Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 18:02

... et agonise le fossile.

28.8 % de l'électricité est désormais d'origine renouvelable, 41,7 % thermique, et 26.2 % d'origine nucléaire. Même avec la France nucléaire, cette énergie est à l'échelle européenne, marginale.

Encore, la transition serait elle beaucoup plus rapide, si les compagnies énergéticiennes n'avaient achetées en bloc, la classe politique européenne.
Les anciens ministres espagnols vont travailler chez les électriciens, après avoir été jetés par leurs électeurs, les grandes compagnies allemandes freinent autant qu'elles peuvent les évolutions, la preuve en étant que la majorité des nouvelles capacités ne viennent pas d'eux, inutile de rappeler les liens du lobby nucléaire en France avec les politiques de tous bords...

Margaret Thatcher a estourbie en son temps l'industrie charbonnière britannique pour des raisons politiques et hargne personnelle (ces syndicats qui avaient empêché son père de devenir riches), une bonne partie aurait pu être maintenue beaucoup plus longtemps, mais, il fallait assurer des débouchés aux gaz de mer du nord.

Le solaire et l'éolien se complètent, et globalement, assurent une grande stabilité de production...

Le jeu pour les oligarques de l'énergie, c'est de protéger leurs sinécures, à tout prix, dans un contexte de changement technique, qui les remet en question.

Les capacités de production en énergies fossiles sont largement dé-commissionnées, avec en tête, le charbon, suivi du gaz, pendant que les centrales au fioul achèvent de mourir.
Mais l'important n'a pas été dit. Si le renouvelable progresse un peu, c'est l'hydro-électricité qui s'est montré défaillante, et une année bien arrosée pourrait aussi précipiter l'enfer sur terre pour les compagnies électriques.

On est sur des quantités marginales, mais aux effets maxi...

Il reste que le renouvelable est aussi, dans sa quasi-totalité, sur une croissance à deux chiffres.

Le nucléaire aussi est en perte de vitesse. ET si des centrales gaz et charbon ouvrent encore, c'est que les décisions d'ouverture sont anciennes, et qu'il faut du temps pour les construire, mais on en déclasse environ deux fois plus qu'on n'en construit. Pour le fioul, on n'a rien construit du tout, mais sans doute, les centrales restantes survivront encore un peu. La merde qu'ils bouffent, on ne sait pas quoi en faire d'autre et pose un sérieux problème de débouché...

La question de la crise des capacités de charbon et de gaz est à lire justement dans ces nouvelles capacités thermiques, qu'ils avaient lancés au début du siècle, et que la non croissance des consommations a rendu inutile. Il leur a fallu déclasser les anciennes centrales, qui bien que ne fonctionnant pas longtemps, étaient si rentables en pointe.

En tout, dans le fossile et le nucléaire, 17 422 MW ont été dé-commissionnés, 6 681 mis en service. Le problème, c'est qu'une centrale thermique, c'est long à mettre en service, et que c'est bien plus long à amortir...

Mais le phénomène visiblement se tari. On a visiblement, en Europe, plus aucune envie de construire quoi que ce soit, dans le thermique du moins...

Pourtant, le contexte, à priori, n'est pas mauvais, pour les énergéticiens, gaz et charbon étant en plein marasme des prix... Diable, c'est le débouché final qui a trinqué... Le consommateur, que Mario Draghi, veut soutenir par des dotations de 1300 euros par personne, nous dit on...

Peabody (charbon) aux USA va faire faillite (fondé en 1883), et RWE affiche des pertes pour la première fois depuis 60 ans... Sans compter EDF qui voit son bénéfice fondre...

Il est clair que pour l'Allemagne, l'arrêt partiel du nucléaire a été une décision plus que judicieuse, au moins pour la survie des électriciens existants. Electriciens qui n'ont aucune reconnaissance. Eux veulent revenir à la rente de situation qui était la leur avant.

