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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 14:13

conso-electricite.jpgCeux qui croient que je vais parler de l'herbe à fumer qui fait voir des éléphants (roses ou normaux) peuvent sortir.

Non, j'avais consacré, un article il y a quelques années à Miscanthus, et on peut noter, là aussi, une évolution braudelienne.

La vraie mondialisation, est d'abord une mondialisation des plantes, des semences, des espèces, des techniques, et non une jet-set idiote, encore moins une activité mondialisée des banquiers.

 

Comme l'a dit un lecteur, cette espèce est très prometteuse, et très productive. Assez pour se chauffer sans gaspiller, avec des surfaces réduites de plantations. 

Comme l'a rappelé un lecteur des landes, cette forêt est désormais sans objet. Elle fournissait un bois pauvre, dont l'unique débouché était de faire les boiseries des mines.

Comme il n'y a plus de mine, la forêt a perdu grandement son utilité, j'avais déjà constaté le phénomène avec les bois autour de Saint Bonnet le Château.

Les mines ont utilisés l'acier, le béton puis ont cessé d'exister, l'usage a disparu, à part pour une petite consommation locale de bois de chauffage, et encore, comme c'est du pin, ce n'est pas très demandé.

La valeur commerciale est très basse, voire inexistante, les frais d'abattages sont souvent plus importants que la valeur commerciale des parcelles, et les tempêtes, que ce soit en 1982 ou en 1999 se régalent, sans qu'il y ait vraiment de solutions de rechange que de laisser repousser à l'identique...

La différence essentielle étant, qu'il n'y a pas de termites à Saint Bonnet le château, vu l'altitude.

 

En réalité, Miscanthus est encore inadapté à nos sociétés. Il est fait pour une consommation locale, avec de la main d'oeuvre locale. Il concerne donc une société rurale stable, productive et tendant cers l'autosuffisance. En gros, elle n'est pas encore à l'heure.

 

J'ai lu certains articles. Qu'est ce qui rapproche Botton de Jancovici ? Tous deux sont victimes d'un certain syndrome d'incrédulité.

L'un s'estimait humilié de n'avoir pas sa douche quotidienne. J'ai été en stage pendant un an,  il y a 25 ans, il n'y avait presque plus de budget chauffage, et dans la partie habitation, il n'y avait pas plus de 10° à certains moments. Avec trois couvertures on s'en sort très bien, mais ce qui m'a étonné, ce qu'à chaque arrivée de nouveaux stagiaires, il y avait un bredin jusqu'au trognon quelqu'un qui tentait de prendre une douche -froide- avec une pareille température. Mais tout rentrait dans l'ordre très vite. J'ai vu quelques types en tomber malade et finir à l'hôpital, mais je n'ai jamais vu quelqu'un en prendre une deuxième...

Jancovici, c'est différend, lui, dit "on ne peut pas s'en passer, on n'est pas habitué". En réalité, la donne n'est pas ainsi. La donne c'est : on va avoir de moins en moins de pétrole, d'uranium et de gaz à court terme, et de charbon à moyen terme.

ET IL VA FALLOIR FAIRE AVEC, QU'ON LE VEUILLE OU NON...

 

Il est donc temps :

- d'arrêter de gaspiller,

- de penser à la relève.

Retomber à un niveau de 1970, ou même 1960, ce n'est pas retomber à l'âge des cavernes. Une montre mécanique qui durait 25 ans, voire une vie, ne traumatisait personne. Le progrès est inexistant par rapport à une montre à quartz qui dure au maximum 5 ans, et qui coûte les yeux de la tête en piles et en frais d'achats.

 

On nous a conditionné pour que nous gaspillons. Si l'on nous dit que le chauffage électrique ne fait que 15 % de la consommation, c'est faux. C'est le chauffage électrique qui fait les pointes de consommations.

 

En réalité nous vivons dans un monde qui nous a conditionné.

Tout le monde en Europe rigole de l'américain et de sa bagnole qui bouffe 12 litres au cent. Mais il ne voit pas qu'il souffre de la même affection, quand on en arrive au stade de l'électricité.

En plus Jancovici dit une ânerie. Il dit que la consommation d'électricité n'a jamais baissé. Il n'a pas prix la bonne base. Il a pris 1945. S'il avait pris 1920, il aurait vu des baisses.

