Quelles initiatives ?
15 Août 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Economie
Un internaute m'a demandé quelles initiatives étaient à
envisager et pourraient fonctionner.Elles sont, finalement, relativement simples.
Je parlais faits divers, hier, avec une veuve que je connais.
Son voisin, de 79 ans, s'était tué dans un accident de tracteur.
Il n'avait que neveux et niéces, absents, et sa disparition crée un trou. Pas pour sa famille, mais pour ses voisins.
En effet, quand on étudie finalement l'activité économique qui l'animait encore, c'était à travers un petit groupe réduit, de trois ménages, des services non marchands et réciproques, vis-à-vis de l'extérieur.
L'un achetait les poules, l'autre fournissait le grain, l'un labourait, les autres fournissaient les semences de pommes de terre, etc...
On s'aperçoit que cette disparition a crée un trouble dont une toute petite communauté a du mal à se remettre.
En réalité, comme disait un autre internaute qui se fournit chez sa voisine, ces micros liens économiques très anciens, n'ont jamais réellement cessés, s'ils sont devenus marginaux.
Une des premières conséquences du Pic Oil, c'est de faire disparaitre des entreprises, et de réactiver d'autres activités, dont ces liens.
Il n'y a pas si longtemps de ça, il y a 40 ans, je me souviens de ce retraité qui livrait ses légumes excédentaires à l'épicerie du coin.
Il n'y a plus d'épicerie, l'épicière est morte, le retraité aussi, les légumes viennent du Burkina Faso, pour combien de temps d'ailleurs ?
Réponse : tant qu'il y aura des compagnies aériennes et navales, pour le transporter.
Cela risque de ne pas être très longtemps, et cela d'ailleurs, l'existence, si lointaine de producteurs déconnectés de leur propre population est aberrante.
Question aussi : combien de temps les hyper et supermarchés vont ils tenir ? Certains, semblent ils, ont déjà commencé à réduire leur surface de vente.
On le voit, ce n'est pas une révolution, mais une évolution, qui se dessine.
Notre merveilleux gouvernement, qui se gargarise autant d'économie qu'il n'y connait absolument rien, lui, est affairé à réanimé un cadavre, le modèle antérieur, sans se poser de questions.
Pourtant, beaucoup de réponses sont évidentes. D'abord, des réponses personnelles : la différence se fera au niveau des logements par la consommation énergétique.
Comme aux USA, on peut envisager un abandon urbain rapide, à la romaine.
Seront privilégiés les logements les moins chers, d'abord dans le sens de complétements payés, ensuite celui des moins gourmands en énergie.
Voyez un lotissement actuellement, et devinez.
Une fois bâti, qui s'en sortira ? Celui qui fait les dépenses de prestige, la cabane, l'agrandissement, la piscine, la dalle extérieure ?
Ou celui qui privilégie l'isolation, le renouvelable, la sobriété énergétique, le jardin ?
La pression sociale privilégie la piscine. C'est pas forcément sot, ça pourra faire une belle mare au cochon.
Ou même prenons plus simple : un voisin me demandait un jour, pourquoi je mettais un étendage.
Lui, plus "moderne" avait un séche-linge.
Réponse : le séchage au grand air ne me coûte rien, l'hiver au sous sol, suffisamment grand, non plus. Il me dispense de la dime EDF. Et vu ce qui se passe, je n'en suis pas mécontent. Le séche-linge, que je possédais déjà, a tellement peu fonctionné ces dernières années. La moyenne doit être d'une fois par an.
Entre un taliban écolo, urbain, fort désireux de "réduire" (exterminer ?), le quart, la moitié, ou les 3/4 des habitants de la planète, et moi, il n'y a un gouffre : je suis avare, économe, j'habite la campagne, et je sais que c'est loin, finalement, de la sinécure.
La réalité est économiquement hideuse : c'est la question, fort bien démontrée par Braudel, de l'investissement.
L'investissement doit être productif, pas la fanfreluche des classes dirigeantes actuelles.
Braudel disait que 75 % de la population en était exclue, et en 1698 sur la généralité d'Orléans, il y a 120 000 hommes, dont 67 000 salariés (des bredins prédisent l'extinction du salariat). (Page 295, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, tome II, les jeux de l'échange).
De plus, quand on n'a pas l'efficacité productive, on a besoin de main d'oeuvre. (Braudel, page précédente et les trois villages italiens).
En réalité, la question énergétique peut se régler très aisément pour ce qui est du logement : il suffit de réduire le nombre de ceux-ci par trois ou quatre, et pour cela, la paupérisation accélérée suffit.
La hausse "tendancielle" du nombre de ménages ? Une marque de civilisation pétrolière.
Ceux qui seront les caïds du nouveau monde, sont ceux qui auront su investir UTILEMENT, dans des activités certes pas à 15 % de rendement, mais des activités CAPITALISTES de longue haleine, et non dans les bits bancaires, les zéros d'ordinateurs, et autres babioles sans importance.
Mais là est le paradoxe de certains : ils glorifient le travail, en le niant : qui a t'il de plus éloigné du travail et de l'intérêt public que le trader ?
Raison aussi de la réussite des trentes glorieuses, l'investissement n'était que productif.
Raison aussi, pour laquelle, Tropical Bear erre complétement. Le problème, c'est justement ces gens aux mains propres qui veulent gagner, sans rien faire.
La "Prise de risque", ce n'est pas le boursicotage.
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