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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:22

Qu'on nous dit désormais, mais un "plateau éternel".

On nous promet des "nouvelles sources d'énergies" grâce à la technologie, mais les résultats s'annoncent très médiocres.
En effet, la montée en puissance des schistes bitumineux, présents aux 4 coins du monde est sensée prendre la reléve du pétrole classique.

 

En réalité, ceci ne change rien et a été prévu aussi par les peakistes depuis longtemps.

Pour résumer ce point de vue :

- 1929 à 1973 est une période de pétrole bon marché, les gisements sont vastes, accessibles, aisément exploitables, sans grande technologie.

Dans le delta du Niger, chaque ferme a son puit, creusé avec les moyens du bord, et sert de raffinerie.

- 1973 à 2007 on arrive encore à satisfaire les besoins croissants, mais à un coût croissant. En effet, un forage off shore, ça n'a pas du tout le même coût qu'un forage terrestre et si les réserves sont encore vastes, le robinet mis pour les exploiter est plus difficile à actionner. C'est Cantarell au Mexique, ou la mer du nord. 

Bien sûr, Ghawar en Arabie saoudite sert d'amortisseur et permet de détruire l'URSS.

- Aujourd'hui, on s'attaque au pétrole très très cher, certes avec des réserves immenses, mais avec le souci d'un coût d'exploitation énorme, et avec un tout petit robinet.

L'exploitation de ces nouveaux gisements, en effet, n'est pas une sinécure, et s'apparente plus à l'exploitation charbonnière du XIX° siècle, avec une énorme infrastructure, une énorme main d'oeuvre, et le coût n'est plus le même.
Ce qui était un maximum même pas pensable, 80 $ le baril, devient non seulement la norme, mais le plancher incompressible.

 

En plus, il est clair que les réserves faciles comme l'Arabie Saoudite, qui avait permis le triomphe du pétrole, ont été bien entamé, et on ne retrouvera jamais des gisements si facilement exploitables qu'il pouvait fonctionner en mode ON/OFF. 

 

Donc, l'ajustement, dans l'économie actuelle se ferait par le prix. Ce qui conduira à réduire drastiquement les usages non adéquats.

Mais, c'est de l'ordre du doux rêve de penser que ces gisements pourront remplacer sans problème la production classique. Si une vingtaine de millions de barils jour sont à terme envisageable, et sur longue période, c'est justement parce que l'exploitation est ardue.

 

Bien entendu aussi, il ne faut pas, nul part, de troubles politiques qui réduisent à rien l'effort industriel.

Or, les collapsus politiques, avec effondrement de production sont loin d'être, dans l'histoire, des événements isolés. Mais plutôt la règle.

 

En outre, que deviendront les autres sources d'énergie ? Le gaz, par exemple, décline très vite une fois son pic atteint, et il n'y a pas un décalé de 30 ans avec les pics pétroliers, mais seulement de 5.

 

Le charbon est de plus en plus ardu à aller chercher.

 

Le nucléaire est déficitaire en ressources depuis plus de 20 ans et vit sur ses stocks.

 

Le problème est donc un pic "toutes énergies", et la seule impossibilité est de continuer au rythme actuel d'augmentation de la consommation de ces ressources.

 

Mais, depuis 2007-2008, on semble avoir atteint un "pic de l'économie", où elle stagne à son niveau de 2007, faute de ressources suffisantes, essentiellement pétrolière.

 

Donc, dans le meilleur des cas, on n'aurait que la possibilité longue... de faire des économies d'énergies, ou le scénario Négawatt, grâce aux dernières ressources et à l'impossibilité d'aller vite pour les exploiter.

 

Un ami m'a dit qu'en passant devant un bidonville mexicain, ce qui l'avait frappé, c'est que la totalité des toits avait son solaire thermique...

 

Dans le meilleur des cas, le monde reste en place tel qu'il est. Dans le cas le plus plausible, c'est que le monde actuel subsiste dans quelques ilôts.

Plus probablement, un maelström révolutionnaire va l'engloutir et repartir la rareté dans un contexte "URSS renouvelée".

