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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 19:52
Ryanair, vous savez, la compagnie low-cost qui va si bien, soi-disant, abandonne aux  Iles canaries, ses passagers. Devant la tempête, il se pose à Fuerteventura, au lieu de Lanzarote, avant de redécoller pour Lanzarote une fois la tempête passée.
Problème, il a laissé les passagers sur place, qui ont du se débrouiller pour arriver à Lanzarote.

Le prix du gaz devrait augmenter au 1°avril, de 9 %, au prétexte de la flambée du pétrole. Il est à signaler, que depuis un an, les deux évoluent de manière indépendante, le gaz s'effondrant.
Là aussi, c'est de la rente pure, renforcer les résultats de la société par pression sur la clientèle captive.
Bien entendu, GDF suez ne se pose pas du tout la question de savoir si la clientèle reste solvable, et surtout, ne se pose pas la question de savoir si elle est en train de jouer au con.
En effet, on augmente jusqu'au jour où la désolvabilisation entraine l'effondrement du marché.

Total qui trouvait sa raffinerie de Dunkerque, "non rentable", n'est plus en mesure d'approvisionner le marché. En réalité, toutes les ventes internes à un groupe ne sont que des artifices comptables, parfaitements arbitraires.
Total est dans l'incapacité de dire où elle gagne de l'argent. Une chose est sûre, le client final n'achète que des produits raffinés.
Les groupes pétroliers n'afficheraient pas de tels résultats si les raffineries étaient déficitaires. Elles sont un maillon essentielle, et seules des conventions comptables peuvent les mettre dans le rouge.


La lutte des classes fait rage dans le secteur énergétique.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 20:36
Pour le moment, le pic Oil a eu lieu à l'été 2008.
La vulgate nous dit que plus le prix augmente, plus les ressources augmentent. Le seul problème, c'est que la demande, connaît aussi son pic.
A l'origine, produire 100 barils de pétrole coûtait 1 baril de pétrole.
Pour les schistes bitumineux et les sables, on serait plutôt dans l'ordre de 33 à 50 barils consommés pour 100 produits.
Le coût final pour l'utilisateur ne peut donc qu'être plus élevé. Mais dans ces temps de disette économique, l'utilité de la consommation est remise en question.
En effet, on consomme en France l'équivalent de 280 millions de TEP (tonnes équivalent pétrole), et on dit que le renouvelable ne peut qu'assumer le quart de ce montant là.

En mettant donc le renouvelable au taquet, on est donc à 70 millions de TEP.
Trois remarques :
- c'est peu, mais ce n'est pas le moyen-âge,
- pour que ce soit pénalisant, il faudrait que les 210 autres millions soient judicieusement dépensés,
- ce n'est pas le cas. 

Qu'est ce que le grenelle de l'environnement pour le bâtiment ?
C'est isoler à mort, avec une source très faible de calories.
Donc, on s'aperçoit déjà que la moitié de la consommation d'énergie, c'est de la confiture aux cochons, leg d'une période où le chauffage était moins cher que l'isolation.
En 1971, le litre de fioul valait 10 centimes (de franc).

Après une cure de crétinisme appuyée (suppression de la politique d'économie d'énergie en 1986, an 0 de JC), on s'aperçoit qu'on vit dans un environnement de taudis énergétiques généralisés, courants, normaux.
Pour les gens âgés, depuis 60 ans, c'est ainsi et dépenser une fortune en chauffage, dans l'ordre des choses.
Je me rappelle d'ailleurs la période où les locataires HLM allaient se plaindre de devoir garder les fenêtres ouvertes en hiver. On leur répondait "et les personnes âgées ?". En réalité, celle-ci avaient bon dos, et si le chauffage à 25 était la norme, c'est qu'il n'y avait pas de régulations. Celles-ci coûtaient "trop cher", et c'était plus simple de surchauffer.

