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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 09:12

Dans quelques années, on risquera de ne pas comprendre, et pour l'électricité, on demandera, c'est quoi le jus ???

RWE, célèbre électricien d'Europe, est dans la M... ouise. Comme EDF. Mais d'une manière générale, la totalité des producteurs d'électricité en Europe sont dans la M...ouise.

Après 4.5 milliards de $ de dépréciation, de ses centrales à charbon, soit 4.26 milliards d'euros; la perte s'élève au global à 5.7 milliards d'euros.

La dépréciation n'explique pas tout. 6.8 milliards à verser au fond de démantèlement du nucléaire pèsent aussi, mais ce montant, finalement, est pour la compagnie, un "solde de tous comptes", très avantageux à long terme. 

EDF est encore plus comique. Elle amortit ses centrales sur 50 ans, au lieu de 40, bien qu'aucune autorisation de prolongement n'ait été donnée.
Dans un cas, on affronte le problème, dans l'autre, il est nié. EDF peut donc continuer à s'enfouir la tête dans le sable, et annoncer un bénéfice bidon.

Le plus étonnant, d'ailleurs, étant que l'on s'étonne que RWE fasse une deuxième fois, l'impasse dur le dividende. Objectivement, le dividende, c'est un boulet pour une entreprise, encore plus un dividende plantureux et "obligatoire". Le dividende c'est si l'on peut, et si l'on dispose de la trésorerie nécessaire sans s'endetter. Il est clair que les grandes entreprises se sont assises sur ces règles.

EDF, en plus de son marché en crise, a distribué les dividendes à tous va et se retrouve avec une dette au montant imprécis, allant de 37 à 75 milliards d'euros, c'est à dire que les provisions pour le démantèlement des centrales nucléaires, n'existent tout simplement pas.

Pour RWE, "les analystes s'attendaient à un dividende de 0.26 euro au titre de 2016"... Analyste, c'est la nouvelle appellation pour débile mental ? Quand on perd de l'argent, il y a une règle de base, on évite de distribuer de l'argent dont la dépense n'est pas obligatoire...

Les stratégies divergent du tout au tout selon les entreprises. Engie Largue charbon et nucléaire, E.on se concentre sur le renouvelable (création de deux structures), RWE sur le classique fossile, EDF s'entête sur le nucléaire, la totalité du nucléaire, alors qu'à l'intérieur de l'entreprise, on sait que le grand carénage, s'il est économiquement possible sur certaines centrales, il ne l'est pas pour d'autres.

Pour que la stratégie de recentrage fonctionne, il faut une condition impérieuse : que les prix augmentent. Et on sait que l'effet prix n'est pas favorable à une augmentation de la consommation, alors que le principal problème européen, c'est la baisse de consommation.

Bref, les entreprises n'ont souvent pas de vue claire de l'avenir, et répondent par des croyances et des dogmes.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 14:49

Il était une fois, un président démocrate, qui voulait contenir la dette. pensez, 200 milliards,  c'était énorme. Pas question de sabrer le budget social, 15 milliards de $, ni le budget militaire, 75 milliards.
Alors, le président démocrate pris une décision que l'on qualifierait aujourd'hui de "courageuse", chez Hollande, Fillon, Macron, il réduisit les budgets de 10 %. Et vous savez qui trinquât ? La maintenance, l'entretien, la surveillance et l'investissement dans les infrastructures. Vous pensez, en 1968, alors, tout est neuf aux USA, Oroville Dam, le barrage, vient d'être fini. D'une manière générale, la période 1968-1969 est la période de vraie césure aux USA, à cause justement de cette décision, et non, de toutes les nouvelles de l'époque.

L'empire américain, a, clairement, choisit la voie qui descend. Pendant des années, cette décision n'aura aucune conséquence. Mais le temps va passer. 10 ans. 15 ans. 20 ans. 30. 40. Puis on aura Ericka, à la Nouvelle Orléans, puis on aura la crise de Oroville dam, le plus haut barrage Californien, et une des deux mamelles hydriques, de la Californie. Sans compter, bien sûr, tous ces ponts qui s'effondrent, ces eaux qui ne sont pas potable, ces routes qui ne sont plus que des pistes.

Puis on aura un nouveau président démocrate. La dette, il la prendra à 10 000 milliards, il la laissera à 20 000. Pas de quoi le déranger sur son green.

