussi train de vie, et déplacements inutiles.

Le caractère inégal de la société est un trouble. Il empêche, "l'élite" qui mérite si peu son nom, de prendre conscience du problème énergétique. Al Gore et sa consommation électrique de 221 000 kWh (coût annuel : 30 000 $)... Après, on comprend mieux les problèmes d'épargne de certains châtelains...

Et l'effet des guerres s'est estompé. Contrairement à ce que dit le marquis de belguelle, la guerre a un effet bénéfique énorme : les classes sociales y sont écrasées et mixées. Le fossé qui existe avant n'existe plus autant après. Ou du moins, le mépris de classe y a disparu. Parce que le mal embouché vulgaire sur lequel on aurait craché, il vous a sauvé la vie, et vous avez tout partagé avec lui. Ce n'est plus qu'un prénom souvent, avec un nom de lieu. "Jacques, de la côte 316". Comme avec Gaston Lagaffe : "Jules de chez Smith en face". Et on s'aperçoit que le bourge picolait autant que le prolo. Mais pas la même marque. Et de toute façon, au front, on picole ce qu'on trouve.

Rien n'obligeait les élites à faire monter les loyers dans la région de NY. D'ailleurs, aujourd'hui, tout décès de personne âgée peut entrainer un trouble : ils étaient souvent encore sous le régime de loyers encadrés des années 1970, dix fois moins chers que les loyers actuels, et souvent, logeaient leur famille.

Je rejoins Gail Tverberg sur le fait que ce qui fonctionnait comme politique économique, un jour non seulement ne fonctionne plus, mais produit des effets pervers. C'est un grand classique des fins de civilisations.

Et on y voit des décideurs, complétement déconnectés de la réalité. Le marquis de Belguelle comprend il seulement le rôle du pétrole dans l'économie ? Ou comme Clemenceau, va t'il en chercher à l'épicerie ???

L'équation est diablement simple : le prix du pétrole est désormais trop bas pour la totalité ou presque des producteurs, et il est trop haut pour les consommateurs...

Donc, certains pays devront simplement reconstruire une économie, en commençant par le début, à savoir une agriculture de subsistance, comme au Mexique, ou au Venezuela, pour l'Arabie, à mon avis, ils vont faire comme d'habitude, s'égorger.

Mais comme je l'ai dit souvent, pour la Tunisie et l'Egypte. Ils n'étaient pas obligés de sacrifier cette agriculture sur l'autel du libre échange. Ce sont deux problèmes différents.

Le plafonnement des ressources est une chose. La bêtise humaine en est une autre. Ne pas voir le nez au milieu de la figure, une maladie.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 14:49

C'est visiblement la fin des haricots au Mexique, cette fois, c'est le site zerohedge qui l'annonce. Bon, personnellement, j'avais une affection particulière pour le gisement géant Cantarell qui s'effondre depuis 2005. Et qui m'avait donné le sujet de nombreux articles.

La première baisse de production de Cantarell avait été notable : moins 600 000 barils en une année.

La production nationale est  depuis, surtout soutenue par l'ensemble Ku Maloob Zaap, qui n'a pas l'importance de Cantarell. Seul le pétrole offshore est désormais significatif au Mexique.
Mais il est clair que globalement, celui-ci vit un pic pétrolier et gazier, en même temps qu'il subit un signe évident de stress : la baisse de la consommation interne.

Le levier actionné, l'augmentation des prix internes, a prouvé son effet.

En même temps, on peut constater aussi un pic des exportations. Pour la gaz, la production interne est insuffisante.

La crise du continent américain, dans sa globalité, atteint son maximum, sauf que la propagande cache l'état d'effondrement des USA.

Les personnes "not in labour force", c'est à dire qui ne foutent rien, sans être au chômage, mais en étant en âge de travailler, atteint en février 2017, le nombre de 94 190 000 personnes, selon le repaire de communistes constitué par la réserve fédéral de Saint Louis.

D'ailleurs, la meilleure preuve que les USA sont devenus un problème, c'est que les mexicains, visiblement, ne se bousculent pas pour aller aux USA. Le flux migratoire a chuté de près de 90 %. Les seuls que le mur de Trump avec le Mexique que ça va emm... ieler, ce sont les cartels, pour le passage de la drogue.

Le mur prôné par Trump avait déjà été en partie construit par les administrations précédentes, et, seule une petite partie n'était pas réalisée, des crédits votés n'avaient d'ailleurs pas été consommés.

D'ailleurs, visiblement, les mexicains sont plus nombreux à rentrer au Mexique qu'à aller aux USA. Se faire gauler par l'immigration et expulser, peut d'ailleurs être un bon deal. Plutôt que de payer pour le retour.

J'avais donc écrit un article sur l'exode urbain aux USA. Un internaute avait écrit ceci : " A mon humble avis on assiste a un apartheid de facto aux USA. La plupart des ''fuyards'' sont blancs de classe moyenne-aisée au minimum et foutent le camp des villes-paradis multikulti où le crime et le désastreux états des infrastructures US font qu'au moindre pépin logistique, catastrophe naturelle, etc...c'est Mad Max en live.
Les Etats qui les reçoivent sont souvent très généreux en terme de droit aux armes (Texas) et donc pour la prochaine Civil War cela va être vite plié.
Les bandes du South Side de Chicago ont beaucoup d'armes légères, mais pas de réserve de munitions (j'ai un ami aux USA avec 200 kilos de balles de .22 LR et 5.56 OTAN) et ne savent rien de la campagne ou de comment vivre sans les Walmart...
"

Un autre de mes contacts (un sioux), lui, me disait qu'il achetait les munitions par palettes au superprimou géant du coin, quand il y avait des soldes, à des prix à faire pâlir les européens...

Donc, 200 kilos de cartouches, ne me semble pas forcément de "gros" stocks. Surtout avec la cadence de tir des armes automatiques ou semi automatiques.

Pour la tenue générale, je citerais une autre intervention :

"Là aussi de la perte massive

Déjà actuellement et bien
pire prochainement,

Là ce n'est que le début du commencement de la fin,

c'est plié,

Là c'est juste pour gagner du temps,

Là c'est cyclique et chaque fois c'est un gros crash."

 

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article