Un thermostat, à l'heure actuelle, ça ne coûte rien, enfin, pas grand chose, pour un résultat monstrueusement économe.
Mais que personne ne s'y méprenne, il y a beaucoup de gens qui ne savent même pas que ça existe.
Là aussi, des résultats spectaculaires peuvent être obtenu : la dépense de 150 euros permet d'économiser 40 ou 50 % de l'énergie consommée.
La gabegie longtemps prolongée permet des économies considérables.

Pour le transport l'équation est beaucoup plus simple, on naviguera entre suppressions pures et simples d'activités (comme le prouve la crise du transport aérien et la chute du Dry Baltic index), et la frugalité assumée, notamment par les primes écolomolo et à la casse.
Comme nos gouvernants ne voient absolument pas les conséquences de leurs actes, ils sont incapables d'imaginer, par exemple, la chute de la TIPP induite par le renouvellement du parc automobile.bdi.gif

Pour l'industrie, la question de l'économie des facteurs de production s'est toujours posée. La seule question provisoirement en suspens, c'est la mondialisation. Celle-ci n'est possible qu'avec des transports bon marchés, mais l'avenir prévisible, est pour les transports, imprévisible.
Pourquoi ? Parce que nous sommes entrés dans l'ére des "stops and go" à répétition. La montée du prix de l'énergie implique une descente des quantités consommées, et quand les prix reviennent à plus de raison, les quantités recommencent à augmenter, impliquant à nouveau, une hausse des cours.

Le pli, pour le particulier, sera vite pris, et pour beaucoup d'industries aussi. Devant l'imprévisibilité des prix, la meilleure chose sera de consommer le moins possible.
Les autres industries, mourront de leur belle mort...
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 21:39
quetzalcoatl-human.jpgLe gisement géant qui fut un le deuxième au monde avec une production de 2 200 000 barils jour en 2004, n'en a produit que 528 000 en décembre 2009.
En janvier, la production était encore de 745 000 barils/jour. On voit que le taux de déplétion est d'une force exceptionnelle : - 30 %.
Le second gisement mexicain, Ku Maloob Zaap, lui, progresse encore, mais avec une situation contrastée. Si globalement, la production augmente en 2009, passant de 787 000 barils jour à 836 000, sa composante Ku a commencé un déclin profond, de 379 000 à 331 000.

D'ailleurs, la vision globale de la production mexicaine donne de précieuses indications. Pour ralentir la chute, les mexicains, imitant leurs voisins yankee, forent de plus en plus, des gisements de plus en plus petits.
En effet, ceux qui augmente le plus sont les "otros", les gisements si petits qu'ils ne figurent même pas pour leur production propre.

Le voisin US a foré les 2/3 des puits existants dans le monde en 2007 (500 000 pour 750 000), ce qui ne l'empêche pas de ne produire plus que 10 % de la production mondiale.
A titre de comparaison, pour la même production en 2007, l'Arabie saoudite comptait un peu plus de 600 puits (3000 maintenant).

On comprend aussi le coût que cela représente pour ralentir, un peu, la chute de production. En effet, tous les puits forés ne rendent pas, et on aboutit à un taux d'échec de 90 %.
Une composante du pic oil est aussi le coût. En effet, le prix de vente bute sur la désolvabilisation de l'acheteur, et pendant ce temps, le coût de l'extraction flambe.

Le pic oil risque donc de passer inaperçu au milieu de la crise économique et de stop and go à répétition. Mais on voit la puissance de la politique d'étalement du pic pétrolier dans la consommation des pays de l'OCDE. En effet, la baisse de consommation si elle est causée en partie par la crise, est aussi causée, avant tout, par une politique de modernisation profonde.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 18:01
france-chemin-de-fer.pngLa région parisienne souffre d'hypertrophie. En réalité, l'article du "Point" -Les transports en commun pèsent fortement sur le moral des salariés -, ne met pas les points sur les "I".

