Nippon, ni mauvais...
20 Mai 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie
Le Japon s'effondre économiquement. En une génération, il est passé d'une croissance...
débridée (vous avez vu ce jeu de mots ?), à la stagnation, puis à l'effondrement.Cela montre l'inanité du sacrifice de la demande intérieure. Elle seule peut soutenir une économie viable.
Soutenir un appareil financier moribond ne sert à rien. Il faut, là aussi, la tabulae rasa.
Les centaines de milliards de Yen injectés n'ont servis, finance oblige, qu'à déstabiliser le reste du monde, dont une dont j'ai souvent parlé, l'Islande.
En effet, il était tentant de s'endetter à zéro ou presque et de "placer" à 15 %.
Seulement, voilà, le bal est fini, les placements n'existent plus, des pertes ont été épongées, et des clients artificiellement argentés par les prêts japonais, comme les USA, se révèlent à sec.
Enfin, ils se révèlent surtout à sec pour les couillons, parce que l'évidence de leur insolvabilité crevait les yeux de tout esprit libre.
Visiblement, dans les bourgeoisies occidentales, c'est l'âme de servage qui existe.
En un an, le PIB a dévissé de 15.2 %.
Bien entendu, on en est encore à trichoter les chiffres annuels de la dépression, en jouant sur les dates d'exercice, et en priant très fort pour le rebond.
C'est le syndrome de l'état major français de mai/juin 1940 : espérer la pluie torrentielle. Hélas, le temps fut épouvantablement beau.
Le japon veut bien continuer à prêter aux USA, mais plus en dollar, en Yen.
Visiblement, il est dur de renoncer à ses illusions et à l'esclavage.
On dit que le plein emploi vient de mourir là-bas.
Il y a 20 ans qu'il était déjà mort, l'emploi à vie, avait été remplacé par un emploi précaire et le chômage, bas, n'était, là-aussi, que manipulation.
Les exportations chinoises, chutent de 23 %. Mais c'est plus grave qu'on ne le dit. Ce n'est pas la même industrie qui fonctionne en décembre et en avril.
Avril, c'est beaucoup plus sérieux, c'est le redémarrage de la saison industrielle, qui commence ce mois là et finit début octobre.
Il n'y aura donc, logiquement, aucun rebond cette année.
La lutte des classes et la compression des salaires a donc atteint son but plein et entier : la dépression planétaire globale.
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