 

Graphique ; consommation d'électricité depuis 1945...

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 10:23

D'abord, comme les bonnes idées sont souvent pillées, l'internaute qui avait proposé que ce soit des vieux qui aillent faire les liquidateurs a gagné :

- ma considération,

- le regret de n'avoir pas déposé un copyright.

Cette idée a été retrouvée au Japon, et 290 personnes sont volontaires. Elle n'est pas idiote. En effet, mécaniquement, les vieux ont moins d'espérance de vie, moins de possibilité de développer un cancer, et la réplication de leurs cellules est plus lente.

 

Tepco, au bord de la faillite, a du mal à recruter, et les durées de travail ne peuvent être longues.

 

Mais, contrairement à ce que dit Tepco, il n'y a aucune inquiétude à avoir pour les cuves des réacteurs, en effet, celles-ci ont cessé d'exister il y a quelques mois, et le corium est en train de manger les 8 métres de béton de l'enceinte fissurée de confinement.

L'inquiétude, c'est bon quand il y a un risque. Là, il n'y a aucun risque, que des certitudes.

 

Un petit lapin né sans oreilles fait le buzz : c'est la faute à Fukushima. En réalité, les lapins sont souvent mal formés, même sans fukushima.

Vu leur prolificité, et les lois statistiques, ça n'étonne que les citadins, les parisiens et leurs enfants (faciles à reconnaître, en campagne, ils sont capables de regarder passer les vaches..).

 

La réalité, c'est qu'il n'y a pas véritablement de solution à fukushima, et sur les sites nucléaires en général.

La seule solution, la plus économe et la plus logique, c'est d'attendre que la nature reprenne ses droits et attendre, naturellement, la décroissance radioactive. Au bout de 1000 ans, ça devrait être tout à fait acceptable. D'abord parce que déconstruire une centrale, même normale, sera plus facile quand la radioactivité courte (90 %) aura cessé.

Ensuite, que propose finalement le stockage en site profond ? D'attendre. Pour une centrale arrêté, le plus judicieux est de couler du béton jusqu'à plus soif.
Le démantèlement de la centrale de la montagne d'Arrée, montre le caractère ardu, sinon impossible de la chose. 

En réalité, on ne sait faire qu'une seule chose : démolir les bâtiments non contaminés :

"La stratégie d’E.D.F. dans la fin du XXème siècle était de démanteler partiellement les centrales mises en arrêt définitif. Ceci consistait à démonter les installations non nucléaires puis attendre trente ou quarante ans pour que les produits d’activation aient perdu la plus grande partie de leur radioactivité par décroissance radioactive. A l’issue de ce laps de temps, les matériaux sont peu radioactifs et peuvent être facilement déconstruits. "

 

Le nucléaire est finalement mort de sa belle mort, même en France, même si un gouvernement complétement obtus au niveau idéologique le refuse.

Le nucléaire français, à son échelle, n'a pu être justifié que par l'existence du chauffage électrique, lequel consomme en période de pointe des tonnages invraisemblables de combustible fossile.

Il vaut mieux brûler directement du charbon ou du gaz pour avoir de la chaleur - et éventuellement de l'électricité dans le cadre de la cogénération-, que de brûler ceux-ci, pour produire avec un rendement de 30 % de l'électricité, à 25 % avec les pertes. 

Les 1000 heures pendant lesquelles sont appelées à fonctionner les centrales thermiques, peuvent être multiplier, par ce coefficient, par 4.

Il n'y a donc aucun supplément de consommation de combustible fossile à attendre de la fin du nucléaire pour le chauffage.

 

Le gaspillage à tous les niveaux, de l'électricité en particulier et de l'énergie en générale, est loin d'être la marque d'une compétitivité ou d'un avantage.

C'est surtout l'indice d'un gabegie, et on peut voir l'autre indice d'une gabegie dans la construction de stades géants, toujours plus beaux, toujours plus chers, alors que la fréquentation baisse sensiblement...

Et puis, d'une manière générale, les circenses ne sont pas la marque d'une bonne gestion. ce n'est pas un investissement, c'est un gaspillage. 

 

De plus, il faut noter que pour arriver à avoir 30 % des ménages se chauffant à l'électrique en France, il faut notablement minorer leur tarif, et majorer le tarif de l'ensemble de la population.