EDF veut vendre RTE, et se dégager de la coûteuse entreprise nord américaine, qui ne lui a apporté, comme tous ses investissements à l'étranger, que pertes et déboires.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 23:13

End Game. Le chemin de fer était né en Angleterre, pour une seule raison : transporter le charbon.

Quand les quantités ont commencées à être significative, il fallait les transporter. Tous les autres moyens, canaux, carrioles se sont trouvé vite saturées, et on a donc inventé le chemin de fer, d'abord à traction hippomobile, ensuite on a inventé les machines à vapeur.

Seul ce moyen était en état de voiturer, les quantités de plus en plus colossales extraites en Grande Bretagne, et seul, il était en mesure de rendre rentable ces structures. Ailleurs, où l'on ne bénéficiait pas de tant de charbon (125 millions de tonnes en 1865 et 313 en 1913), le chemin de fer fut une structure toujours déficitaire, qui créa le trafic voyageur, mais le voyageur est beaucoup moins commode : il y a les pointes et le reste.

Le charbon, lui, n'a jamais eu ce genre de problème, il peut rouler jour et nuit, et surtout quand le reste du trafic est nul.

Les récoltes souffrent du même mal que les voyageurs, il n'y a que de rares pointes, et les plaines ouest du Mississippi virent de grands affrontements entre compagnies et fermiers, allant du combat électoral, aux grèves brisées et aux massacres purs et simples. Là, les fermiers trouvaient les tarifs exorbitants, et leur mangeaient toute rentabilité, mais leurs plaines étaient aussi des gouffres financiers pour les compagnies, et seule la volonté du gouvernement fédéral, au moment de la guerre civile, de corseter le pays de voies ferrées, pour le sauvegarder, permis leur construction.

Dans la deuxième moitié du XX° siècle, le chemin de fer américain, antédiluvien et mal entretenu, ne survit guère que parce que son activité principale, le charbon (40 % de son activité), le minerai de fer, l'acier et le bois, le justifièrent.
Mais, lors de la catastrophe de lac Mégantic, il apparaissait déjà que le bois était en perte de vitesse, et que le bois énergie, en progression, notamment sous forme de granule, ne compensait pas la régression des autres exploitations.

Là, tel soeur Anne, j'observais conscienceusement le pétrole, de manière suivie, sur le site de l'IEA.

Patatra, ce n'est pas le pétrole qui faiblit le plus et le plus vite, c'est ce bon vieux charbon, le "king coal".

Et, je n'ai jamais dit que c'est le renouvelable électrique qui le met à mal, il suit simplement la pente naturelle d'une technologie, la production d'électricité thermique, qui se trouve simplement déphasée économiquement, par la chute de ses facteurs de charges.

La chute de ses facteurs de charge, cela ne vient pas encore du renouvelable, mais bien du gaz, qui avait vu des investissements massifs dans ce secteur dans les années 1990-2000, mais surtout, d'une crise générale des consommation, et d'un marché, qui, dans les pays OCDE, ne progresse plus, mais régresse fortement.

C'est d'autant plus savoureux, que les abrutis des compagnies électriques se sont pendus eux mêmes. En demandant, et obtenant de coquettes augmentations de tarifs, aux autorités "indépendantes", ils ont réduit la demande, fortement en Europe, moins fortement aux USA, entraînant des capacités inutilisées, et une lutte accrue des parts de marchés.

Le fret ferroviaire US s'est donc nettement contracté, pour le charbon, de moitié pour être exact, et après 11 % de baisse de production de charbon, on serait aux alentours cette année de 30 % de baisse.
Le total atteindrait donc près de 40 % de baisse en ce début d'année, pour la production charbonnière, 10 % étant déjà un effondrement, plus semblant indiqué un effondrement global du secteur, bien avant l'effondrement géologique des gisements épuisés.