En effet, un organisme d'une trop grande complexité devient simplement ingérable, et les investissements en transports en communs ont permis l'entassement, et donc à la ville d'être encore plus ingérable.
Comme les transports individuels créent des problèmes encore pire, il faut se rendre à l'évidence.
On a franchi le fil rouge.

Vouloir développer à tout prix la capitale, comme on le fit sous Napoléon III, qui décida de ne pas faire de gare centrale, histoire d'emm...ieler le monde, aux subventions SNCF et RATP, tout concourent à rendre la vie simplement impossible aux habitants de ces lieux.

On parle du travail ? Mais est ce que cela se limite au travail ? Certainement pas. Et en dehors du travail ? Le parisien (au sens large), n'est il pas condamné à passer sa vie dans les transports en commun simplement à cause de la taille de la ville, et ce, pour toutes les banalités de la vie quotidienne ?

On oppose souvent transport en commun et transport individuel. L'un serait vertueux, l'autre pas. Moi, je n'ai pas le choix. Il n'y a pas de transports en communs chez moi. Pourtant, je suis à 5 kilomètres et à 5 minutes de toutes les commodités.

Le parisien à combien est il de son travail ? la dépense énergétique est phénomènale, une vraie blessure mentale et économique.
A l'heure où l'on parle de compétitivité, il serait temps d'aborder ce volet de la non compétitivité des grandes villes.

Le taux de possession des automobiles baisse au Japon. Le développement de l'automobile dans les grandes mégalopoles chinoises est moins intense que prévu. Là aussi, pas moyen -déjà- de circuler, et l'étalement des villes fait l'invivabilité des transports en commun.

C'est donc le schéma de développement qui défaille. Les villes sont devenues difficilement gérables à l'heure actuelle, et leur chute pourrait être rapide.
Je pense particulièrement au "Kriegspiel" que fut le tremblement de terre de Port-au-prince, et à la fuite de la population qui s'en suivie.
Elle a déguerpie en vitesse, non à cause de la catastrophe, mais à cause de la rupture de l'approvisionnement.
Comme avec les délices de l'économie mondialisée, on dépend de l'autre bout du monde et non de la campagne environnante, on a aussi tendance à laisser s'urbaniser les terres agricoles, devenues inutiles, pendant que le renouvellement urbain ne se fait plus.
On construit en périphérie, c'est toujours plus facile, que d'exproprier, détruire et reconstruire dans le centre.

A tel point que dans beaucoup d'endroits, on a atteint le stade de la ville à la campagne. Les centres sont désertés, les périphéries construites, les transports engorgés aux heures de pointes.

Le laisser faire, le laisser aller et la croyance débile en l'auto-régulation conduit, naturellement, comme prévu et comme d'habitude, à la catastrophe.


"80 % de ce qui a été construit en Amérique du Nord l’a été dans les 50 dernières années. Et c’est en majorité démoralisant, brutal, laid, malsain et spirituellement avilissant. Quel est la destinée de la banlieue ? Nous entrons dans une ère de rareté de l’énergie, qui ne nous permettra pas de continuer à vivre de cette façon.  "

Le transport en commun, faut il le répéter, n'est pas la solution pour les villes et notamment la plus grande d'entre elle, la région parisienne. C'est une nuisance de plus, un fardeau.
Le transport souffre aussi d'une tare supplémentaire. Passé le stade de l'investissement initial, où il n'était nécessaire à personne, il vieillit et n'est guère modernisable après. En effet, dans bien des cas, le moderniser veut dire interrompre des lignes vitales que rien ne peut remplacer.
Le constat se pose encore plus clairement aux USA : "La rupture de canalisation, rues engorgées, l'effritement des barrages et des digues, et des vols retardés qui viennent de défaut d'infrastructure ont un impact négatif sur le carnet de chèques et sur la qualité de vie de chacun et de tous les Américains. "