Ce qui n'empêche pas, le chauffage électrique à effet joule, d'être un gouffre financier.

 

Cette destructuration des prix fait penser à l'Union Soviétique, plus qu'à une économie rationnelle...

Que ce soit désormais pour l'industrie électrique, pour le transport aérien, et bien d'autres choses, le constat est le même. On continue par habitude, non par rationalité.

Une crise est souvent aussi, le retour de la rationalité d'une manière explosive. Toute les activités des branleurs diverses, passent en mode "reset" en même temps...

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 07:38

 

Comment on va faire pour boulotter des haricots ou acheter des fleurs ?

 

En effet, les liaisons aériennes entre l'Europe, le burkina Faso et le Kenya, ça risque d'être chaud, les prochaines années.

Bon, il y a bien la solution de faire bosser les prolos en France même, pour leur faire cultiver le jardin, mais c'est dangereux, ils seraient capables de plus boire leurs allocations, d'arrêter de fumer, voir de s'inscrire à des partis politiques et d'aller voter.

Sans compter les petits malins, qui, émus par le sort de la planète et de Fukushima, se mettraient à planter du cannabis (ça serait pour la bonne cause : décontaminer les zones irradiés, surtout en zone urbaine).

Je pense que certains se découvriraient subitement une fibre civique, qui bien que profondément enfouie et cachée longtemps, se révélerait puissante...

 

La marge affichée par l'IATA est de ... 0.7 %, digne d'un carnet de caisse d'épargne pendant les 30 glorieuses...

De plus, les compagnies de l'IATA ont supprimés les dessertes les moins intéressantes, et se sont concentrées sur les liaisons les plus profitables.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, on peut s'apercevoir que ça frite pas mal dans le monde arabe, le seul marché qui était vraiment porteur dans le monde.

 

Quand à la progression du nombre de voyageurs, c'est sans importance. Cette progression n'a été obtenue que par les compagnies low-costs, ou par la chute des prix dans les compagnies classiques.

Il faut se rendre à l'évidence : la progression n'est pas saine, et quand on fait des affaires, la seule chose qui compte c'est :

1 ) le bénéfice,

2 ) l'endettement. Pour ces deux paramètres, c'est plié pour l'industrie du transport.

 

La prochaine crise sera pire, car il n'y aura plus de gras à tailler. La décennie 2000-2010, risque même d'apparaitre comme "faste".

Il n'y a pas de finalité économique à perdre de l'argent.

Quand aux compagnies low-costs, elles font reposer leur rentabilité sur la taxation des autorités locales qui ont "la chance" de les voir atterrir... Bien entendu, la stupidité des autorités locales est grande, mais pas illimitée...

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 07:40

La sécheresse est là, mais, l'ampleur, on ne la connaît pas (il n'y a pas de référentiel sur plusieurs siècles), et surtout, le milieu "naturel" du XVIII° siècle, qui ne l'était déjà pas, a été profondément modifié, par les habitudes, la technique, le pétrole, etc...

 

Quand César conquiert la Gaule, il n'existe qu'une seule peuplade, sur les 150 , qui pratique la haie-vive.

Les combats y seront difficiles et épiques. Ailleurs, tout est découvert.

En 1750, la totalité du territoire a été "normalisée". La haie-vive est partout, la force motrice des rivières, amplement utilisée nécessite de nombreux réservoirs.
Riquet utilisa ce savoir-faire en matière de réservoirs pour créer
 le canal du midi . Comme la source d'énergie que constituent les rivières a été de manière quasi totale, abandonnée, on a aussi abandonné l'entretien de l'infrastructure, drainé et réutilisé pas mal de réservoirs et de zones d'expansions en lotissements, zones commerciales, artisanales et industrielles.

 

De plus, la culture du maïs, venue de zone tropicale humide, s'est répandue.  Cette culture est restée gourmande en eau. Ce n'est pas du mil.

 

Résumons : destructions des zones tampons : haies, réservoirs diverses + hausse des consommations, agricoles surtout, mais aussi, changement de train de vie de la population : piscines à la pelle, douche quotidienne, etc...

 

On a donc, tous les ingrédients d'une crise CREE et non pas naturelle. Le maïs est, de plus, très subventionné.