Oroville est emblématique. Il était là pour continuer de permettre le développement que les ressources du Hoover Dam, sur le Colorado, ne pouvait plus alimenter. Simplement, on était arrivé au bout de ses possibilités, tout le monde tirait sur ses droits à l'eau, au maximum.

Au bout de 5 années de sécheresses en Californie, on passe à autre chose ; un vrai déluge. Preuve qu'on a complétement oublié, dans cet état, comment on gère des barrages. Un barrage, c'est vivant, on ne monte et on n'abaisse le niveau que progressivement. Pour arriver au trop plein, on ne s'est préoccupé que d'une chose, le remplir le plus vite possible, en s'asseyant sur les procédures de remise en eau, et quand on a eu le trop plein, on a baissé, toujours en catastrophe, de 15 mètres. Toutes les choses à ne pas faire... Le barrage doit être géré, si l'on veut qu'il dure.

Récapitulons : le barrage de Oroville situé en zone "rouge", républicaine, a été sérieusement ébranlé, et était une pièce maitresse de l'approvisionnement en eau, avec le Hoover dam, sur le Colorado.

La Californie démocrate et mexicaine, pense fortement à l'indépendance, en n'ayant qu'un barrage ébranlé à sa disposition, et qui plus est, situé en zone "rouge". Bref, si 85 % du territoire a voté Trump, la moitié de l'électorat qui a voté Clinton, ne comprend pas qu'ils dépendent du reste pour pas mal de leurs ressources vitales.

Bref, ils sont cons, ou quoi ??? Ou tellement ignorant des réalités ??? Ils devraient demander des conseils aux Ukrainiens. Ce n'est pas la même chose d'être approvisionné en gaz, quand on est dans le même pays que le producteur, que quand on est un client étranger. Pour le client étranger, c'est forcément plus cher, surtout si le besoin est vital.

En France, même schéma, quelques grandes villes qui soit disant "profitent", de la mondialisation-globalisation. La réalité est exactement la même. Ils constituent des exceptions, qui, faute d'énergie suffisante, vont s'éteindre une à une.

la donne politique est partagée entre ceux qui ne sont pas encore touchés par la crise énergétique, et ceux qui sont suffisamment naïfs, pour croire que le système fonctionne encore et qu'il a une âme.

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:00

"Vous dites: "Après, il va falloir regarder mourir les activités complexes, mais déclinantes de nos sociétés. Veaux, vaches, cochons, couvées, les emplois à haute rémunération, les soins médicaux, le tourisme, l’université, les déplacements, chauffer une maison de 250 m2...


En réalité, c'est une certaine médecine, qui est appelé à disparaitre. les déplacements, dont le tourisme, ont toujours existé, mais c'est à pattes qu'il devra se faire, comme au XVI° siècle. Quand à chauffer une maison ? Le commerce des peaux était florissant avec la Nouvelle France. Pour la bonne raison que le chauffage était inconnu."