Restons, donc, sur les 10 % américains, et sur les - 6 % observés en Chine, cela correspond donc, à la louche, à 100 millions de TEC (tonnes équivalents charbon) et 200 millions. En tonnes équivalent pétrole, cela donne la moitié.

Il n'est pas du tout anodin, donc, pour la "croissance" mondiale, de voir une énergie régresser de 150 millions de tonnes de TEP, d'autant qu'ailleurs, c'est loin de compenser, et que, visiblement, le commerce mondial de charbon régresse.

Donc, les expéditions de charbon ont largement régressées aux USA, 75 000 wagons, contre 140 000, pendant que les stocks s'empilaient dans les centrales thermiques, sans doute propulsés par une politique de vente agressive. Mais il y a quand même un moment où cette politique de stockage s'arrête : quand on ne sait plus où mettre le charbon.

200 millions de tonnes de réserves, pour 100 jours de production, ça fait beaucoup. Surtout que ces 100 jours, doivent certainement être imputés sur une consommation antérieure, celle de 2015, alors qu'en 2016, elle est en chute libre. Dans le contexte actuel, 200 millions de tonnes, cela ferait plutôt 120 jours.

Le problème se situe dans le système de pensée des dirigeants d'entreprise. Ils sont totalement incapables de se projeter dans un avenir, où le marché ne serait pas croissant.

La décroissance du marché de l'énergie, entraine la décroissance tout court, les faillites, et la faillite de la monnaie dette, née au XVII° siècle. Les intérêts, finalement, étaient acquittés, VIA la croissance économique, et avec la décroissance, c'est le stock de dette, qui est ramené, à sa valeur réelle, zéro.

On a pu voir, d'ailleurs, que dans les périodes ou ce stock de dette était arbitrairement réduit, de grandes capacités d'innovations et d'investissements.

Toujours venant des USA, une nouvelle du pétrole. Bien que la production se réduise, les exportations nettes de produits finis ne fléchissent pas, bien au contraire. Il semble que l'on soit sur une progression constante et importante. Donc le ressort économique est bel et bien cassé.

2015 et 2016 se détachent nettement.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 17:52

La politique de gribouille est désormais bien visible. Les collectivités françaises, mises au pain sec, sabrent les investissements, alors que c'était largement prévisible, car toutes les autres dépenses ont une très grande inertie.

L'investissement, quand il est parti, est difficilement arrêtable, mais l'investissement nouveau, lui, est reporté aux calendes grecques.

On nous parle d'une piscine plus mises aux normes. Le prochain stade, ça va être la fermeture et la destruction de la piscine, au plus grand bénéfice de la municipalité, car une piscine, en fonctionnement, est un gouffre.

Tout ce qui était "indispensable" apparaît désormais comme superflu. Le gymnase des gamins, la salle des fêtes, et la piscine. Les déficits des piscines, se comptent des centaines de milliers d'euros.

Tout ce qui faisait une "politique", la dite politique étant de dépenser à tous va.

Bien entendu, on ne remplacera pas des départs en retraite. Mais le PS et le gouvernement augmentent les salaires des fonctionnaires. Et la réduction des effectifs est une politique de long terme, sur dix ans, qui apporte de l'impopularité. Pour des résultats ridicules.

La réduction d'un parc immobilier des collectivités, gourmande de frais de fonctionnement importants, est par contre, très rentable, tout de suite.

La réduction des budgets de Travaux publics est très rentable, tout de suite.

La frénésie de construction de la première décennie du siècle aussi a ses limites. On ne va pas non plus investir et investir encore, alors que subventions et base imposables se réduisent sans cesse.

Les - 10 % d'investissements constatés en 2015 seront plus importants encore. - 20 ou - 30 %. Parce que, simplement, comme je l'ai dit, l'investissement a été décidé bien en amont, et est difficilement reportable. Mais une fois le coup parti terminé, il va y avoir du mal, dans le BTP, dont l'unique activité était des commandes publiques (70 %).