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 19:02

Pour répondre à des hurluberlus comme certains candidats socialistes, Il n'y a rien de plus marrant que de comparer les projections des "experts". L' EIA avait eu la main lourde en 2005 :

Les consommations pétrolières étaient vu comme les suivantes :

- 2002 : 78 millions de barils jour,

- 2010 : 95,

- 2015 : 103,

- 2020 : 111,

- 2025 : 119.

 

Manque de bol, en 2010, la consommation n'était que de 87 millions de BJ.

production pétrole

 

Là (édition 2011), on peut s'apercevoir que le délire concernant la production a beaucoup baissé. Les 111 millions de barils de 2020, ne sont plus que 98... 13 de moins...

Les bruts non conventionnels en 2035 représenteront 13 millions de BJ. On peut noter ce montant modeste, malgré des réserves plus grandes encore que le pétrole conventionnel.

Encore, s'agit il d'une publication de l'EIA, très optimiste et peu soucieuse de se brouiller avec la doxa du toujours plus d'énergie.

Bien entendu, beaucoup plus optimiste est la projection gaz : plus 52 % d'ici 2035, malgré un différé de seulement 5 ans entre gaz peak et peak pétrolier.

 

Pour l'autre comparse énergétique, l'AIE, le marché a ses vapeurs aujourd'hui :

wos.gif

 Il existe un peu de mou sous le pied, mais pas grand chose.

Et surtout, même en Arabie, pas beaucoup de volonté d'extraire à tous prix...

Le pic pétrolier est inavouable, parce que la société va totalement être chamboulée et prosaïquement, les compagnies ne valent plus grand chose.
Mais ça, les boursiers sont au courant.

Pendant ce temps, les bourrins disent qu'il n'est pas possible de démondialiser. Une belle bande d'abrutis...

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 12:29

Il semble que l'Arabie saoudite connaisse le sort de la cocotte-minute dont ne s'évacue pas la pression. Des émeutes ont eu lieu, et l'Iran est, comme d'habitude, accusée.
Bon, si les services secrets syriens jouaient à mettre de l'huile sur le feu, ça serait de bonne guerre. On dit déjà qu'ils opérent en occident, comme si les services secrets occidentaux n'opéraient pas dans la région.
C'est curieux, ce manque de vision.

 

Là, de plus, les affrontements auraient eu lieu aux armes à feu. Si la pression sociale avait été allégée par des cadeaux en tous genres, politiquement, la direction saoudienne est typiquement soviétisée : terreur, chefs anciens et momifiés, immobilisme politique total, économie qui s'effondre et qui a du mal à sortir de sa pétro-addiction, même pour un produit aussi voisin que le gaz...

 

Bien entendu, s'il n'y a pas eu de manifestations, c'est qu'on connait la réponse des autorités (dont menaces et arrestations des familles), et qu'il faut passer directement à l'étape supérieure : l'insurrection.

 

Surtout, s'il faut appeler un chat un chat, les événements de Syrie sont, de fait, une guerre syro-saoudienne, et il serait logique qu'il y ait des retours de bâtons.
Comme on dit vulgairement, il faut éviter de sauter quand on est en train de pisser, on a peu de chance d'atteindre le but...

 

De plus, la Syrie est un morceau plus gros et plus dur que la Libye, dont on connaît la difficulté des occidentaux à s'emparer : armée beaucoup plus grosse, sentiment national ancien (la Libye n'est qu'un conglomérat), influence russe beaucoup plus affirmée, et c'est même là que le bât blesse le plus.

C'est, en effet, quasiment le seul pays inclus dans sa sphère d'influence, en dehors de son voisinage immédiat post soviétique.

Il y a donc gros à parier que la Russie ferait de la Syrie un casus belli.De plus, Assad n'est pas Kadhafi, à la fois, inquiétant, combatif, pathétique, risible et usé.

 

En même temps, Bloomberg note que le coût du CDS est en augmentation sur l'Arabie Saoudite.