Si j'ai bien compris vous faites le lien entre le pétrole et les activités citées ensuite. J'ai une remarque. Parmi les penseurs de la décroissance on entend souvent qu'il sera possible de faire des choix de société entre ce qu'il sera nécessaire de décroître (jusqu’à pratiquement zéro, vous citez par exemple le tourisme, peut être que l'on aura le tourisme champêtre ou balnéaire locale et une semaine par an, un peu comme dans les romans de Maupassant) et ce que l'on voudra maintenir. Parmi les choses que l'on voudra/pourra maintenir, j'ose espérer que les progrès médicaux accessible au plus grand nombre et l’éducation/recherche (l’université) en fassent partie.
Je comprends bien le rôle tenu par le pétrole dans ces domaines mais ils peuvent peut être se maintenir dans l’ère de l’après pétrole a condition de leur allouer l’énergie nécessaire pour se pérenniser qui sera produite en quantité bien plus limitée qu'aujourd'hui, certes, mais qui ne sera pas nulle. En tout cas a en croire vos billets réguliers sur les avancées des énergies renouvelables.
Surtout que dans un monde en décrue démographique, on pourra peut être produire enfin, des humains de qualité que l'on aura intérêt a maintenir en vie assez longtemps pour profiter de leur "utilité" et aussi pour qu'ils transmettent le savoir aux générations suivantes."
Je tiens à rapprocher en partie cette intervention avec un article du saker "Quand les camions cesseront de rouler, il en ira de même pour la civilisation ". Vous remarquerez qu'il y a plusieurs rubriques sur ce blog, sur le transport.
Je me rappelle un film catastrophe où les soldats veuillent sur un mur à la frontière de l'Ecosse. De l'autre côté a lieu une épidémie, et il y a de très nombreux feux de camps. Puis, un a un, les feux de camps vacillent et s'éteignent. Jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. C'est un phénomène lent, alors qu'on pense que le pic pétrolier c'est un phénomène brutal.
Il est déjà à l'oeuvre, dans les 102 millions de USaméricains sans emplois, et dans la carte du vote Trump. Il a fait le bon diagnostic sur l'énergie, mais administre la mauvaise thérapie.
Le pic à l'oeuvre, ce sont les emplois qui disparaissent, les compagnies maritimes qui commencent à détruire leurs navires, déposer le bilan, et accumuler les pertes, les compagnies aériennes sempiternellement en déficits, le flux routier qui baisse un peu, et pas plus rentable, le fret fluvial, qui lui, baisse franchement, la liquidation du fret ferroviaire...
Ce sont des phénomènes à échelle humaine, assez lents. Parce que les gisements pétroliers décroissent de 5 % par an, et que POUR LE MOMENT, la baisse de rendements a été compensée par des dépenses importantes accordées à la recherche, la prospection, et au pétrole de schiste. Le prix sert de variable d'ajustement, qui se répercute sur la filière. C'est donc bien un ajustement que nous vivons, mais encore un ajustement indirect.
Le rebond observé dans la production (du pétrole de schiste uniquement, et dans un seul pays uniquement) a simplement déstabilisé un marché qui ne dispose que de capacités de stockage encore plus succinctes que les maigres excédents.
Bien sûr, le système a encore des capacités de réaction. On a l'impression d'une stabilisation, qui annonce une remontée de la "mythique croissance", mais qui n'est qu'illusoire. Quand dans un secteur suffisamment d'acteurs sont morts, les survivants peuvent en tirer un certain répit, un certain temps. Mais pas éternellement.
Puis, viendra le temps où la quantité elle même sera insuffisante. Je rappellerais à certains qu'ils ont vu, au début des années 1970 des files d'attente pour les stations services aux USA, sans compter, bien sûr, des épisodes "atypiques", comme mai-juin 1940, qui brutalement tarissent toute source énergétique extérieure.
La prise de conscience par une classe politique âgée, est égale ou proche de zéro. On rêve d'un aéroport à Notre Dame des Landes, en plein pic pétrolier...
Sans doute vivra t'on aussi des phases de "falaise de Sénèque". Au moins dans certains pays. La position des démocrates, socialistes, immigrationistes est simplement d'une stupidité dantesque.
ils ne représentent plus, avec leur belle âme, que des gens n'ayant pas encore conscience de ce qu'est l'économie. C'est le partage de la rareté. Et quand le gâteau n'augmente plus, c'est encore plus difficile, et quand il diminue, c'est encore plus compliqué.
Après, on s'aperçoit que la structure est trop grosse. On peut prendre l'exemple d'un châtelain sarthois en situation difficile à cause de son home de 1100 M2, qui coûte la peau des fesses. Mais le dit châtelain, n'a visiblement jamais pensé à réduire ledit train de vie, en se "contentant" de 200 m2, plus moderne, et plus économe. Déjà, en son temps, le non moins célèbre Gilles de Rais avait du mal avec ces 4 châteaux.
Il est curieux d'ailleurs, de voir comme les châtelains se ressemblent au cours des siècles. Pour entretenir leurs tas de pierres, ils aiment faire des holocaustes de pauvres. L'un, directement, l'autre par la réduction des budgets sociaux.
Mais ni l'un, ni l'autre, n'estimaient "de leur rang", devoir réduire leur train de vie. La réduction du train de vie, c'est bien ce qui nous attend. Mais avec une classe dirigeante, qui, elle, n'entend aucunement se priver, et qui, aucunement ne perçoit les craquements. Comme sur le Titanic, les premières classes n'avaient pas ressenti le choc. Les fonds de cales, eux, l'avaient bel et bien perçu.
Pour ce qui est des plaisirs, ils ont évolués, sans même remonter à Maupassant. Les alentours des villes, aux alentours du début des années 1970 étaient encore pleines d'activités qu'on peut qualifier de champêtres. On ne ressentait pas le besoin de faire du kilomètre, on se contentait de quelques uns, et la proximité n'était pas ressenti comme un vice ou une absence d'imagination. D'ailleurs, là aussi, la norme évolue. Pourquoi l'Espagne a t'elle de nouveau du succès touristique ? Et si c'était simplement, aussi (en plus des baisses de prix), parce que c'était moins loin ?
La civilisation actuelle est bâtie sur quelque chose de très physique et très sale, le pétrole. Pas sur les NTIC (nouvelle technologie de l'information et de la communication). Pas de pétrole, pas de civilisation, et l'on va voir la partie, "moins de pétrole, quid de la civilisation ?"
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 15:21