En RP, donc, les "usagers" souffrent. Ils n'ont pas fini de souffrir, et vont souffrir de plus en plus. Ce qu'ailleurs on appelle "qualité de vie" et qui n'est en réalité qu'une meilleure réponse économique à des problèmes posés, "prive", d'ailleurs, de tous les débouchés et PIB que sont la gestion des disfonctionnements.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 08:50
drapeau-ukraine.png2004 est tourné, visiblement Ianoukovitch a gagné contre Timochenko. Sans doute avait il déjà gagné la première fois, les DEUX camps n'étant pas exempts de bourrage d'urne.
"
il estime que des électeurs ont voté plusieurs fois ou ont été achetés "(le directeur de campagne de Timochenko en sait quelque chose, il a fait exactement pareil).

Ioula Timochenko a menacé d'une "révolution orange bis" pour atteindre -ou plutôt rester- au pouvoir. Mais le ressort est visiblement un peu cassé.
Les USA de 2010 ne sont pas ceux de 2004. Il leur sera beaucoup plus délicat de se frotter à la Russie, et ce genre de manoeuvre ne fonctionne qu'une fois.
En effet, il est difficile d'utiliser l'effet de surprise deux fois de suite, et sans doute le camp Ianoukovitch a t'il prévu ce genre de possibilité.

Cette fois, donc, la mayonnaise risque d'être plus aigre.
Les médias occidentaux sont, cette fois, très réticents à prendre parti. La dernière fois, pour eux, il n'y avait aucun doute, Ianoukovitch était battu et tricheur.

Pourtant, ils devraient être contents.
Explications.
Comme ils sont tous pro-union européenne, ils devraient comprendre qu'il n'est pas simple de dénouer les liens économiques, ethniques et humains entre Russie et Ukraine.
En Asie, d'ailleurs, les Ukrainiens étaient les agents de la russification.
L'Ukraine n'a d'ailleurs jamais pu s'affranchir de ses liens avec la Russie, et notamment de sa dépendance au gaz russe, dépendance à la fois physique et économique. Pendant longtemps, la Russie lui a vendu ce gaz comme à son marché intérieur, comme au bon temps de l'URSS.

Ioutchenko voulait plaire aux américains -et donc déplaire aux russes-, sans renoncer à cette rente gazière.
Il a fini complètement elstinisé.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 16:36
Le succès de l'énergie éolienne ne se dément pas en 2009, avec un bon de 31 % des capacités installées à 157.9 GW, en progrès de 37.5 GW.
Cette industrie est présente dans trois pôles surtout :
- Europe, 65.30 GW installés,
- USA, 35.2 GW installés,
- Chine, 25.1 GW installés,
- mais on peut citer aussi l'Inde, 11 GW.

Au niveau des nouvelles capacités installées, on a le tiercé suivant :
- Chine : 13 GW,
- Europe : 10.5 GW,
- USA : 9.9 GW.
 
-Expression mythique on - "Contre toutes attentes"-expression mythique off-, l'installation de nouvelles capacités n'a pas été trop entamé, et surtout, bien moins que prévues, par la crise financière.
En Chine, on a même doublé les capacités, et on atteint les plus 100 %.
Ce qui a surtout contrarié les projets (USA surtout et un peu Europe), ce sont les réseaux et le fait que ceux existants étaient incapables de supporter les productions, soient que tout bonnement, ils n'existaient pas sur les "zones gisements".
En Chine, par contre, relance oblige, on ne s'est pas arrêté à ce genres de détails. On a installé, les réseaux suivraient.

On voit aussi les limites des emplois verts. Pour l'éolien, au niveau mondial, c'est 500 000 emplois. Même en multipliant par 10, c'est peanuts.
On apprécie aussi la capacité des pays développés à faire naître rapidement une industrie.

C'est une différence fondamentale avec ce qu'observe Braudel au 18°siècle : les exemplaires uniques de nouvelles machines en Angleterre, restent souvent uniques pendant plus de 50 ans, sans doute, là aussi, la rançon de l'hypertrophie du financier et des bas salaires.