La carte du manque d'eau est, chaque année, étroitement corrélée à celle du maïs.

En plus, les zones agricoles industrialisées sont de grandes parcelles, adaptées aux moissonneuses batteuses, et à rien d'autre.

Ce sont, en fait, des déserts, ou rien ne survit, contrairement au vrai désert. C'est toujours marrant de voir un péquin condamné parce qu'il a tué une vipère, alors que c'est la loi sur le remembrement (1919), qui détruit son habitat.

Il est aussi cocasse de voir les abeilles se porter beaucoup mieux dans les grandes villes, que dans les campagnes, où elles n'ont plus rien à boulotter, et où elles sont victimes de cochonneries diverses.

 

On va donc vivre l'évolution inverse désormais. Fidèles à leurs habitudes, les agriculteurs tendent la sébile. Ils devraient se retrousser les manches et creuser leurs retenues collinaires, celles que leur père avait supprimé (elle était inutile), patience, et bientôt, on replantera les haies (on trouve ça génial en Afrique, notamment au Burkina Faso)...

On aura donc, acquis à grands frais, beaucoup de repentir...

Mais, bien entendu, entre temps, au titre de la solidarité, on aura droit à un impôt sécheresse et à une augmentation des taxes...

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 12:40

Allez, un article qui vaut le coup d'oeil.

Je résume :les morts, c'est pas grave.

Ils ont plus besoin d 'aide.

Mais les pôvres agriculteurs bio.

Au fin fond de l'Espagne, avec leurs serres...

 

On aura tout compris : il n'y a rien de "bio" à produire à pétaouchnok dans un complexe industriel, voituré à grand coup de pétrole.

le vrai bio, ça veut dire que toute la filière a réduit considérablement les intrants, que ce soit en aval ou en amont.

Le vrai bio, c'est le marché au sens premier ; le marché d'à côté...

 

Quand aux victimes, c'était du bétail de consommateur. les coupables d'homicides involontaires seront donc récompensés par des aides, mais l'indemnisation des victimes, c'est une vue de l'esprit...

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:36

L'Allemagne va se passer du nuke, et les français (enfin, EDF, AREVA et le gouvernement) font -provisoirement-les barbeaux avec le jus qu'ils leur vendent.
Mais le plus marrant, ce sera cette hiver.

Là, la consommation française d'électricité, chauffage oblige, va flamber, et comme d'hab, on importera du jus allemand.
Ah non ??? Ah ouai, il leur manque -seulement- 8 centrales nucléaires. De quoi réduire leurs exportations à zéro, dans un monde de mieux en mieux interconnecté.

 

Bon, visiblement, la mondialisation, c'est le bordel. Les problèmes ne sont plus cantonnés. D'ailleurs, on a un spécimen splendide avec l'épidémie -allemande- de chiasse espagnole.

Mais, contrairement aux cris d'orfraies, ce n'est pas un séisme. 8 centrales, seulement, sont arrêtées, il y en a 17.

 

Et puis, même en comptant uniquement sur l'hydraulique, l'Allemagne retomberait au niveau 1960. C'est à dire, concrètement, pas à l'âge des tavernes, pardon, un réflexe, cavernes.

Quand au passage à autre chose, ça va coûter cher, dit-on. Mais tout coûte cher, et ça coûte beaucoup moins cher quand on n'engraisse pas le cochon de banquier, en lui payant des intérêts qu'on n'aurait pas du payer...

 

Et puis surtout, on va s'entraîner à FAIRE DES ECONOMIES. Il était intéressant, d'ailleurs, de voir Botton plaindre le "pôvre prisonnier", ne pouvant pas prendre sa douche quotidienne, et devant se contenter de 3 par semaine.

Monsieur Botton, heureusement pour la planète, qu'à l'heure actuelle, les 7 milliards d'habitants ne prennent pas leurs 3 douches par semaine...

Ou alors, dans certains pays, ce sera une douche avec un dé à coudre d'eau... Il n'y a pas assez d'eau, ni d'énergie sur terre, pour un tel luxe...

 

"C'est une famille où tout le monde était pauvre : le père, la mère, les enfants, la bonne, le maître d'hôtel, le chauffeur étaient pauvres..."