Voilà un petit schéma qui en dit long. Les arrestations à la frontière mexicaine ont chuté de 80 %. Les hispaniques ne sont plus guère tentés par l'aventure aux USA. Bien sûr, il reste des attardés, qui n'ont rien compris au film, comme les dirigeants politiques, d'ailleurs.

Les pays occidentaux cessent d'être, peu à peu, des pôles d'attractions, à tous les niveaux. Et quand ils le restent, c'est paradoxal. Les riches chinois font subir à l'empire du milieu une hémorragie monétaire sans précédent... Pour acheter de l'immobilier aux 4 coins du monde, un immobilier dont ils font flamber les prix, mais qu'ils laissent tomber en ruine souvent.

Moller Maersk est en train de prendre le bouillon : "perte de 1.94 milliards de dollars, contre un bénéfice de 791 millions pour 2015". Le transport maritime, c'est pourtant l'activité phare de la mondialisation. Et Moller Maersk, le premier transporteur. S'il était simplement devenu, "trop gros" ? Trop gros pour ne pas mourir ???

Un train a rejoint Londres, en provenance de Beijing. Il était chargé de marchandises, il est revenu vide. Comme les porte-containers. Ils reviennent d'Europe ou des USA, vides, parce qu'il n'y a pas de fret en quantité suffisante. Vu les déficits commerciaux, ça se comprend.

L'agenda mondialiste se brise sur l'épuisement géologique. Et le train lui même, ne sera rentable que s'il transporte suffisamment de marchandises, sinon, la nouvelle "route de la soie", fermera aussi. Et on retombera sur le paradigme ancien, on n'importera que les choses suffisamment précieuses qu'on ne produit pas.

La mondialisation est assise sur les transports, et ceux-ci dépendent à 99 %, du pétrole.

Les rebonds observés dans le commerce chinois sont ils simplement l'effet des dévaluations, et la hausse mécanique qu'elles entrainent en Yuan ou est ce simplement un rebond technique ? Sans doute les deux. En tous cas, avec cet autre chiffre, on voit quand même une certaine volonté de manipulation.

Donald Trump veut ressusciter le paradigme mourant du pétrole abondant. Au moins a t'il eu mérite, celui de poser le problème, et c'est bien sans doute, le seul homme politique qui l'ait fait.

Après, il va falloir regarder mourir les activités complexes, mais déclinantes de nos sociétés. Veaux, vaches, cochons, couvées, les emplois à haute rémunération, les soins médicaux, le tourisme, l’université, les déplacements, chauffer une maison de 250 m2...

En réalité, c'est une certaine médecine, qui est appelé à disparaitre. les déplacements, dont le tourisme, ont toujours existé, mais c'est à pattes qu'il devra se faire, comme au XVI° siècle. Quand à chauffer une maison ? Le commerce des peaux était florissant avec la Nouvelle France. Pour la bonne raison que le chauffage était inconnu.

C'est une vision du monde qui va peu à peu disparaitre. Avant 1945, personne n'était traumatisé par l'absence d'aviation commerciale.

 

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 11:28

On vous vend qu'une explosion dans une centrale nucléaire, c'est pas grave. On nous avait déjà vendu ça pour Fukushima. C'était rien, que dalle, une broutille, pas la peine d'en parler.