En réalité, le sort de l'éolien se joue surtout dans la possibilité de stocker l'énergie qu'il produira.
Là aussi, se jouent des problèmes intenses d'organisation du travail. Comme disait la chanson (meunier, tu dors), le caractère irrégulier de la ressource créait de nombreuses "chômes", mais nécessitait aussi la disponibilité immédiate d'une pléthore de main d'oeuvre (la totalité de l'appareil productif au 18° siècle étaient des moulins à vent ou à eau) et un "bon moulin", cher et avec de nombreux actionnaires, était un moulin avec une ressource régulière, ou le plus régulier possible.

Dernière chose à rappeler en fin de compte : la bonne énergie est celle que l'on ne consomme pas, et rien ne remplacera une bonne politique d'économie.
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 19:24
La création d'emplois "verts"

Analysons un peu, aujourd'hui, la création nette d'emplois verts promis.
600 000 nous dit on, faisons un peu le tour.
Sur les 280 millions de TEP (tonnes équivalents pétrole), 140 millions environs (c'est un ordre de grandeur) sont consommés par le logement.
Qu'est ce qu'un logement "vert" ? C'est un logement consommant peu d'énergie et en produisant plus qu'il n'en consomme.

Fort bien. Que seront ces emplois ? La réponse est simple :
- On va isoler les murs : à l'intérieur, plâtriers, à l'extérieur, façadiers, et pour les ouvertures, menuisiers. En effet, mettre une fenêtre à triple vitrage, ce n'est pas franchement différent que d'en mettre une à simple vitrage.
- On va changer de génération de chauffage et de matériel. Trop souvent fonctionnent des nanards avec un rendement déplorable. On prendra peut être une pompe à chaleur pour remplacer les convecteurs ou la chaudière. Mais rien de fondamentalement différent. Ce sera toujours les plombiers et les électriciens qui travailleront.
- Les combles seront encore plus isolées. On y mettra des VMC double flux. Là aussi, rien de bien nouveau, les puits canadiens commencent à se répandre, en général, ce sont des plombiers qui s'en chargent.
- le solaire thermique et photovoltaïque est dans un des cas; exclusivement le domaine du plombier chauffagiste, et dans l'autre cas, souvent son cas, sinon celui de l'électricien.
- Les récupérations d'eau pluviales aussi, sont le domaine du plombier.

Pour résumer, ça commence mal, car la moitié des économies d'énergie sera assurée par des professions déjà existantes et qui se contenteront de faire évoluer leur gamme.
Bien entendu, on peut y rajouter quelques bureaux d'études, quelques architectes, etc..
.

Deuxième temps, les transports. Ils consomment le quart de l'énergie. Là, on peut dire que la production changera de gamme aussi, fini le temps où, selon les constructeurs en général et GM en particulier, les gens se foutaient de ce qu'ils mettaient dans leur voiture.
Toute la gamme de moyens de transports sera donc plus sobre. Mais cela ne créera pas un pet d'emploi.
En attendant, on retaillera peut être un réseau fluvial et un réseau ferroviaire. Mais, cela, c'est du BTP. Si les péniches circulent mieux, ce sera aussi une destruction nette d'emploi, une seule vaut bien des wagons et bien des camions. Il faudra simplement recreuser quelques canaux et rouvrir les ports fermés au XIX° siècle.

Là, non plus, ce n'est pas gagné, donc, au plus, verra t'on la reconversion des grandes entreprises de BTP et de matériels de transports.

L'industrie, dernier quart de la consommation, elle, est dans une optique d'économies d'energie depuis deux siècles. On y cherche l'efficacité énergétique, et on l'obtient, surtout quand on n'est pas em... bêtés, par le système politique, soit qu'il ne bouge pas (soviétique), soit qu'il pollue comme un cochon au non de l'efficacité économique (USA), soit qu'il mise tout sur les baisses de salaires (délocalisations) et pas du tout sur le reste, et pollue lui aussi, comme un cochon.