 

Donc, il y a de gros, gros problèmes qui se pointent sur l'Arabie saoudite, et la sagesse, avec une structure sociale très inégalitaire, c'est d'être en paix avec ses voisins...

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 08:27

Le "peak gas" devient réellement alarmant dans une Grande Bretagne qui s'achemine vers une guerre d'extermination, car avec plus de 60 millions d'habitants sur 242 000 Km2, quand le peak oil sera bien mûr, il n'y aura qu'une bonne guerre pour donner le maximum acceptable, bonne guerre où les prisonniers, les femmes et les enfants seront les premiers exécutés.

En attendant, le gouvernement doit gérer une situation de plus en plus explosive socialement, en rajoutant ses propres bêtises, et en voyant ses ressources s'amenuiser dangereusement.

Donc, dans ce contexte, on veut reparler de gaz de schiste, histoire d'empoisonner sans doute encore plus les terres cultivables.

Surtout, dans le gaz de schiste, ce qui est le plus idiot, c'est la fracturation hydraulique. En effet, la France a récupéré du gaz de schiste pendant longtemps, et sans doute continue t'elle à en récupéré sans bruit : c'est le grisou des anciennes mines.

Mais là, au lieu de simplement percer le sol et de laisser faire la nature, on veut récupérer tout, tout de suite, faute d'avoir une vision de longue durée.

En effet, la fracturation hydraulique, faite avec des poisons diverses n'a pour but que de hâter un processus qui serait plus lent, mais qui se ferait quand même sur plusieurs années, ou plusieurs dizaines d'années, au lieu de quelques mois, en empoisonnant pour des millénaires.

 

Le gaz de schiste est naturel, mineurs et puisatiers le connaissaient et le redoutaient déjà, sous d'autres noms.

Simplement, la Grande Bretagne est emblématique : elle a dévoré en quelques décennies une ressource limitée, la mer du nord, alors qu'elle aurait pu être exploitée de manière plus pérenne comme la partie Norvégienne (bien qu'exploitée elle aussi trop vite).

La Grande Bretagne avait un but : masquer un effondrement économique en propulsant la production d'énergie primaire au plafond. Le pib est encore aujourd'hui, très dépendant de la mer du nord. Et elle ne repoussera pas.

 

Chevron récupère de l'huile lourde grâce à des installations solaires thermiques. Preuve que la firme a amplement intégré le fait que cette récupération sera très longue. Mais ça n'a aucune importance. ça se vendra cher et ça fait tomber la consommation d'énergie des gisements à pas grand chose...

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:35

Une centrale au charbon va devenir "verte" en Belgique, une fois.
Enfin, elle devrait devenir verte. A la place du charbon, on va brûler des pellets.
Mais comme on n'a rien compris au film, 1/3 de ces pellets, va venir... du Canada...

 

Pauvres garçons, ils n'ont rien compris au film. C'est comme ceux qui brûle de l'électricité pour se chauffer "c'est plus propre, et ça ne produit pas de CO2", sauf bien sûr, si ça a été produit avec du fossile.
Là, on en brûle trois fois plus que nécessaire.

On demande des cerveaux d'urgence...

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:11

On vous dit que le nucléaire c'est du sûr.
La preuve, c'est que l'employé décédé à Marcoule a été enterré dans un cercueil blindé, et que nulle autopsie n'a été faite.
Il ne reste plus qu'à espérer que personne ne viendra ouvrir le cercueil pendant les 1000 prochaines années.

En effet, les exhumations sont nombreuses, et les concessions sont fréquemment récupérées par les mairies. On s'en souviendra peut être pendant 50 ans (c'est déjà considérable), mais après ???

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 13:29

Un autre expert nous dit qu'il faudrait 750 milliards pour sortir du nucléaire.

Donc, si on suit sa logique, on ne peut pas en sortir.

Il ne reste qu'à faire tourner nos centrales.

 

Le seul problème avec ce genre d'expert, c'est qu'il ne nous dit pas ce qu'il faudra faire quand nos centrales, trop vieilles seront arrêtés.
Que fera t'on à ce moment là ?

