Désindustrialisation, progrès technique ?
2 Juin 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie
Pour Robert Reich, la désindustrialisation est la marque du progrès technique. Les effectifs employés dans ce secteur diminuant dans tous les pays, y compris la Chine."Nous avons perdu environ 11% de nos emplois manufacturiers au cours de cette période, mais les Japonais ont perdu 16% des leurs. Même les nations en développement ont perdu des emplois dans leurs usines : le Brésil a subi une baisse de 20%, et la Chine a une baisse de 15%. "
Seulement, voilà, ce point de vue a quelques faiblesses.
En effet, les efffectifs décroissent, jusqu'à devenir quasi symbolique, loin des fourmilières humaines d'il y a peu.
C'est là que le bât blesse.
Quelle serait donc l'intérêt de délocaliser, alors que finalement, les réductions d'effectifs auraient le même résultat, quelques salariés en Chine, ou ici, avec les frais de déménagement, de transport en moins ?
A vrai dire, la délocalisation est plus un acte de guerre sociale, qu'un acte vraiment réfléchi. Là aussi, on y va, parce que tout le monde en fait autant.
Récemment, je lisais que les 3/4 des délocalisations en Chine, ne sont pas rentables.
Peut on, sérieusement, miser sur la compétence, par exemple, des dirigeants de GM sur ce point là, alors qu'ils ont fait étalages de leur incurie crasse sur tous les autres points ?
Visiblement, les CEO ont eu des accidents de poussettes et eu du mal à assimiler des notions élèmentaires, comme additions et soustractions, qu'ils ont confondus avec pillage (à leur propre compte).
"Il y a un siècle, près de 30% des américains adultes travaillaient dans une ferme. Aujourd’hui, il sont moins de 5%. Cela ne signifie pas que les États-Unis aient échoué en agriculture. Bien au contraire. "
Bien entendu, les limites de ce discours ne sont pas perçus par leur auteur. C'est encore un terreplatiste qui croit que l'énergie est abondante et bon marché pour l'éternité.
(On ne peut affirmer qu'il y ait eu gain de productivité en agriculture, la consommation en calories fossiles étant supérieure à la production de calories consommables).
Peut on affirmer, sans rire que l'élevage de porc de La Gloria, Mexique est performant ? Il a été délocalisé, pour être... une porcherie. C'est à dire, faire fi des normes d'environnements.
Ce n'est pas les salaires, qui mettait l'élevage, dans... la merde, mais le lisier et les carcasses.
Evacuer des quantités phénoménales, n'est pas, économiquement, un acte rentable. On doit donc, abandonner à l'air libre.
L'ultime fadaise et histoire pagnolesque, c'est celle-ci : "Un pourcentage croissant de chaque dollar dépensé par le consommateur va vers des gens dont la tâche consiste à analyser, innover et créer. "
Dois je comprendre que, pour lui, les chinois, êtres inférieurs, sont incapables d'innover, d'analyser et de créer ?
Pourtant, depuis 5000 années, ils ont été les meilleurs en la matière pendant 4800.
Le problème de la Chine, depuis 5000 ans, ce n'est pas tout ça, c'est de faire que les inventions, trouvailles et autres, ne restent pas des curiosités.
Là, c'est le système économique qui grippe. Comme a grippé la Chine pendant 5000 ans. L'inégalité ne permet pas le développement.
Ne connaissant rien à rien, R. Reich ne sait donc pas, que dans les années 1950 et 1960, on travaillait d'une manière beaucoup plus détendue, et que les savoirs se transmettaient sur lieu de travail.
C'est sans doute pour ça que la productivité progressait TRES VITE à cette époque, à effectifs croissants, de l'ordre de 5 % l'an, et que ladite productivité progresse TRES DOUCEMENT aujourd'hui, à effectifs décroissants. (1 - 1.5 %).
Encore un penseur qui ne sait pas penser. Qu'en penser ?
Sinon que c'est un exercice très difficile pour un ancien ministre. Perroquet un jour, perroquet toujours.
La faux est un exemple parfait. Inventée, il y a bien longtemps, elle ne se généralise en France qu'à la révolution. Pour l'agriculture, l'intérêt est mitigé (on perd du grain), mais socialement, politiquement et militairement, c'est explosif.
En effet, de la faux, instrument agricole, à la faux renversée, engin militaire, diablement efficace, il n'y a qu'une mince adaptation, ce genre genre d'adaptation (la hallebarde) qui permet, à l'aube du 14° siécle, à quelques centaines de montagnards suisses, d'écraser les forces impériales autrichiennes (forces impériales, dont on sait bien sûr qu'elles sont invincibles, que l'empire lui même est éternel, et que ses choix économiques sont toujours judicieux).
Robert Reich devrait apprendre que le progrès technique ne peut se situer que dans une société, que celle-ci, par son inégalité peut le bloquer très longtemps, voir le faire disparaitre.
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