Là, aussi, donc, rien de nouveau.

Passons maintenant à la question maintenant, de productions d'énergies renouvelables :

- EDF produit déjà du renouvelable, avec les barrages et dispose déjà de cadres techniques pour le faire, techniciens, ingénieurs, etc...
- Pour les éoliennes, les hydroliennes, c'est une partie en usine, l'autre partie sur site. La partie usine sera faite avec la technologie actuelle, c'est à dire très peu de personnel. Le reste, c'est du BTP.
- les agros carburants ne "profitent" qu'aux gros agriculteurs (quand ils en profitent, car le marché s'avére cyclique), et la question de sa perdurabilité est de mise.
- l'énergie bois crée très peu d'emplois. Très capitalistique, il y a longtemps qu'elle a fait le choix de se passer de main d'oeuvre au profit de machines.
Au mieux, permet elle de recycler des déchêts, au pire, empiéte t'elle sur des produits déjà existants (la sciure permettait de fabriquer de l'aggloméré).

Car il faut bien voir le "double-effet" kiss cool de la mutation énergétique. D'un côté, la consommation va décroitre, volontairement ou involontairement, de l'autre, mécaniquement, le renouvelable, même en restant à son niveau, augmenter (il double si l'on diminue la consommation de moitié).
Pour ce qui est des emplois "verts", ce seront des emplois liés à des investissements de longue durée, mais, qui ont pour effet immédiat aussi de détruire d'autres emplois.

Prenez, par exemple, le solaire thermique. C'est, pour une maison, un chantier court, quinze jours à un mois, pour un zingueur (trois jours), un plombier et son aide (une semaine à eux deux) , en tout, à eux trois 100 heures de travail.
Un chauffe-eau, crée donc, la première année  0.06 emploi. Mais comme, l'économie (la réduction de consommation) de l'un (vous, le consommateur), c'est la perte du chiffre d'affaire de l'autre (le fournisseur de l'énergie que vous ne consommez plus), que l'on peut estimer à 0.03 emploi.
On le voit : le gain est insignifiant la première année, et négatif la troisième. Encore faut il que la première année, ce soit un travail SUPPLEMENTAIRE qui soit crée. Ce qui n'est pas évident. En effet, le changement de système intervient surtout quand l'ancien est à bout de souffle...
En outre, le gain n'a lieu que la première année, la perte se répercute sur la totalité de la durée de vie du matériel...

Toute réduction de consommation va entrainer destructions d'emplois.

On peut donc parier sans risque d'erreur, que la création "d'emplois verts", ne se verra même pas, contrarié par la baisse symétrique d'anciens emplois qui se verront détruits sans rémission.
Depuis 1950, la durée de travail baisse constamment. Le chômage est une conséquence d'une plus grande efficacité productive, reportée sur les salariés.
C'est donc l'organisation totale de la société qu'il faut revoir.

Les occidentaux et les français du moyen-âge, ne vivaient pas que dans le travail, la vie était rythmée par un chômage organisé, autour de fêtes, nombreuses et récurrentes (Dimanches et fêtes de saints, soit environ 130 jours chômés), contrastant avec les quelques périodes de travail intense (les labours et les récoltes), ou les jours où l'énergie était disponible (aux moulins à vent et moulins à eau) et les périodes où l'on faisait semblant de travailler (les corvées, 40 jours).
Dans le livre "Montaillou, village occitan" (1294-1324), on peut constater que les villageois ont beaucoup d'activités (épouillages, bavardages, contreverses, scènes de ménages) mais travaillent à un rythme qui feraient passer les corses pour des hyperactifs caractériels et compulsifs.
Quand aux liens de dépendances organisant la société, ils interdisaient aussi, de se débarrasser de qui que ce soit, d'où le scandale des nobles, quand, après la crise de dépopulation de 1347-1351, leurs gens se mirent à aller voir ailleurs, si l'herbe était plus verte.