Bientôt, tel dans "Sheriff fais moi peur", vous pourrez rouler (si vous avez toujours une voiture), sur des pistes non goudronnées. Et pour régler le problème "population", laisser le froid et l'eau tuer les surnuméraires. Avec quand même quelques surprises, comme ces épidémies du XIX° siècle, qui, débordant de leur cadre habituel (les pauvres), se mettaient à tuer des floppées de riches, non immunisés par les précédentes.

Les grandes entreprises du BTP doivent être en ce moment, en pleine action de lobbying pour vendre une merde de plus en plus inutile.
Poursuivre une politique de bâtir pour bâtir est absurde. On a vu les effets au Japon et en Chine. Mais réduire les investissements sans réflexion est tout aussi stupide.

Quand à la fusion/regroupement de commune, les effets immédiats sont... une dérive totale des frais, et une course à l'échalote. Les uns et les autres regardent leurs niveaux respectifs d'endettements et d'impositions. Sans aucune jalousie, bien sûr, allais je dire.

Les "investissements" des collectivités locales, ne sont qu'un abus de langage. Un investissement, c'est sensé rapporter, pas abonner une collectivité aux pertes pour les 50 prochaines années. ça, c'est un programme de riches, et les collectivités s'aperçoivent, finalement, qu'elles sont pauvres. Elles devront en tirer les conséquences, et revenir à un mode de gestion antérieur. Les maires n'imposaient que peu, mais il ne fallait rien leur demander.

Exit la société du pétrole et de la facilité. Exit, veaux, vaches, cochons, couvées, piscines, salles des fêtes, rond-points, gymnases, etc. retour à l'essentiel, d'un passé pas si ancien, celui des années 1960, où, miraculeusement, tout ceci n'était qu'à l'état d'échantillons, et dont on se passait très facilement.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:42

De la production de charbon.

Et pas qu'un peu. 30.2 %. 11.3 millions de "short tons" (1 short ton ou tonne courte de 2000 livres = 907 kg), soit, 10 millions de tonnes la semaine. Il n'y a pas si longtemps, la production atteignait (2008) 1063 millions de tonnes. On en serait ici à la moitié.
les mines les plus touchées sont l'ouest, le charbon surtout destiné à l'électricité.

L'impression que donne le secteur, c'est celui d'un évier qui se vide, soudainement.

On peut y voir, le signe d'un effondrement économique certain, avec tous les effets en amont et en aval. Réductions du pib, par réductions quantitative de production, réduction des transports, réductions des commandes, réductions des salaires, réductions des retraites.

Voilà, c'est la total.

Alors, dans ce contexte, voir un "populiste", l'emporter, ce serait chose normale. Surtout que ces faillites ont laissées du sang sur les murs. Chaque charbonnier qui tirait le rideau a laissé une ardoise carabinée.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 17:49

La question du charbon devient épineuse, ardue, socialement et politiquement explosive, au niveau mondial.

Pour la première fois depuis 1750, et hors baisses peu significatives des périodes de guerre, production et consommation de charbon ont baissé l'année dernière.

Cela, d'ailleurs, est très conséquent :

- les pays leaders : Royaume Uni et Turquie, - 16 et - 13 % de consommation,

- USA : - 11 %, à cela s'ajoute que les USA sont un très gros producteur, des états entiers dépendent des mines, que ce soient de charbon, de fer, ou des forages d'hydrocarbures, et que ces crises se rejoignent et se conjuguent,

- les "petites" baisses : Chine, - 6 % (mais sur la moitié de la consommation mondiale), Japon et Canada, - 5 % chacun, , Indonésie, - 2 % (le pays avait surmonté son pic pétrolier en faisant appel à sa production de charbon), et Mexique, - 1 %.
- Les pays "encore en croissance", Inde ( + 3 à + 6 %), et l'Australie, burné au possible en fossile. Mais, même ces pays n'échappent pas, eux aussi, à la crise. Les stocks de charbon des centrales thermiques indiennes, au plus haut, les infrastructures ferroviaires, au plus bas, et totalement engorgées, rendent difficiles une augmentation de la consommation, et l'Australie, c'est très loin, il faut deux tonnes de charbon pour faire une TEP (tonnes équivalents pétrole), et un minéralier ne se charge pas comme un tanker.