 

On investira, soit pour sortir, soit pour rester dans le nucléaire... Et ce, massivement. Ou un deviendra un pays du tiers monde.

 

Reste que l'expert est quand même sujet à caution. La même sortie du nucléaire coûtera au Japon seulement 280 milliards, et pas d'euros, de USD.(soit environ 200 milliards d'euros).

Sachant qu'un pays à 55 centrales et l'autre 58, on peut se dire que 3 centrales de différence, ça coûte vraiment cher.

Bien entendu, le coût de Fukushima n'est pas décompté. Et comble amplement la différence.

Mais, ce n'est qu'une manoeuvre cousue de fil blanc. En effet, déjà en l'an zéro, quand on ne voulait pas faire des travaux, on surestimait les coûts. Monsieur Bigot sombre donc dans la ... Bigoterie du nucléaire "irremplaçable", selon lui.

En outre, cela dépend aussi de ce qu'on met dans cette sortie du nucléaire. Les frais de démantèlement ? Les frais de gardiennage pour le millénaire qui suit ?

 

En outre, ce sera un long processus, étagé sur certainement des dizaines d'années. Donc, le coût, par an, est beaucoup plus acceptable, c'est aussi une vieille manière de dés-informer.
En outre, "in-vivo", la sortie du nucléaire nippon, largement entamée, n'a pas coûté un radis pour l'instant.
En effet, le nucléaire fournissait 40 % de l'énergie électrique, et 80 % est en arrêt, soit 32 % de l'énergie consommée. Cela a été compensé par de simples changements d'habitudes.

 

En outre, l'électricité nucléaire l'hiver en France, consomme une énergie fossile considérable, destinée à permettre l'hérésie du chauffage électrique.
N'en déplaise à M. Bigot, la facture d'énergie globale risquerait donc de diminuer fortement. En effet, c'est complètement idiot de brûler du fossile, pour faire de l'électricité, destinée à faire de la chaleur.
On consomme trois fois moins, en le consommant directement...

Mais bon, on est un bon lobbyste du nucléaire ou pas...

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 19:33

On progresse dans le stockage de l'électricité.

" L’acide formique permet un stockage plus efficace et sécurisé de l’hydrogène. Un moyen idéal pour accumuler l’énergie provenant de sources renouvelables ".
Avec une conséquence désastreuse économiquement, on n'aura plus besoin de la compagnie productrice.

On voit donc que le modèle économique évolue, sous la pression d'une technique qui évolue encore plus vite, et qui le remettra, à terme, en cause totalement.  

 

On progresse aussi dans d'autres domaines, assez surprenant d'ailleurs.  Le Catalyseur d'énergie de Rossi et Focardi serait une fusion nucléaire, à partir d'hydrogène et de nickel, le produit serait au bout de 6 mois, 10 % de cuivre et 11 % de fer.

Le comique de situation, c'est que les vrais découvertes sont le plus souvent fortuites, coûtent trois sous, et sont exploitables économiquement presque immédiatement, à un coût très bas.

Là aussi, avec de telles découvertes, on peut se poser la question de la survie de mastodontes énergétiques. 

 

Bien sûr, beaucoup de découvertes seront sans issues, et certaines, du pipeau, mais le trait commun, dominant, c'est la remise en cause du schéma économique général.

En même temps, on se demande pourquoi on claque autant d'argent pour ITER.

 

La technique évolue, et n'aime pas ni les rentes, ni les rentiers...

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 14:04

L'éolien, pourchassé en terre de France, voit l'avenir s'annoncer sous d'autres auspices ailleurs .

Les coûts dégringolent, après avoir résisté longtemps, vieille application d'une vieille loi économique.bien connue.
Certains annoncent le coût du Kwh à 0.04 $.

On comprend beaucoup mieux certaines réticences ainsi.

