Wall-Mart n'a rien appris, ni compris...
6 Juin 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie
Aux heures sanglantes d'une crise économique dont beaucoup de gens pensent qu'elle sera de
gabarit très honorable, voire historique, Wall-Mart adresse un message clair au monde, de la finance et autre : "je n'ai rien compris au film."En effet, sa politique date furieusement : dividendes et rachats d'actions, et on s'en colle pour 15 milliards.
Pourtant, si son créneau semble solide, il présente de sérieuses lézardes. Tout d'abord, les investissements, qui sont en net recul et les bénéfices, qui montrent des signes de faiblesses aussi.
Bien entendu, comme tout empire, Wall-Mart se considére comme éternel.
Ses dirigeants sont incapables d'envisager, ne serait ce qu'une sortie des clous, les clous mentaux qu'ils se fixent eux-mêmes : les USA sont le paradis de la consommation, et eux-mêmes, les rois du bas prix (chinois pour beaucoup).
Que les relations commerciales sino-américaines puissent tourner à l'aigre ne semble pas les effleurer. Que la consommation puisse s'effondrer, non plus.
Pourtant désormais, les USA, globalement, sont incapables de payer ce qu'ils consomment et globalement, incapables d'emprunter pour consommer.
Autre point de faiblesse, le quadrillage du pays en magasins Wall-Mart. S'inspirant du découpage de la France en département sous la révolution, un découpage de proximité des magasins s'est instauré : pas plus de X Km et X temps de trajet pour le prochain Wall-Mart.
Seul "Hic" à l'histoire, ce découpage est bâti sur les suburbs et l'automobile.
On sait la crise actuelle de l'un et l'autre. 20 millions de logements vides aux USA ont de quoi fausser le propos.
D'ailleurs, les dépôts de bilan dans l'immobilier commercial montre que ce secteur n'est pas à l'abri du tangage.
Paul Jorion dit que 70 % des faillites personnelles aux USA sont causés par les frais de santé. On voit donc un paradis de la consommation qui n'est finalement que le paradis d'une définition de la consommation.
La faillite des constructeurs automobiles va couter un million d'emplois, dit on. Ce million de personnes et leur famille, couteront aussi cher à Wall-Mart.
"désormais, les entreprises ne gardent même plus de quoi remplacer leurs équipements usés. En d'autres termes, elles vivent sur leur capital, en distribuant à leurs actionnaires plus qu'elles ne gagnent réellement. "
Les distributions de capital, excessives, non justifiées, nous raménent vers un 1917 qui n'est pas causé par la guerre, seulement par l'incompétence aussi profonde que crasse des dirigeants.
Comme ceux de 1917, ils s'enfuiront, laissant sur place des coquilles vides. C'est ce qui est arrivé à GM.
Ils n'en garderont même pas un bénéfice. Arrivé à un certain point, l'argent ne vaut plus rien, et la vindicte populaire est profonde autant que tenace.
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