AVEUGLEMENT...
21 Décembre 2016 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Energie
Certains pensent que le pétrole est inépuisable. Ou du moins en grande quantité. Si l'un est faux, l'autre est indubitablement juste. Mais là n'est pas la question.
Le problème du pétrole restant, c'est qu'il est cher, parce qu'il a un EROI (TRE : taux de retour énergétique), bas. très bas.
On pensait qu'il fallait simplement augmenter le prix, pour trouver sans cesse plus. C'est vrai, jusqu'à une certaine limite, qu'on peut penser se situer à 20 $ le baril.
Le prix "bas" actuel est à 50 $. Il peut monter raisonnablement jusqu'à 90-100 $.
Dans un cas, le producteur souffre, dans l'autre, le consommateur.
Mais l'élément névralgique, c'est le TRE. Aux origines, il était au rapport de 1 à 100. C'est à dire qu'on dépensait 1 baril pour en sortir 100. Et encore. Oncle Billy, quand il a foré le premier puits, avec sa pelle, sa pioche et son peu de matériel fabriqué grâce au renouvelable de l'époque, était sans doute dans un rapport de 0 à 100.
1973 a été une nouvelle norme. Celle ci serait un TRE de 1 rapportant 10.
Maintenant, ce TRE est il lui même le meilleur qu'on puisse obtenir, le plus mauvais étant 1 pour 3.
Et à ce tarif là, il n'y a qu'une utilisation qu'on puisse faire à long terme, c'est l'usage militaire, et encore, très mesuré. Pas celui qu'on connait actuellement.
Adolf réussit à produire jusqu'à 10 millions de tonnes de pétrole par les usines de carburant synthétique, qui pratiquaient l'hydrogénation de la houille. C'est peu. Très peu pour une économie contemporaine, cela consommait une montagne de houille, précisément de l'anthracite, qui n'est plus guère disponible aujourd'hui. La houille pour l'électricité, c'est du brun, beaucoup plus médiocre.
Bref, le rendement décroissant par excellence, qui fait qu'un jour, cette énergie devient obsolète. Je vous laisse découvrir le terreplatiste. Quantité infinie ??? L'idiotie même. la terre n'est faite que de pétrole ?
D'autant, que, dans le même temps, un autre TRE, lui, s'envole, exactement pour la même raison que toujours, le progrès technique. Le TRE du solaire bat celui du pétrole désormais. 1 pour 7, dans le pire des cas, battant toutes les énergies, 1 pour 14 dans le meilleur, même avec 10 % perdus dans le stockage, ça ne remet pas en cause la donne principale. Elle écrase les autres. Tout le reste n'est que combat d'arrière garde. Ou de mauvaise foi. Prendre des données de 1998, ou de 2008, par exemple.
Les rendements décroissants, et l'impasse civilisationnelle se manifeste dans d'autres signes. New York vient de construire 3 nouvelles stations de métro. Il aura fallu 90 ans, il y aura 220 000 passagers chaque jour, et il faut en attendre : aucune amélioration. C'est pour aller loin dans une ville congestionnée. Mais ce n'est pas poser le problème de la bonne manière ; c'est parce qu'il y a le métro que la ville est congestionnée. C'est une des causes du problème, pas sa solution.
Ce qui n'empêche pas Paris de vouloir doubler le sien. On veut ajouter l'ingérabilité à l'ingérabilité, la complexité à la complexité. Il arrive un moment où le système trop complexe ne fonctionne plus.
Dans le cas des grandes villes, le problèmes de l'eau va devenir... insoluble. Eaux usées et eau potable. Il sera très amusant à Paris de vouloir traiter la pollution de 250 000 foyers supplémentaires.
A Flint, la crise de l'eau n'en finit pas. Et pour cause, elle ne peut pas finir, sans la destruction pure et simple de la ville. La population est prise entre abandon et empoisonnement, de la part d'une bande de copains-coquins, que le conflit d'intérêt n'effrayait guère. On ne veut ni indemniser les victimes, ni réparer les dégâts, la solution la plus simple, c'est le déplacement de population, et la destruction de la ville. Cela, visiblement, on le voudrait bien, il reste que personne ne veut l'avouer, ni le payer.
Ce genre de crises finira par toucher les villes centres, comme elles ont touchées la Rust belt et la partie jadis unioniste (La Nouvelle Angleterre, et le nord du fleuve Kentucky, perdent leurs habitants, à mon avis, surtout les zones urbaines où règnent l'insécurité et le mélange racial.
Bizarrement, ce sont les endroits les moins peuplés qui gagnent encore, et l'ouest, ainsi que le sud. La Virginie occidentale, pleure ses habitants et son charbon, le Wyoming aussi, l'Alabama, paie ses problèmes récurrents.
Rien d'étonnant à ce que Trump ait percé dans le nord, la perte de population indique une sévère crise.
La population des USA augmente, mais moins, l'immigration baisse, preuve aussi que le pays n'est plus aussi attirant. Il faut être un gauchiste idiot et sans imagination pour rêver un transfert éternel de population.
Pétrole, villes, états, se développent, jusqu'au jour où ils ne se développent plus. Il y a bien longtemps qu'ils ont dépassé leur optimum, et les politiques publiques qui veulent encore les accroître, sont idiotes. Elles ne préservent pas de l'effondrement, elles l'accélèrent. DSK disait qu'il fallait plus d'immigration pour qu'il y ait plus de croissance. c'était complétement idiot. Mais venant de sa part, tellement normal.
Un système qui ne sait pas brider son appétit, pour ménager sa survie, ne mérite pas de survivre.
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