Le problème du charbon australien, c'est comme ses compagnies aériennes, c'est loin de tout, et son marché local est étriqué. 77 % de son charbon est exporté, ce qui le laisse à la merci de la demande extérieure, notamment chinoise, peu soucieuse d'encombrer encore ses stocks, dans un contexte d'explosion sociale dans le charbon.

Le sous traitant a toujours eu l'avantage de pouvoir être jeté comme une chaussette. De plus, les financements des projets ne sont pas évidents à trouver, et le cas US prouve que les faillites sont très, très vite arrivées, dans un secteur hier solide.

Cette question du charbon peut sembler anecdotique. Mais le problème est réel. SI les consommations ont évolué, et certains pays ont baissés certaines consommations d'énergie, il faut voir qu'en réalité, mondialement, les strates n'ont fait que se surajouter.

On n'avait jamais autant consommer de bois, même si, localement, les pays développés se sont reboisés, ou certains pays du 1/3 monde, totalement déboisés ont cessé de brûler du bois, faute de combattants, les consommations de charbon, gaz, pétrole et uranium n'avait cessé de progresser.

Bien sûr, on avait "switché", selon les époques entre les uns et les autres. kennedy, en 1960, disait que le charbon US était fini, et que les mineurs seraient reconvertis (ils ne l'ont jamais été), mais l'économie de marché, c'est d'abord, avant tout, et seulement, des histoires d'énergie.

Le fait que le secteur du charbon soit totalement en faillite, "hors de contrôle", au niveau mondial, est une donne nouvelle, importante, incontournable. Bien sûr, certaines crises localisées, comme connues en Europe, avaient ravagées certaines régions. Mais elles étaient localisées, relativement peu importante, et le contexte permettait leur prise en charge...

On ne prend pas en charge un Tsunami.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 01:07

La production d'électricité US via le charbon baisse. On produit là bas, désormais, autant par le charbon que par le gaz, ce qui indique une nette baisse (et une nette hausse du gaz). Et en même temps, est moins étonnant qu'il n'y parait.

En effet, c'est une question d'investissement /désinvestissement qui est en cause. Les centrales thermiques au charbon sont massivement déclassées. Elles sont anciennes, et il ne reste presque plus de centrales fonctionnant aux déchets de pétrole.

Ce sont d'anciennes centrales, des années 1950, 1960 qui sont massivement concernées. Et ce, dans un contexte de baisse de consommation.

Les capacités électriques basées sur le charbon ont été massivement investies entre la fin des années 1960, mais surtout après 1970 et jusqu'en 1990, pour être quasiment abandonnées aux alentours de 2000, et on a eu un bref regain après 2005, tari depuis. Le gaz a été massivement investi après 1990, et surtout dans la décennie 2000.

Donc, logiquement, le charbon US, en pleine crise, va avoir des problèmes de plus en plus aïgus de débouchés.

Pour pouvoir le consommer, il faudrait investir massivement dans le débouché (90 %), qu'est la fabrication d'électricité. Mais en la matière, l'envol de la demande au début de la décennie 2000, puis son effondrement, on durablement, et en maints lieux, dégoûtés des producteurs de l'investissement en la matière, quand cela ne les a pas mis au bord de la faillite.

En même temps, le stockage de l'électricité, qui se profile, déclasserait aussi beaucoup de centrales électriques, tant gaz que charbon, utilisée aux alentours de 50 % du temps.