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:46

Par la sortie du nucléaire ??? Les suisses ont fait le calcul, et pour les sous, on peut leur faire confiance, et ils ont calculés que la sortie du nucléaire leur coûterait ... 5 FS par ménage et par an...

 

Les allemands confirment aussi leur sortie progressive (ils ne redémarreront pas les centrales arrêtés), ce qu'Anne Lauvergeon, décidément, de plus en plus blonde, décroît.

La solution suivie pour sortir est aussi très simple ; elle reposera sur des réductions de consommation, vous savez, cette hérésie impensable autant qu'impossible.

 

33 anciens officiers du pentagone lancent aussi un appel aux énergies renouvelable.

33 clients du pinte-à-gône m'ont dit aussi leur soutien. De toute façon, pour eux, pourvu qu'il y ait du pinard...

En plus, foulé aux pieds, ça donne bon goût, contrairement au foulage mécanique, consommateur de jus... (et je ne donnerais pas le truc indiqué dans "la vie de Bryan", pour rehausser encore le goût).

 

C'est une hypothèse vraisemblable, qui demandera beaucoup d'investissements, et visiblement, leur montant implique un jubilé de plus en plus urgent, vraisemblable, incontournable.

De plus en plus de gens, d'ailleurs, le réclame, et notamment, le droit des états à se financer à 0 %, jusqu'à plus soif.

 

La rupture technologique est révolutionnaire.

Comme à toutes les époques, Braudel l'a indiqué, les élites riches sont conservatrices.

Elles ont complétement pris le contrôle de la société, et toute ouverture technique menace leur pouvoir, leur héritage, en le dévaluant.

Voilà l'explication profonde de la résistance au changement des élites. La maison passive, c'est bien, mais elle échappe totalement ou grandement aux dîmes que représentent les consommations de fluides.

Pourtant, régulièrement, les changements bouleversent les sociétés et les hiérarchies sociales.

Dans les années 1980, P. Messmer (et plusieurs autres), premier ministre lors de la loi du 3 janvier 1973, avait déposé une proposition de loi, aux termes duquel l'état aurait pu financer les investissements à 0%.

 

Refuser quelque chose "pour motif budgétaire", n'est que l'appelation polie du "je ne veux pas le faire..." ou du "je vais vous le mettre" (cas de la "réforme" des retraites).

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 07:59

Ce qui me pousse à écrire cet article, c'est la perte de la mémoire collective.

J'ai constaté, à plusieurs reprises, que certains avaient complètement perdu la mémoire de ce petit accident de l'histoire, connu sous le nom de deuxième guerre mondiale, et qui nous offre les paramètres de la crise énergétique en préparation.

 

Un pic pétrolier ou pic de toute production, suivra le schéma observé par la nourriture en 2008. Les pays exportateurs réduisent l'approvisionnement du marché mondial.

Le prix de la nourriture avait donc légèrement augmenté chez ceux qui avaient suspendu leurs exportations, et explosé chez les importateurs.

Mais chez les autres, on s'en fout.

 

Les pays pétroliers cessent toute exportation pour approvisionner leur marché intérieur quand la production ne suffit plus.

Quand la production baisse, c'est pareil.

 

Aucun gouvernement ne prendra le risque d'être face à sa population.

 

Pour l'effondrement de l'URSS, c'est pareil. La production pétrolière et généralement minière décroissait fortement. Seule la reprise en main poutinienne a permis une reconquête des niveaux de productions précédents. 

On imagine l'état du monde actuel avec une Russie disloquée, produisant, non pas 9 millions de barils jours, mais 3. Et n'en exportant aucun...

 

La guerre et l'occupation, en 1940, a atteint un pays à l'économie déjà sophistiquée, même si ce n'était pas le même degré qu'aujourd'hui.

La France de 1939, a déjà un parc automobiles important :

- 2 070 000 véhicules,

- 1 500 000 voitures particulières,

-  20 000 cars,

- 205 000 camionnettes,

- 245 000 camions.

Les chiffres sont imprécis. ils sont variables selon les sources, mais on peut donner une appréciation raisonnable en pariant sur 2 à 3 millions de véhicules, consommant 3 millions de tonnes de pétrole (d'autres disent 7.5 millions de tonnes).