Cela donne simplement le pouls. L'entretien est fait à la va-comme-je-te-pousse, et en tant que comptable industriel, ayant constaté sur le terrain ce qu'était l'entretien d'une zone industrielle, en coût, en temps, en énergie, il est impossible d'assurer correctement l'entretien des centrales nucléaires.

L'image que j'en ai, c'est celui de la caisse enregistreuse, celles des dépenses, qui ne cessent d'augmenter, et bouge à chaque seconde, pour des résultats incertains. On est pris entre l'impératif de production, qui prévaut toujours, et la nécessité d'assurer la maintenance correcte, qui est toujours sacrifiée.

Cerise sur le gâteau, EDF fait appel à combien de niveau de sous-traitance ? Avec le résultat assuré qu'on connait : lors de l'incident, "c'est pas ma faute, c'est celle du précédent (ou du suivant)", ou c'est de la faute du défaut de contrôle...Avec plus de 10 niveaux de sous-traitance, aucune chance que cela soit fait correctement. Et surtout, du personnel non-EDF, précaire souvent, aucune chance qu'il fasse correctement leur travail soit parce qu'ils s'en foutent, soit parce qu'ils ne comprennent pas ce qu'ils font.

L'intérimaire est automatiquement plus lent, il ne comprend pas forcément l'importance des étapes, et on lui met la pression. Il a très vite fait de faire sauter certaines procédures, simplement parce qu'il ne comprend pas leur finalité. C'est à mon avis, la cause de certaines catastrophes industrielles, comme AZF. Tout le monde n'a pas forcément la connaissance intrinsèque de notions physiques, chimiques, ou autres...

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 07:41

Il y a plus de 20 ans, le Mexique passait un traité de commerce avec les autres pays de l'Amérique du nord, en signant l'Alena avec un obsédé sexuel notoire et inquiétant (mais jamais inquiété).

Le résultat a été éclatant.

- L'agriculture s'est effondrée, souvent, le lopin qui faisait vivre une famille a été détruit par les importations nord américaines, de maïs notamment, avec des coups de béliers fabuleux, notamment pendant la grande famine/disette de 2008, dont les médias n'ont jamais parlé. Il faut dire qu'il n'était pas politiquement correct de dire qu'elle était organisée par le FMI et qu'au milliard de personnes qui souffraient déjà de la fin, se sont rajoutés ceux qui ont du se contenter d'un repas -maigre- par jour, et que ceux-ci composaient de plus d'une petite moitié de rien du tout de la population terrestre. Enfin, il n'est pas politiquement correct de dire qu'il faudrait peut être que les autorités remontent un petit peu le marqueur de pauvreté mondial, inchangé depuis des lustres (1980 il me semble).

- La part des salaires dans le pib s'est effondrée, et l'industrie mexicaine a largement décrue. Enfin, l'industrie mexicaine qui avait été crée dans les années 1930-1970 et destinée au substitut d'importations et au marché intérieur.

- les Maquiladoras, les usines, crées au nord du Mexique importent des intrants et exportent le produit fini. Le nombre d'emplois crées et les salaires observés au Mexique sont bas. Le salaire minimum n'assure qu'une petite partie du minimum vital, et 60 % de la population vit d'emplois informels. Elles assurent finalement, une augmentation du pib qui n'est que comptable. Le Mexique n'en retire qu'une maigre fraction, et ces usines sont exigeantes. Distribuant des salaires de merde, ils ont quand même tentés de les réduire. Parce que, disaient ils, le pays "n'était pas compétitif". J'ai déjà entendu ça quelque part. Mais où ???

- Le pays vit une nouvelle flambée de porfirisme, où les "cientificos" "modernisent" le pays à grand coup de cravaches. Cela s'est fini par la révolution de 1911, Pancho Villa, Emilio Zapata et plus d'un million de morts...

- L'ALENA n'est populaire ni au nord, ni au sud du Rio Bravo/Grande. Sans doute même est il plus populaire aux USA qu'au Mexique.

