Inondations...
Je vois que le jeu d'hier a rencontré un franc succès. Et dénote de la part de mon lectorat, un niveau culturel élevé. Contrairement au gouvernement, et au patronat.
Il faudra donc que je pense sérieusement à fonder une académie, décernant des titres honorifiques. Pas forcément flatteurs. Titres, que, bien entendu, qu'on s'arrachera.
Comme je le disais, le niveau culturel du gouvernement est tellement bas, qu'on pourrait croire à une réécriture de "voyage au centre de la terre".
Surtout pour les inondations. Il parait qu'en 1910, les autorités n'avaient rien prévues. Je vous rassure tout de suite, les autorités seront cette année, en cas de débordement encore plus appuyé, totalement... Débordées, et encore plus nulles qu'en 1910.
Les "services de l'état", mobilisés à plein temps pour la crue, c'est 2 personnes. Pourtant elle est inévitable.
Dans tout bon film catastrophe, celle-ci est annoncée par un scientifique, depuis des lustres. Ici, c'est pas le cas : personne ne s'en occupe. Seul point commun : le personnel politique est complétement con. Une bande de tarés qu'on imagine sorti de l'imagination d'un auteur, mais où la réalité dépasse de très loin, la fiction.
Le niveau de vie est bien plus élevé qu'en 1910, ce qu'il faut traduire par : personne ne saura se démerder. Le chauffage était rare (et au charbon), l'eau rare aussi, de toute façon, ils s'en foutaient, ils buvaient du vin, se lavaient rarement, n'avaient que rarement le tout à l'égout, et mangeaient des aliments de base, qu'ils cuisaient dans des poêles à charbon. Vin, patates et pain. C'était sommaire, et avec 100 litres d'eau et 100 kg de charbon au sec, ils pouvaient tenir des semaines. Quand ils pouvaient, ils avaient des réserves de nourriture. Aujourd'hui, la confiance totale régnant dans le système économique fait qu'on ne sait même plus ce que c'est qu'une "réserve". Si, on apprend, dans les manuels, que "ça coûte cher".
Leur caractère névralgique faisait que les boulangeries étaient approvisionnées, et pouvaient fonctionner pourvue qu'elles soient elles mêmes au sec. Du charbon, quelques charrettes de farines, on pouvait toujours se démerder pour les faire passer.
Aujourd'hui, le flux de marchandises est très nettement beaucoup plus important. Zerohedge avait recensé aux USA, les métiers dominants par état. Dans la plupart, c'était conducteur routier.
On ne parle même pas de la floppée de réseaux du "Paris invisible", ou canalisations de toutes sortes.
Comme la population est bien moins résiliente, qu'elle ne sait plus que tourner des boutons, tout va très vite partir en vrille et en sucette. Le chauffage électrique, la cuisinière électrique, c'est super. Quand il y a de l'électricité. En 1910, 2.5 % d'abonnés, aujourd'hui, 100 %. Le réseau gaz, c'est pareil.
D'autant que des éléments aggravants vont se produire. En 1910, le gouvernement disposait de ses pousse-cailloux, 600 000 au minimum (750 000 en 1914), qui pouvaient maintenir l'ordre et assister les populations civiles, et on comprenait aussi, qu'une solution pouvait être l'évacuation massive de la population. Une population qui a bien augmenté depuis. Surtout en région parisienne. Et qu'on ne m'objecte pas que si on a construit n'importe où, c'est à cause de cela. On aurait très bien pu choisir des zones en hauteur à urbaniser, et construire à l'ancienne : on interdit le plan pied, et on fait au minimum 2 ou 3 étages.
Seulement, la maison "ile de France", et la plaine, ça coûte moins cher à construire.
Dernier élément à signaler, le dévoiement. En effet, les lacs de retenue ont chassés deux lapins, voire trois à la fois : étaler les crues, soutenir l'étiage, et le caractère touristique. Total, au moment de la crue, les barrages étaient pleins à 90 %, on rentrait en été, saison touristique, et les gens aiment l'eau, et l'été est d'habitude, la saison sèche.
Les vases d'expansion des fleuves, prévues par les études qui ont fait suite aux débordements de la Loire dans les années 1850, doivent être à sec AVANT l'événement climatique. Sinon, un vase qui fonctionne à 10 % de ses capacités gagnera quelques centimètres, avant de voir son rôle renversé : tôt ou tard, le barrage plein devra recracher. (Alors qu'il existe bien des barrages qui sont uniquement écrêteurs de crues). Avoir 800 Millions de M3 ou 60 sous le pied, c'est TOTALEMENT différent.
Un barrage, de plus, est un ouvrage d'art qui doit être surveillé pendant la montée des eaux, comme pour sa baisse.
Comment vont se comporter des barrages désormais anciens ? Nul ne peut le dire. Sans doute, les risques d'effondrements sont ils réduits, parce qu'on aura libéré la pression avant.
Bien entendu, comme disent certains lecteurs, on aura orienté les débits qu'on peut vers d'autres zones moins peuplées et sacrifiées.
Remettre tout en ordre, on a vu dans les petites zones touchées, c'est hors de prix, compliqués, et long.
On imagine cela dans une grande ville, où le tertiaire est prédominent, et où personne ne sait plus rien faire de ses dix doigts. Et le magasin de bricolage, plus livré, vidé et/ou inaccessible...
Les évacuations, notamment, devraient avoir un caractère beaucoup plus pérenne, si les zones inondées sont grandes et densément peuplées.
De plus, on imagine que tout sera rentré dans l'ordre pour la grande messe débile de l'euro 2016.
Mais ces inondations, certains vous diront que c'est encore un coup de la CGT. Ils ont laissé le robinet ouvert exprès. Ou alors sinon, il faut constater que Dieu lui-même, est contre la loi travail. Et visiblement, Dieu en veut à François Hollande. Il a du déplaire.
Mais on n'est jamais content. Par exemple, il y aurait eu le même temps en mai juin 1940, ils auraient été heureux comme des canes à l'état major français. Mais le temps fut épouvantablement beau et sec. L'idéal pour une ballade en véhicule.
En tous cas, comme je l'ai dit, avoir 800 millions de M3 en capacité de stockage et 60 millions, c'est totalement différent. Et cela dénote l'incurie du politique qui n'a pas su choisir entre avoir des barrages, à vue touristique, régulateur d'étiage ou écrêteur de crues. On ne peut tout avoir en même temps.
Mais une chose est sûr à 100 %, le pouvoir en place au moment de la catastrophe est 100 % responsable. Tant pis, pour lui, si en 2012 ou après, il n'a pas fait vider totalement les écrêteurs de crues.
Après tout, le politique est là pour décider, et s'il ne décide pas, ou décide de continuer comme avant, il est fautif.