 

Hors, la production locale se monte à 50 000 tonnes, et les stocks disponibles à 200 000. A 3, comme à 7.5 millions de tonnes, c'est la même chose : le grand écart...


 

Conclusion : sans approvisionnement extérieur, dépendant du moyen orient, des anglais et plus généralement, des anglos saxons, ces véhicules vont prendre deux directions : le hangar ou le front de l'est.

Les allemands achétent beaucoup, et la plupart des véhicules français construits pour un réseau routier carrossable en bon état ne passeront l'été 1941.

Certaines divisions (Gotz Von Berlichingen), s'équipent totalement en véhicules français, mais montent au front à pied : même les allemands n'ont pas de jus à y mettre.

Quelques dizaines de milliers de véhicules seront équipés d'un gazogène.

Pour les autres, on peut dire que l'inactivité forcée les faits périr. 4 ans sans rouler, pour des véhicules de l'époque, c'est beaucoup.
De plus, la production nouvelle est militaire et accaparée par les allemands, c'est donc un stock qui se vide. Dans les faits, il ne reste pratiquement rien en 1944.

 

Le charbon, prédominant à l'époque, n'est pas d'un grand secours. La France importe beaucoup de charbon britannique, qui lui aussi, n'arrive plus et à perdu ses gisements lorrains, annexés par l'Allemagne. Si la production n'est pas trop réquisitionné, il manque quand même, une trentaine de millions de tonnes de charbon au pays. En 1937, la France produit 47 millions de tonnes de houille et en consomme 77. L'année suivante, les importations se chiffrent à 22 millions de tonnes.

 

Moralité, les besoins "annexes" sont sacrifiés. La production d'électricité (surtout thermique à l'époque), est aléatoire et dépend des disponibilités, le chauffage est un souvenir (considéré comme du confort et non vital).

C'est à cette époque que se décide la construction du parc hydroélectrique, les constructions antérieures sont assez rares. Elle commence, timidement sous l'occupation.

Logiquement, on a mis les centrales thermiques près des lieux de consommation, dans les villes.

 

Donc, pour résumer, l'économie française doit faire face à un triple choc :

- les réquisitions allemandes ;

- la désorganisation des transports et le blocus allié ;

- la pénurie de main d'œuvre et de sources d'énergie (charbon, électricité

 

 

Ce choc est aggravé par la signature de l'armistice et la ligne de démarcation. Les militaires qui ont signé à Rethondes, ont totalement dédaigné les relations économiques entre zone nord et sud, pourtant indispensable à une économie nationale totalement intégrée.

La production céréalière et charbonnière est indispensable à la zone sud, fort pauvre à ces deux égards.

Ce fait sera amplement reproché par P. Laval aux militaires, et expliquera une bonne partie de la politique de collaboration.

Jusqu'en 1942, le blocus n'est pas total, et les liens avec l'Afrique du nord permettent un certain approvisionnement du sud.

 

Il n'y a rien de dû, ou d'automatique. Le prix du carburant est mondialisé, et la pénurie quasi constante en Afrique, pourtant productrice : les gouvernements et compagnies préfèrent exporter, ouvrant la place a un marché noir important. Et aux guerres civiles.

 

A l'image de la crise agricole de 2008, l'évolution peut se révélée fulgurante. Qui aurait cru que l'économie "moderne" connaîtrait une crise frumentaire ? Aggravée par le prix de l'énergie et la spéculation ?

 

Donc, dans un avenir pas si lointain, il est loin d'être exclu que les conditions de vie change du tout au tout. Si les soviétiques n'ont pas vu, lors de l'effondrement de l'URSS, trop changé leurs conditions de vie, c'est qu'ils avaient DEJA, selon D. Orlov, une "haute préparation à l'effondrement".

Les occidentaux, avachis dans un confort énergétique "obligatoire" et "dû", n'auront sans doute pas la même préparation, même si certains n'ont visiblement pas, symétriquement, oublié des temps pas si anciens.

Souffriront beaucoup, les gens, pour lesquels une douche chaude le matin est "indispensable". Parce que, pour eux, il n'y a pas que la douche d'indispensable, il y a aussi beaucoup d'autres luxes, transformés dans leurs visions en "nécessités".

 

Pour eux, j'ai une petite histoire.