Au niveau de la charge de travail, nous pouvons donc envier nos lointains ancêtres, qui eux vivaient dans une société 100 % renouvelable.
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 10:35
Il y a 114 raffineries en Europe, 10 à 15 % sont à fermer, soi-disant en déficit.
Le déficit, c'est très commode, mais comment imaginer que les bénéfices des pétroliers soient alors si important ?
C'est simplement un artifice comptable, parce que, objectivement, un pétrole pas raffiné, ça n'intéresse personne.

C'est un cas de figure très intéressant : j'achète un produit, je le transporte, le modifie (à perte soi-disant) et le vend, en empochant un bénéfice monstrueux ? Alors il vient d'où le bénéfice ?
Si les pétroliers étaient réellement en perte sur le raffinage, ils seraient en perte sur la totalité de leur résultat d'exploitation.

Ah oui, suis-je bête, c'est l'activité "négoce", avant et après le raffinage qui rapporte. Mais pour qu'il y ait "négoce", il est impératif qu'il y ait raffinage, c'est une activité-goulot d'étranglement.
Bizarrement, j'ai toujours entendu parler de cette activité comme "déficitaire" et ce, partout dans le monde. /
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 16:56
Pour l'agriculture intensive.
A vrai dire, rien de nouveau sous le soleil.
Je me souviens avoir fait une soutenance la dessus, à la faculté d'économie, en 1979. Le constat était déjà là. L'agriculture industrielle consommait plus d'énergie qu'elle n'en produisait, et se révélait structurellement incapable d'améliorer la tendance.

Alors, le jury posa clairement la question : qu'arrivera t'il ?
On a eu le cas de figure en 1940 : rationnement, sous alimentation chronique, et fin des obèses (du moins, ceux qui resteront, on saura qu'ils ont vraiment des problèmes endocriniens.
J'avais prévu la question d'ailleurs. J'avais repris une blague de 1940.
On voyait un homme dire à son copain :
"- je l'épouse dans une semaine,"
"- je savais pas que tu aimais les grosses,"
"- moi non plus, mais pendant trois mois, je m'enfile ses rations"...
 
Alors, non seulement l'agriculture intensive ne sait pas produire sans carburant fossile, mais en plus, le rapport est déficitaire, et enfin, un quart des grains américains sert à fabriquer... du carburant.
On voit donc la perversité intrinsèque du modèle économique actuel, le tout marché. L'agriculture intensive détruit l'agriculture traditionnelle, alors qu'on aurait du la préserver au maximum et produire seulement une fraction apportant la sécurité alimentaire.

A cela, on peut ajouter toute la dépense d'énergie causée par le transport, par l'entassement urbain et l'éloignement des zones de productions. Elle est loin l'époque où les villes étaient entourées de zones maraîchères et où l'épicerie était approvisionnée par les jardins du coin et les produits amenés à pied.
On faisait aussi beaucoup de conserves (leg du premier empire).

Un bateau de Kurdes vient d'accoster, les autorités judiciaires viennent de libérer tout le monde. Moi, mon jury d'examen disait que les bateaux de réfugiés, dans ce cas là, seraient plus certainement coulés. (Avec les passagers, bien entendus). A mon époque, on parlait du Haï-hong.

Un tremblement de terre a eu lieu à Haïti, rasant Port-Au-Prince, une bidonville mal construite et le bilan en terme de morts fut désastreux. On parle de 120 000 morts et 200 000 disparus.
La responsabilité de ce bilan incombe à la politique de libre échange, et la baisse des droits de douane sur le riz notamment (de 35 % à 2 %).
Haiti est passé de l'autosuffisance, à un stade où elle importe les 3/4 de sa nourriture. Les paysans qui ne cultivaient plus leur lopin étaient venus grossir cette ville tentaculaire où beaucoup sont morts, et où il n'y a rien à faire.