Surtout, les centrales combinées étaient rares, dans les années 1960 et 1970, pour ne pas dire inexistantes... Ce qui n'est pas le cas des centrales à gaz des années 2000. Et pour ne rien dire de la cogénération, en générale très absente des centrales au charbon.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 00:13

Visiblement, la crise du charbon n'est pas finie aux USA. Les stocks dans les centrales thermiques atteignaient en fin d'année 197 millions de tonnes, de quoi fonctionner pendant plusieurs mois, une centaine de jours, et ils étaient en forte augmentation.

En effet, depuis septembre, une quarantaine de millions de tonnes de stocks ont été ajoutés à ceux existants déjà.

Comme on est passé d'un trafic de 94 000 wagons à 75 000, on peut prédire sans peine que les compagnies de chemin de fer vont prendre le bouillon. En effet, le gros de leur clientèle, c'est le charbon, (40 %), suivi du fer et de l'acier. il n'y a pas si longtemps, c'était 140 000 wagons qui étaient expédiés... Nul étonnement, donc, de voir des lignes fermées, et des gares centenaires, abandonnées.

tout, la tempête parfaite va s'abattre sur ce paradis du plein emploi, jumelé à l'inactivité et aux soupes populaires, sous forme de "food stamps".

Il faudrait leur apprendre, que dans l'orthodoxie néo-libérale, le stock, c'est pô bien, et qu'il faut pas en avoir. Bandes de petzouilles. En effet, des stocks permettent de servir le consommateur final, sans lui asséner derrière les oreilles des prix sanglants.

On voit d'ailleurs, aussi que les exportations déclinent fortement. Si seulement les grenouilles voulaient bien arrêter leurs centrales nucléaires, et commander une petite centaine de millions de tonnes, ou mieux, deux cents, on pourrait même bénéficier de prix avantageux...

Crise localisée ??? Non, en Chine, c'est bien mieux, la plupart des firmes liées au charbon ou à la métallurgie, sont incapables de payer ne serait ce que les intérêts de leurs emprunts. Visiblement, il y en a qui ont pas attendus d'être conduits à l'échafaud, et qui ont préférés y aller tout seuls.

Dans le grand effondrement généralisé, visiblement, il n'y a qu'une seule inconnue, au final. Qui c'est qui s'y colle en premier ? (On peut ploumer, si l'on veut).

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 17:40

Personne, dans le monde, ne connait la signification profonde de la faillite de Peabody et d'Arch Coal, et d'ailleurs, peu de monde connaissent la nouvelle.
Mais si l'on veut faire une prédiction, c'est la fin du calendrier maya qu'il faut évoquer, et dans le sens amérindien, la "fin d'UN monde", et non pas la fin du monde.
Le soleil qui tombe, aigle qui descend (Cuauhtémoczin), est suivi d'un renouvellement des temps.

Entièrement différend. Et d'ailleurs, très meurtrier. La population du Mexique, entre 1500 et 1700, passe de 25 millions à 1.1 million.

La crise des charbonnages européens dans les années 1950 a commencé aussi par une surproduction importante, ayant conduit à des fermetures, des reclassements. A l'époque, la bonne tenue économique, le fait que les charbonnages soient nationalisés, avaient permis d'étaler la crise.
Aujourd'hui, 50 entreprises charbonnières US ont déposées le bilan, Peabody, la première, devrait suivre sous peu, les dettes seront effacées, ainsi que les retraites versées, des mines fermées, la production réduite, et les prix continueront à baisser. En effet, "débarrassés" de bien des charges, ils pourront continuer la guerre des prix, avec simplement quelques concurrents en moins. Le phénomène de dépôts de bilan, est en cascade et finira par entraîner tout le secteur.


Côté chinois, le topo est le même, stocks monstrueux, investissements énormes et infondés, mines fermées. Et une fois qu'une mine est fermé, laissée à l'abandon, elle se dégrade vite et c'est très compliqué de la remettre en fonctionnement. Et très coûteux. D'ailleurs, je me souviens d'un vieux sciences et vie qui parlait de la production -éventuelle- charbonnière française. Il était possible de retrouver un niveau de production des années de gloires, le seul problème était de savoir à quel prix, et si c'était économiquement soutenable.