On peut tout à fait imaginer le problème des multiples compagnies électriques, chargées d'approvisionner un "marché", toujours croissant.
Un "autre avenir" s'ouvre. Ces compagnies peinent de plus en plus à approvisionner ce marché dont elles se gargarisent et qui n'est que le paravent de leur cupidité.

 

En effet, on est passé d'une période 1945-1970, où il fallait satisfaire des besoins largement basiques, à un marché qui n'était plus qu'un grand jeu financier. 

0.04 $ le kwh, cela signifie :

- les grandes compagnies ne peuvent s'aligner,

- le local prend le dessus sur le national,

- les autres énergies sont out,

- les manoeuvres de diversions sécrétent elles-mêmes leurs réactions.

En effet, le phénomène "NIMBY" appliqué aux éoliennes, c'est l'application d'un constat braudelien : les populations luttent souvent contre les investissements venus d'ailleurs, qui leurs sont largement défavorables.
En revanche, la création d'une société locale, levant localement des fonds, pour produire et consommer localement l'électricité, voit les préventions et l'opposition s'effondrer.

 

On applique aussi une autre loi économique : à force de chercher, on finit par trouver, des solutions qui font progresser notablement l'éolien.

Même les grands groupes s'y mettent, comme Siemens. Siemens se passe du nucléaire, source de 5 % du CA et de 95 % des emmerdements.

Un ange est passé, et pour eux, le nucléaire n'est même plus considéré comme une option.

Mais, devant la levée de boucliers d'une petite partie des populations, largement instrumentalisées par les lobbystes du nucléaire, les grandes entreprises finissent aussi par trouver des solutions, plus politiques que techniques.
Les grandes lignes électriques sont là ? Des mini-éoliennes sont montées sur des pylones existants, notamment... le long des lignes à haute tension... Pas de génie civil à prévoir, et un prix de revient qui s'effondre suite à la construction en série. Voir, on peut les mettre sur les arbres...

 

Finalement, les allemands trouvent le système D, se rapprochant des danois, qui construisent principalement leurs éoliennes sur des zones industrielles...

 

C'est en face que les doux rêveurs se révèlent. On parle d'une augmentation de 70 % du nucléaire d'ici 2030.

Cette augmentation implique une consommation d'uranium de 107 600 tonnes (admirons la précision), alors qu'on est déjà à 67 000 tonnes consommées pour 53 000 produites, et qu'on peine toujours lamentablement à augmenter cette dite production. Il faut regarder a réalité en face : il n'y a que le Kazakhstan qui ait été capable d'améliorer sa production. On peut avoir toute confiance dans la capacité de ce pays à fournir toujours plus, dans un contexte politique apaisé.

En réalité, le Kazakhstan, c'est une Tunisie qui n'a pas encore mûrie.

Pour ce qui est des monstrueux investissements canadiens et australiens, ça a été injecté tout au plus pour contenir la baisse de la production...

 

L'abandon du nucléaire par le Japon sera d'un coût ridicule, au moins pour générer une production différente : 280 milliards de USD d'ici 2020. 35 milliards par an, vu la taille de l'économie, c'est rien du tout...

 

Résumons : le nucléaire devient prohibitif, pendant que le coût du renouvelable s'effondre. La ressource en U du nucléaire est le moins qu'on puisse dire, sujette à caution, pour des raisons géologiques, mais aussi politiques. Bien entendu, pour avoir des nouvelles en France, c'esta près les présidentielles...

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 15:31

Le quotidien peut varier énormément en à peine 60 ans.

Un lecteur a levé le lapin du tarif de vente de l'électricité aux agents EDF. Il est en effet compris entre 10 et 15 % du tarif normal.

Mais il faut recadrer le débat.

Cet avantage est déclaré, et imposé. Il n'est donc pas neutre.

Il est accordé en 1951, et ne représente pas grand chose. Pour la direction, c'est une manière de donner le moins possible.
En effet, à l'époque, la consommation électrique, c'est quoi ? Pas grand chose, quelques loupiotes, 2 ou 3 le plus souvent, il y a bien des prises électriques, mais qui servent à quoi exactement ? Elles sont sans grande utilité à l'époque.