Henri-hubert-donatien, domicilié dans le XVI doit écrire une rédaction avec pour sujet "la pauvreté".
Il commence ainsi :

"C'est une famille où tout le monde était pauvre. Le père de famille était pauvre, la mère de famille, les enfants aussi. La femme de chambre, le majordome et le chauffeur étaient pauvres aussi..."

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 10:57

Mon pôv vieux, tu bouffes plus, et ta bagnole, il y a bel lurette qu'elle est au clou, le voyage en occupation.jpgavion n'existera plus, celui en bateau risque d'être rare, même le chemin de fer est inabordable, et tu te déplaces à patte.

D'ailleurs, tu n'iras pas loin : ton jardin est à côté, ton boulot à disparu, et tes sujets de conversations, ce sont tes salades, tes poulets et tes lapins.

De toute façon, t'irais où ? Le prizunic a disparu.

L'informatique, il y a aussi des chances que tu l'ai deux heures par jour. Pour les vacances, c'est comme dans l'ancien temps, l'hiver. Tu couperas un peu de bois (ça réchaufferas dans ta bicoque à 6°), et tu traieras la vache (installée dans le salon, elle tient chaud la salope).

Et puis, à 6 dans 25 M2, c'est pas si inconfortable ; on se tient chaud.

 

Le peri-urbain ne sera pas si péri que ça. En réalité, la densité de population s'unifie.

à 200 euros le plein, le parisien se raréfie. Il se souvient qu'il est pas de là.

parisiens_sous_occupation2.jpgLa moitié du parc immobilier a disparu, le proprio en faillite est retourné chez maman. Les charpentes auront servi au voisin. Ils auront aussi récupérer tout ce qu'il était possible, à commencer par le cuivre, dont on fait des lingots, et qui sert de monnaie.

Le hold-up a disparu. Braquer 50 kilos de cuivre sans bagnole, c'est dur.

La nature reprend ses droits, une maison sans toit est vite bouffée par la végétation. La population se concentre aux endroits viables.

 

la location et tutti-quanti, de tout véhicule, c'est une vue de l'esprit. Le million de véhicule qui reste en France, c'est pour les services essentiels et la gendarmerie.

Comme on voit, les grandes avenues sont désormais trop grande.


Le gros richard, c'est celui, qui, aujourd'hui aura acheté une charrette à bras. Le moyen de transporter du pondéreux à quelque distance.

 

En réalité, cette période, nous l'avons déjà vécu, ça s'appelait l'occupation. Mais la raréfaction énergétique de l'époque était transitoire. Comme le disait le général Beauffre, le quotidien était affreux. Enfin, il était affreux pour ceux qui avaient déjà des conditions d'existences bonnes.

Pas de chauffage, peu d'électricité, tickets de rationnements, queues.

 

Voilà, ce qui se passera : le ticket de rationnement. Le quotidien des français sous l'occupation, c'est pas ce que nous font voir les cinéastes de la classe dirigeante actuelle, des poufs en chapeaux, se demandant s'il fallait collaborer ou résister.

Des grands pères menant leurs petits enfants à l'école en voiture...

 1 % résiste, 1 % collabore, et entre les deux, 98 % pensent à survivre. L'impopularité du régime et de l'occupant découle directement de ces conditions de vie.

 

Le tiers d'agriculteurs, par contre, se tire très bien de la période. Je vais raconter une anecdote personnelle.

En 1975, avec un copain j'aidais une vieille dame à débarrasser un bric-à-brac épouvantable, dans une vieille ferme. 

A un moment, caricatural, on trouve une lessiveuse, et tous les deux on crie en rigolant à la vieille dame "on vient de trouver le magot".

En l'ouvrant, on trouva réellement un magot, j'ai jamais vu autant de billets.

Des billets circulant sous l'occupation que le père et la mère de la vieille dame n'avaient pas osé changé lors de leur démonétisation, ils n'avaient pas osé les détruire non plus.

Et pour cause, c'était pour connaître les profiteurs de guerre...

 

La population rurale n'avait pas vu de grands changements. ils n'avaient pas les chiottes, pas l'eau, l'électricité se limitait à quelques loupiottes, et avec l'argent du marché noir, ils avaient pu massivement acheté les quelques biens de consommation restant.