La réponse était non, le prix espéré rendant toute vente impossible.

En Inde, les stocks atteignent 84 millions de tonnes, que ce soient dans les mines ou dans les centrales thermiques, ce qui a conduit à la fermeture de beaucoup d'entre elles. 84 millions de tonnes, cela correspond, grosso modo à deux mois de consommation. D'ailleurs, l'Inde ne possède pas les infrastructures nécessaires pour augmenter beaucoup les consommations. le charbon est médiocre, et le réseau ferroviaire est ce qu'il est, antédiluvien, surchargé, et incapable d'avaler plus qu'il ne débite déjà.

Le problème du charbon est que 90 % sert à la génération d'électricité et 10 % (le plus rentable) est un charbon sidérurgique. Les deux secteurs sont en crise, et si des réglementations sont incriminés, elles ne sont pas en cause, réellement. En effet la réglementation intervient quand le secteur faiblit. Et de plus, la concurrence du renouvelable est difficilement surmontable.
Les investissements pour l'électricité sont lourds, mais après, le renouvelable, lui, a très peu de frais.

Au contraire des autres moyens de génération de l'électricité, dépendant de plus d'un système économique en crise.

Dans les années 1970, on nous expliquait doctement que le charbon européen, à faible productivité était déclassé par les mines US et australiennes, si mécanisées et mécanisables. C'était vrai. Maintenant, ces firmes mécanisées sont elles mêmes en crise, et une crise mortelle, parce qu'avec leur structure, leur point mort est très haut.

Les mécanismes capitalistes se révèlent très pervers, quand tout un secteur flanche.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 17:00

L'industrie minière est en phase d'agonie. Les unes après les autres, les compagnies US déposent le bilan, ferment les mines les moins intéressantes, et cassent les prix sur le reste. Total, les prix baissent encore plus, et d'autres compagnies déposent à leur tout leur bilan. Bien sûr, sans liquidation judiciaire, le jeu de la concurrence est profondément faussé entre ceux qui ont sauté le pas, et les autres, principalement, aux USA, pour les pensions de retraites.

Le nombre de retraités étant plus important que le nombre d'actifs, il est clair que c'est "une mine", d'économies.

Globalement, l'industrie minière US, traditionnellement très importante, a perdu 227 milliards de USD en 2015, autant qu'elle en avait gagné dans les 8 années précédentes.

Cette médiocrité des résultats explique la médiocrité des résultats de la firme Caterpillar, spécialisé dans ce matériel. De plus, il y a bien longtemps que l'industrie minière avait liquidé sa main d'oeuvre, au profit des machines.

Dans ce monde ravagé, on peut voir l'inexistence réelle de l'économie tertiaire. En réalité, celle-ci dépend réellement d'un soubassement industriel, agricole et minier important. Et si ce n'est ici, c'était ailleurs.

Quand celui-ci montre des signes évidents de stress et de souffrance, le reste ne suit pas. Effectivement, le coût de la main d'oeuvre dans les mines US, avait été switché au profit des machines. Il n'en restait que la production des mines de charbon n'avait jamais baissé. Elle avait augmenté, avec des équipes réduites et très mécanisées.

Le solide consiste surtout à extraire dans un premier lieu, du charbon, dans un deuxième temps, du minerai de fer, et enfin de la bauxite. Ce sont les 3 minerais, significatifs en matière de volumes produits, le reste étant grandement du pipi de chat.

Ces productions souffrent actuellement, même l'aluminium, et la production de bauxite est de l'ordre de 40 fois moindre que celle de charbon, et 10 fois moindre que celle de fer.