A l'époque, les bons de charbons souvent distribués par les grandes entreprises coûtent plus chers.

Car l'équipement électrique est très réduit. Tout le fatras électrique n'existe pas. Il y a quelques postes de radios, les gros et énormes à lampes, et encore, c'est loin d'être généralisé, et les 4 éléments du confort commenceront à être commercialisés dans les années 1950, pour se généraliser dans les années 1960.

Lave-linge, réfrigérateur, n'existent que dans la grande bourgeoisie, la télé balbutie, et la cuisinière, c'est encore mieux : elle est au bois ou au charbon, et chauffe l'hiver comme été (pas besoin de chauffage électrique, qui n'existe pas à l'époque...).

 

Bien entendu, à cette époque, l'eau chaude, c'est quoi cette bête là ? A fortiori le ballon d'eau chaude électrique.

 

Tout sera crée par la suite, et la consommation d'électricité des agents EDF progressera comme le reste de la population.

En plus, ils privilégieront cette tare de chauffage électrique, car ils ne subissent pas la paradigme du commun des mortels : prix d'installation modeste et prix d'usage élevé.

 

Le beurre, l'argent du beurre et la crémière. En effet, pourquoi faire des économies d'énergie alors que celle-ci ne leur coûte rien.

Pour préciser, pour signer un accord, il faut être deux. Les syndicats, et le patron. Le patron en question a bien voulu signer l'accord, parce que dans les faits, à l'époque, le cadeau était petit.

Les évolutions ont fait qu'il est devenu monstrueux.
Mais rien n'empêchait EDF de plafonner cet avantage à l'époque. Pour éviter toute dérive, il lui suffisait de fixer ce plafond à un montant élevé pour l'époque, qui aurait été atteint avec les augmentations de consommation.

Aujourd'hui, on parle d'augmenter, sans plafonner, le tarif de l'agent EDF. ça n'est pas le problème. Le problème principal est le suivant :

"- le chauffage électrique représente 1/3 des appels de puissance de pointe hivernaux (il y a environ 8 millions de foyers chauffés à l'électricité - c'est énorme !) ;

- on note une corrélation quasi-parfaite entre la production électrique d'origine non nucléaire et le chauffage électrique : pas besoin de réfléchir beaucoup pour comprendre que chauffage électrique = production d'électricité d'origine fossile (gaz, fioul), donc émettrice de CO2."

 

Le vrai scandale est donc qu'en chauffant "propre et électriquement", on chauffe en réalité avec du fossile, et en réalité avec 3 fois plus de fossile que nécessaire en utilisant directement le fossile.

 

Il ne faut donc pas se tromper de cible. La cible, c'est l'usage non adéquate de l'électricité, faite pour justifier l'existence d'un nucléaire sur-dimensionné :

- climatisation,

- chauffage électrique,

- chauffe-eau électrique,

- cuisinière électrique,

- séche-linge,

- et d'une manière générale, tout ce qui transforme de l'électricité en chaleur. C'est un détournement de la manière adéquate d'utiliser l'électricité.

 

En outre, il faut rappeler que le consommateur de 1951 et de 2011 n'ont plus rien à voir. L'histoire avait rendu prudent celui de 1951, qui savait les civilisations mortelles.
Celui de 2011 a très bien compris qu'il vivait dans le meilleur des mondes, que rien ne viendrait troubler, et que la panne d'électricité est impossible.
Celui de 1951 se souvenait très bien du coup de la ligne Maginot "infranchissable" et que pendant la dizaine d'année précédente, l'électricité, c'était quand on pouvait et que même quelquefois, ça fonctionnait.

 

On pourra aussi signaler l'inutilité de toute une gadgetomanie, l'inutilité des veilles, l'inutilité globale d'une politique qui est sorti des clous, et qui est passé du stade de la satisfaction des besoins, à celui de leur création.

 

Dans quel but ? Faire de la croissance ? On comprend mieux que pour débouer certaines situations, les civilisations doivent obligatoirement en passer par le stade de l'effondrement.

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