 

On m'a raconté une anecdote de l'époque. Un mariage eu lieu, à Saint Etienne, et comme tout le monde, pour faire le cadeau de mariage on va, à l'époque, aux "Nouvelles galeries".

Comme il ne restait pas grand chose à offrir, un couple vit 12 services à porto dans la corbeille. C'était tout ce qui restait, sauf le porto.

 

Le déplacement d'une manière générale, se fait à pied. La France se traverse vite, finalement, et pour ce qui reste, là aussi, je vais citer l'occupation. Le Puy/Nimes en 1943, c'est 2 à 3 jours de train.140 km, il vaudra mieux prendre le vélo, ça sera plus rapide.

Dans un sens, ça sera compliqué (putain de Cévennes, putain de massif central), mais dans l'autre, ça s'améliorera...

Pour ce qui est du flux tendu et du juste à temps, ça risque d'être compliqué. Mais pour le quotidien ça sera plutôt comme ça :

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 08:13

l'Islande, je l'ai toujours dit, pourra rebondir aisément. En effet, au niveau de l'énergie, notamment électrique, elle est considérablement bien burnée.

100 % de son électricité est renouvelable (80 % hydroélectrique, 20 % géothermique).

 

Le renouvelable représente 70 % du bouquet énergétique, et l'évolution est presque achevée dans certains domaines.

Seul 1% de la population utilise un fossile pour le chauffage, et 10 % l'électricité.

 

Si la consommation électrique (38 TWH pour 307 000 habitants, contre 453 et 63 millions en France) est gigantesque, c'est qu'elle a attiré l'industrie de l'aluminium, grosse consommatrice.

Le potentiel, lui, est loin d'être entièrement exploité...

 

Cela n'empêche pas une utilisation rationnelle de la ressource : "C'est pourquoi, les pouvoirs publics veillent à ce que la production et l'utilisation des énergies soient le plus rationnelles possibles. ", contrairement à la France, qui enferré dans son nucléaire, la gaspille dans un chauffage électrique gourmand, cher et inutile.

 

Pire que ça, le parc immobilier français (la moitié de la consommation énergétique), est globalement à chier.

80 % des logements français sont classés de D à F, et 10 % à G.

Bien sûr, le DPE est loin d'être parfait, il est très critiquable, mais donne une impression d'ensemble juste.

Pendant ce temps là, on "investit" dans le renouvelable, sans poser le bon problème de départ : la bonne énergie est celle qu'on ne dépense pas (ça me fait penser à DSK).

 

Moralité : l'Islande a confié le pouvoir à des incompétents, des parasites et des inutiles : les banquiers amateurs, férus et friand de "société post-industrielle", alors que la clef de l'avenir, et de l'économie, c'est de produire quelque chose.

 

En matière industrielle, l'avantage comparatif islandais est indéniable. Il ne reste plus qu'à continuer dans la même voie. Mais c'est incommode, lent, et à 1 % de bénéfice annuel.

 

Pour la France, elle devra, tôt ou tard, aller dans la même voie. Réhabiliter toutes ses ressources naturelles inexploitées, et contrairement à ce que l'on dit, c'est considérable, réduire ses consommations, là, ce sera forcé ou volontaire. On peut envisager deux voies. Soit la réduction drastique du parc immobilier (ce qui se passe en Irlande, aux USA, en Espagne), soit l'investissement.

Pour l'heure, les habitants "sans énergie" suite aux accidents sont marrants. Cette mère de famille qui ne pouvait vivre sans gaz, car il ne pouvait pas y avoir la douche quotidienne.

Nos ancêtres -pas si vieux, il y a à peine 60 à 70 ans- ne se douchaient pas, et dormaient en mettant les vêtements sous la couette, et s'habillaient dans le lit l'hiver, et pour la toilette, c'était une toilette de chat.

Pour trois bonnes raisons : l'eau c'était rare, et l'eau chaude, encore plus rare, et se doucher avec 5 ou 6 ° dans la maison, c'est plus que de l'héroïsme, c'est de la stupidité, allié à une affection psychiatrique.

 

Mais le bilan est là : ce qui semble "naturel" et "obligatoire" à une génération, n'est que le résultat d'un dressage, certes subtile, mais d'un dressage quand même.

 

En attendant, pour avoir chaud l'hiver, il faudra bientôt habiter en Islande...

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