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L'hiver de Kondratieff vs JC Trichet...

13 Juillet 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie

"Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a de nouveau appelé lundi les banques commerciales à alimenter en crédit l'économie de la zone euro ", preuve, s'il en est qu'elle ne le font pas.
Les particuliers sont victimes de la politique menée depuis 1970, celle qui en France a supprimé la norme qui était le CDI, pour le CDD et l'intérim, de la montée de la précarité et de la compression des salaires.
Car, qu'est ce qui fait les prêts ? Ce sont les revenus et les revenus FIABLES.
Les revenus sont en baisse et ils sont de moins en moins fiables.
Donc, on assiste à une montée en puissance de la purge de l'endettement.
Qu'est ce qui endette le plus les ménages ? C'est l'investissement, essentiellement :
A) l'immobilier,
B) la bagnole.
Bien sûr existe des phénomènes de prêts de cavaleries aux plus pauvres, mais s'ils sont abjects, ils ne sont pas significatif au niveau global.
De plus, c'est le rythme de vie qui incite à l'endettement : on s'endette relativement jeune pour la construction ou l'achat de logement, et cette charge décroit ensuite.
Il est hors du sens commun de penser que les ménages vont faire joujou à changer de logements sans fin. Il n'y a plus que dans les grandes métropoles (essentiellement RP) où existe encore l'achat de petit, puis du plus grand, puis du pavillon.
Ailleurs, il y a belle lurette que ça n'existe plus. L'appartement, selon Friggit; c'est synonyme de paupérisme.
La structure d'âge aussi fait que l'endettement se fait moins.
Reste que le désendettement, les économies, ont cependant certainement sauvé le bâtiment d'une crise BEAUCOUP PLUS grave.
En effet, il existe des dépenses d'investisements budgétés avec de l'épargne. ça tombe bien, les prix des artisans sont à la baisse.
Pour les entreprises, la problématique n'est pas réellement différente, c'est l'investissement qui se fait à crédit.
Comme on est plutôt en phase de désinvestissement, le crédit, non seulement ne se fait plus, mais se purge de la pire des manières : la banqueroute.
Le "crédit crunch" semble ne pas être encore là en France, mais il y a une donne incontestable : c'est le piétinement de l'encours de crédit depuis novembre, tant pour les particuliers, que pour les entreprises.

Les fondations, pour les prêts, c'est le marché de l'emploi, la stabilité, les garanties. Comme on débauche à tous va, qu'on précarise, à tous va, qu'on veut virer des fonctionnaires, reculer l'âge de la retraite et les baisser, on va tout naturellement vers une glaciation de kondratieff. Les positions de Trichet sont irréalistes, lui qui se gargarise du réalisme qu'il prêche aux salariés.
On ne tond pas un oeuf, monsieur Trichet l'inutile./