Une bonne partie du réseau de transport n'existe que pour ces productions, et leur affaiblissement et/ou leur disparition les fera rentrer en crise, s'ils n'y sont pas déjà. Aux USA, des gares ferroviaires vieilles de 150 ans, sont rayées de la carte, des trains sont stockés en plein désert, et même l'industrie de bois, est touchée. celle-ci misait sur le granulé, destiné au chauffage, mais le marché est plombé. Ceci aggrave aussi la crise des chemins de fer, dont cette industrie était largement utilisatrice.

A cela s'ajoute, bien sûr, la crise pétrolière, et celle, moins connue, du gaz. Et le tableau est complet. En effet, la crise du charbon est une conséquence de la baisse carabinée des prix du gaz, ce qui est loin d'être bon pour la production.
Total : charbon, fer, bauxite, pétrole et gaz voient leurs prix baisser, les investissements se réduire ou mieux, désinvestissement complet. On peut donc voir une crise très profonde, avec un peak minéral qui ne pourra pas se redresser.

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 17:49

L'attentat contre l'ordre établi se poursuit.

Malgré tous les rires forcés de Clinton, il y a une chose d'incontournable, en matière économique. C'est l'effondrement, qui décale complétement toute la classe politique richissime avec la réalité.

Le phénomène que j'avais déjà décrit pour le transport aérien US se produit dans le charbon. Tous les exploitants déposent le bilan, les uns après les autres.
50 compagnies US ont tirés le rideau et se sont mis sous la protection du chapitre 11, ou loi des faillites.
Les prêteurs viennent de perdre leur argent, et les retraités, leurs pensions. Bien entendu, toutes les mines ne fermeront pas, certaines continueront leur activité d'extraction mais la plupart souffriront. Souffriront aussi les compagnies ferroviaires pour qui le charbon US était 40 % de son fret. Logiquement, ce secteur devrait aussi, s'effondrer.

Là aussi, l'exportation, vue comme une panacée, n'a rien apporté de bon, c'est de l'exportation à prix bradés.

Mais cela n'a pas empêché la demande de baisser aussi ailleurs.
On avait dit que le King Coal était mort. En réalité, il vient de mourir dans la décennie 2010. Supplanté par le pétrole, partout où c'était possible, il n'était utilisé que dans la sidérurgie et surtout la production d'électricité. Mais celle-ci elle même décline en Europe, et est victime de concurrence.

si la totalité des producteurs US de charbon n'ont pas fait faillite, il est clair que tous le feront. La distorsion de concurrence que ces faillites entraînent (le failli qui continue son activité a automatiquement moins de frais), entraîneront tous les autres dans la tourmente. Le failli, en effet, peut vendre moins cher...

Peabody a vu son cours de bourse passer de 1300 usd en 2008, à 2.21 usd aujourd'hui. Autant dire que le capitalisme charbonnier n'existe plus.
Il n'existe plus aussi en Chine, en grave crise de surproduction, va fermer un site charbonnier sur deux. En cause, une production poussée à un train d'enfer, qui est arrivé à la surproduction, qui elle même a entraîné un effondrement des prix.

L'ère du charbon, donc, ne se termine pas par manque de charbon. Quand même la concierge est au courant que c'était n'importe quoi, c'est que c'était vraiment, n'importe quoi. La croissance chinoise ??? Pfft !!!

Les Brics étaient un pied dedans, un pied dehors le système. Dans la crise actuelle, ils vont regretter amèrement le pied qui était resté dedans.

Une Clinton élue, un Juppé élue d'extrême justesse, par manque d'information du public sur l'effondrement, n'arriverait qu'à faire une crise de régime d'une incroyable violence.

La crise chinoise n'est pas un atterrissage en douceur, c'est déjà une crise d'une incroyable violence, et fermer la moitié des mines de charbon, cela veut dire aussi, diminuer drastiquement la production.

Je vous laisse donc deviner l'état de l'économie réelle...

Repost 0
Published by Patrick REYMOND - dans Energie
commenter cet article