En économie, il n'y a pas de miracles, seulement des notes qui se présentent, peut être pas tout de suite, mais qui se présentent toujours, et avec les intérêts en plus.
Mais on peut rajouter aussi le pire. Comme en 1789, le régime actuel a aboli toutes régulations, pour laisser faire la bienveillance du marché et spéculateurs et Goldman Sachs se remplirent les poches.
Les pays du tiers monde délaissent l'agriculture vivrière de subsistance pour la grande agriculture d'exportation.
La chute sera donc rapide. Comme a dit Dimitri Orlov : "pouvez vous survivre sans le système économique ?"
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:49
Les stocks pétroliers en attente dans les tankers représentent 40 kilomètres de long, raison pour laquelle, on peut parler de bulle et qu'il est désormais certains de voir le cours du pétrole s'effondrer.
Mécaniquement, cela représente une baisse de 25 %, mais, avec un tel poids, il est plus vraisemblable que la baisse sera un toboggan sans fin.
Plus le temps passe, plus l'opération va être mauvaise, en effet, au prix d'achat s'ajoute, chaque jour le coût du pétrolier.
Par effet de contagion, on pourra voir aussi le Dry Baltic Index toucher le fond de la mer.


Comme la consommation semble, elle, s'effondrer, Total fermant sa raffinerie de Dunkerque, preuve que les prévisions de consommation à long terme sont très basses.

Le très courtisan "Figaro", dément que EDF ait demandé une hausse de 24 % des tarifs bleus (résidentiel particulier) entre 2010 et 2015, mais l'annonce a été répercutée partout.
L'effet, est, entre-temps, désastreux.
L'argument aussi navrant que faux, est le besoin d'investissement d'EDF. En réalité, les bénéfices distribués n'ont pas manqués ces dernières années, et en cas de dépenses d'investissements, on peut y rajouter l'impôt sur les bénéfices, donc une huitaine de milliards d'euros par an.
Mais, il faut bien se rendre compte que 8 milliards d'euros, EDF est incapable DEJA de les absorber en investissements supplémentaires.
Le client est donc invité à payer les conneries (j'espère que personne n'est choqué du mot, mais il est encore très poli), de l'entreprise, réalisées dans le nucléaire américain et britannique, qui ont plombés les comptes de l'entreprise.
Un "bonus" de cet ordre n'alimenterait donc que les banques et les actionnaires, loin de l'investissement tellement clamé.

Comme l'intelligence n'étouffe pas les PDG payés 1 600 000 euros, ceux-ci sont incapables de comprendre d'ailleurs, que la majorité du tarif bleu n'est pas un tarif captif.
En effet, toute personne ayant travaillé en plomberie vous dira que dans les périodes dures, l'activité consiste à changer de mode de chauffage, généralement de l'électrique, vers n'importe quoi d'autre. Ils risquent, donc, économiquement, de déclencher une vague d'économie d'énergie tellement puissante chez le particulier, qu'elle emportera l'électricien.
Les possesseurs d'immobilier à chauffage électrique classique vous diront aussi qu'il est beaucoup plus difficile de louer ce genres de produits. On risque donc de fragiliser et d'emporter tout un pan de l'économie immobilière.

Bien entendu, pour les gros clients, pas de hausses, c'est le tarif dégressif qui s'applique. Eux sont déjà à l'heure des économies d'énergie.

En un mot, EDF s'est mis dans la M...ouise tout seul : soit on maintient les tarifs en l'état, et la compagnie pourra de moins en moins fournir, soit on les augmente fortement, et on risque de casser les volumes, et pas qu'un peu. 

E.on, EDF, les traders ne sont pas aperçus qu'ils mettent en place des mécanismes de déflation extrêmement puissants.
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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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