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B
François Leclerc vient de publier un article génial sur les analyses de 8 économistes :<br /> <br /> http://www.pauljorion.com/blog/?p=3760
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B
1- De Joseph E. Stiglitz (que l’on ne présente plus), hélas un peu empêtré dans son statut de consultant international, nous avons dernièrement retenu que, selon lui « Les Nations Unies prennent la situation en main ». C’est en effet le titre de l’un de ses derniers articles en syndication (une forme de distribution aux rédactions), aux lendemains de la Conférence du 23 juin dernier de l’ONU sur la crise, prenant hélas un peu ses désirs, et les nôtres, pour des réalités. Mais il a eu le mérite d’être sans doute le premier à voir dans la concentration bancaire en cours un grand danger pour l’avenir.<br /> <br /> 2- Paul Krugman, que l’on ne présente pas non plus, et qui tient salon avec mordant dans les colonnes du New York Times, a été un instant suspecté par certains de complaisance politique avec la nouvelle administration, après avoir été un critique au vitriol de la précédente, mais il s’est ressaisi. Sa dernière chronique s’intitule « Ebouillanter la grenouille » et fait référence à cette histoire bien connue, selon laquelle quand on chauffe progressivement l’eau de la marmite dans laquelle on y a plongé une grenouille, celle-ci ne s’aperçoit pas de l’élévation progressive de la température de l’eau, pour finir ébouillantée. Devinez qui est la grenouille et ce qui nous attend, selon Paul Krugman, tant du point de vue économique qu’environnemental ? <br /> <br /> 3- La finance et l’économie allemandes sont commentées de manière très critique par Wolfgang Münchau, dans les colonnes du Financial Times. Le titre de sa dernière chronique ? « Berlin a porté un coup à l’unité de l’Europe ». Et voilà sa conclusion, évoquant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande, qui a décidé anticonstitutionnelle toute future politique fiscale européenne commune, comme tout commandement militaire : « Le jugement de la Cour reflète le climat politique nationaliste et post-Bismarckien en cours à Berlin. Pour le moins, tous ceux qui sont liés par une union monétaire avec l’Allemagne devraient beaucoup s’inquiéter. » Il n’est pas le seul à prédire de fortes tensions au sein de la zone euro et à s’interroger sur les conséquences du chacun pour soi qui prévaut de plus en plus en Europe. <br /> <br /> 4- Egalement dans le Financial Times, visiblement un repaire d’agents dormants que l’on vient de réactiver, ce n’est pas la dernière chronique de Martin Wolf, figure tutélaire des chroniqueurs qui a su rapidement négocier son virage non sans adresse, mais l’une de ses précédentes, datant du 30 juin. Pour son titre sans aucune équivoque, malgré l’article plus emberlificoté qui suit: « L’approche d’une réparation prudente des banques ne marchera pas ». Sa conclusion ? « C’est le gradualisme, pas le radicalisme, qui est aujourd’hui une option risquée. »<br /> <br /> 5- Robert Reich, professeur à Berkeley et ancien secrétaire d’Etat au travail dans l’administration Clinton, n’est pas (encore ?) une voix dominante dans ce concert. Il vient pourtant de produire un bref et définitif article sur son blog ( http://www.robertreich.org ), qui pourra être plus tard reconnu comme prémonitoire. « Quand la reprise va-t-elle intervenir ? Jamais », annonce-t-il d’entrée de jeu. Il explique ensuite que la reprise ne peut pas intervenir, car cela signifierait que les choses peuvent redevenir comme avant le crash. « Aussi, au lieu de se demander quand la reprise va commencer, nous devrions nous demander quand la nouvelle économie débutera. » On attend la suite. <br /> <br /> 6- C’est Simon Johnson, professeur au MIT et ancien chef économiste du FMI, qui souvent développe sur son blog ( http://baselinescenario.com ) les points de vue les plus acérés et globaux, ne se contenant pas de parcourir la situation financière et économique. Son dernier billet est consacré au projet d’Agence de protection des consommateurs de l’administration Obama. Il compare le timide soutien dont ce projet bénéficie avec celui, massif, dont a été entouré le plan PPIP de rachat des actifs toxiques des banques, en très petite forme aujourd’hui. Mettant en cause les intentions gouvernementales, au vu de ce que cette attitude augure à l’arrivée, une fois que ce projet sera passé par le Congrès, il rappelle comment l’administration américaine avait finalement pris le taureau par les cornes, à la suite de la crise de 1929, en faisant adopter en 1934 le Security Exchange Act, qui réglementait le marché secondaire des valeurs. Tout cela a depuis été détricoté. <br /> <br /> 7- Le 3 juillet dernier, Willem Buiter, professeur à la London School of Economics and Political Science, très introduit dans les arcanes des banques centrales européennes, publiait sur son blog hébergé par le Financial Times un long billet très fouillé intitulé : « La création monétaire et l’encouragement du crédit ne fonctionnent pas, voilà pourquoi ». Après avoir été l’inventeur (à notre connaissance) de l’expression « banques zombies », qui a fait depuis florès, et avoir montré comment il était préférable, à la mise en place de bad banks, de créer des good banks (laissant les actionnaires des banques zombies en tête à tête avec leurs actifs pourris), il fait preuve, pour ses lecteurs, d’une salutaire maîtrise technique du monde abscons dans lequel vivent les banquiers centraux. <br /> <br /> 8- Enfin, c’est à Ambrose Evans-Pritchard, du Daily Telegraph (plus familièrement appelé le Telegraph) qu’il revient de conclure. Il le fait, comme d’habitude, en allant « straight to the point » (droit au but). « L’Europe creuse sa propre tombe économique, alors que la Banque Centrale Européenne ne répond pas ». <br /> Le sous-titre est encore plus explicite, s’il en était besoin : « Dans un monde de pécheurs, la Banque Centrale Européenne joue les gardiens de la vertu, mais ses actions dévastent les finances publiques de pratiquement tous les pays qui sont l’objet de ses attentions ». Reconnaissant sans difficulté que la Grande-Bretagne doit faire face à ses propres désordres (le français châtié ne rend pas bien compte du « mess » anglais), Ambrose Evans-Pritchard conclut ainsi : « D’un point de vue stratégique, le mélange européen de déflation monétaire et de déficit budgétaire effréné n’est rien de moins qu’une folie ». Nous voilà prévenus. <br /> Lorsque vient, toutes ces lectures épuisées, le moment difficile de la synthèse, il est après réflexion possible de se poser une question centrale. Le puits que cherchent à combler les gouvernements des pays occidentaux, ainsi que les banques centrales, n’est-il pas tout simplement trop profond pour être comblé ? <br /> La politique qui est suivie a-t-elle, dans ces conditions, une chance d’aboutir ? <br /> Le système financier, dans son ensemble, n’est-il pas en réalité « too big to save », trop gros pour être sauvé ? <br /> N’est-ce pas cette vérité toute simple, mais pas exagérément confortable, qu’il va falloir un jour se résoudre à affronter, afin de sortir du déni ? <br /> <br /> François Leclerc.<br /> <br /> http://www.pauljorion.com/blog/?p=3760
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