L'empire : du centre, aux périphéries, et aux marches guerrières...
8 Mai 2009 , Rédigé par Patrick REYMOND Publié dans #Politique
Paul Jorion,
de retour des USA, fait un constat : la crise ne semble pas si prégnante ici que là-bas.En réalité, il met le doigt sur un point assez classique, l'empire disparait en son centre.
Les périphéries dominées croient encore à l'empire quand il a cessé d'exister, et pendant ce temps là, sur les marches guerrières, les combattants pensent sauver ce qui reste.
Hélène Carrère d'Encausse disait la pression démographique périphérique et musulmane poserait des problèmes aux soviétiques. En réalité, les problèmes qui ont mis fin à l'empire sont venus de Russie.
L'empire américain fut aussi, on ne peut plus classique dans sa constitution : il bâtit une économie forte, dont il ne reste pas grand chose à l'heure actuelle.
Pour les gnomes affiliés à l'empire, ses fidéles féaux, leur cas reléve de la pathologie psychiatrique : ils ne s'aperçoivent même pas de l'étendue des dégâts, ne veulent pas les appréhender, ni les comprendre, encore moins résister aux pressions, dont la force réelle est ridicule et surtout, illusoire.
Les dirigeants japonais et européens sont dans ce parfait cas de figure.
Pour les marches guerrières, c'est la débandade.
D'abord l'amérique latine est perdue, depuis quelques années, les derniers fidéles sont des parachutés, en Colombie, au Mexique et au Pérou, où il est paradoxal que Garcia, renversé par la CIA il y a 20 ans, soit désormais un des derniers féaux.
Mais, c'est l'arc de cercle moyen oriental qui est le plus préoccupant.
La débâcle israëlo-géorgienne marqua l'inflexion d'une époque. On vit que la puissance triomphante, américano-israëlienne, n'avait aucune efficacité militaire contre une armée hors d'âge, l'incursion dans la bande de Gaza, fut sans doute la dernière du genre. Aujourd'hui, les milices sont dotées de missiles antichars russes Kornet. Ailleurs, les pays du moyen orient disposent d'une panoplie antiaérienne impressionnante.
Le dernier succès du lobby Aipac aux USA, fut le succès de trop.
Leur tutelle sur la politique extérieure américaine s'est révélé, et elle se révéle pesante, lourde et maladroite. "Sous George Bush, la " relation privilégiée " américano-israélienne avait atteint son apogée ".
Désormais, même si elle n'est plus loin de son zénith, elle a entamé son processus de déclin : " influence prépondérante et illégitime."
L'Irak retourne au chaos. Le gouvernement ne paie plus les milices sunnites, ralliées à grands coups de dollars et qui permettait de crier au succès du "surge". Les miliciens retournent là d'où ils venaient : à la résistance.
L'Afghanistan retourne à la guerre, le Pakistan y plonge. Les bombardements américains n'ont crée et maintenu à toutes les époques que l'opposition politique.
Ils ont cimenté l'allemagne dans sa volonté de faire la guerre, crée le succès des partis communistes dans bien des pays, notamment la France, et cet partie du monde n'échappe pas à la règle.
Les talibans, simple milice il y a 8 ans, se sont restructurés et ont reconstruits une stratégie complexe, militaire, sociale et politique, dont l'intelligence n'est pas absente, au contraire de l'absence de stratégie américaine.
Si se sortir de l'Irak peut être relativement simple (sans doute au prix de l'abandon total du matériel), la géographie fait que sortir d'Afghanistan et du Pakistan sera une autre paire de manche, encore compliqué par la question nucléaire pakistanaise.
Là, la politique de gribouille des USA, les expose à devoir vitrifier le pays.
Tous les problèmes se nouent en même temps. C'est, là aussi, le sort classique des empires sur le déclin.
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