- A l'ALENA se conjugue la crise de la production pétrolière. Le Mexique est en état de pic pétrolier avéré. Le gisement géant Cantarell ne produit plus que 130 000 barils jour au lieu de 2 200 000 aux temps de sa splendeur. Il s'en suit deux phénomènes. Le premier est la chute des exportations, la chute des rentrées de la PEMEX (pétrole du Mexique), qui alimentait copieusement les finances publiques, et donc fait perdre ses moyens financiers à l'état central. La seconde est que les prix intérieurs longtemps sous évalués se rapprochent des moyennes mondiales, avec des augmentations importantes, auxquelles n'étaient pas habituées les populations locales, pour lesquelles, souvent, le bas prix de l'essence est un des seuls avantages. Il s'ensuit des troubles sociaux importants.

- La proximité des USA, la faiblesse des salaires en fait un passage important du trafic de drogue. Le "sicaire" ou combattant des cartels, est sans doute le salarié le mieux payé du pays. On ne lui demande pas grand chose, c'est à dire, dans un pays machiste de montrer sa virilité, de tuer, de mourir éventuellement, d'être fidèle et d'exécuter les ordres sans discuter.

- Le Mur avec les USA était une demande, à l'origine... Mexicaine. Parce que les armes affluent des USA. Les sicaires sont plus nombreux, mieux armés, mieux payés que la police. Ils disposent même de blindés.

- La migration avec les USA et l'envoi de salaires est un phénomène qui s'éteint. D'abord parce qu'il n'y a plus d'emplois aux USA, avec ses 102 millions de chômeurs, les arrestations à la frontière ont fortement baissées, et le flux s'est renversé. Il est désormais plus important vers le Mexique que vers les USA. Souvent les résidents mexicains aux USA mendient l'aide de leur famille restée au Mexique...

- L'ALENA est un échec complet. Les prix ont fortement augmenté, les créations nettes d'emplois, tant au Mexique qu'aux USA sont proches de zéro (US) et négatifs (Mexique). Aucune des promesses n'était vraie.

- La guerre. La crise économique, crée par l'ALENA, la crise pétrolière ont plongé le Mexique dans ce qu'on doit appeler une guerre. Les bilans de la guerre de la drogue (depuis 2006) sont sans appel. Depuis 2006, les bilans oscillent entre 80 000 et 150 000 morts, et environ 30 000 disparus. Sans doute ce bilan est il, même dans sa composante supérieure, sous évalué. Elle oppose cartels, entre eux, les cartels à l'état, les cartels aux polices US, et voit même l'entrée en ligne de milices d'auto-défense qui deviennent, vite, eux mêmes, des cartels.

Bref, MAD MAX est arrivé. Il est Mexicain.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique Energie
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 10:09

En 2050, la France sera dépassée économiquement par le Mexique et la Turquie... Sans doute un article écrit par un pisseux de copies, installé confortablement à l'hôtel Marriott du coin, dont il ne connait que ça du pays, avec l'aéroport.

C'est souvent le cas des "experts". Finalement, les experts, j'ai compris ce que c'était, c'était des experts dans le confort des Marriott.

On peut parler aussi du mur que veut construire Trump.

Aux experts, il a échappé au moins trois choses. Le Mexique n'a pas d'industrie, celle des maquiladoras dépend de l'accord de libre échange avec les USA, dont le déficit extérieur vient de dépasser les 500 milliards. Il est totalement dépendant, à cette égard, de la politique US, libre échange ou protectionnisme. Voir effondrement. Si les USA sombrent dans la crise politique, les maquiladoras seront sans clients, et les usines tomberont en ruine.

Deuxième chose, le Mexique est un état -encore- pétrolier. Mais avec un pétrole en net déclin, et avec un pic des exportations net. Le gisement géant Cantarell, qui fut le deuxième du monde, avec 2.2 millions de barils produits chaque jour, n'en produit plus que 130 000.

L'état pétrolier est un état qui a reçu le coup de baguette de la fée Carabosse. Le coup maléfique qu'on a pas vu venir, et qui sont nombreux dans l'histoire.

Le pétrole, quand il est en abondance, empêche l'émergence d'un système fiscal essentiel. Il est bradé à l'intérieur, et les ventes à l'extérieur alimentent un trésor public qui n'est pas géré efficacement.

Quand la production baisse, l'état et le pays souffrent énormément, et cela se traduit souvent par la guerre ou l'effondrement, ou les deux.

L'état mexicain, est à la fois un état en effondrement, un état en guerre et un état en crise sociale. Les récents mouvements sociaux après le relèvement des prix de l'essence sont marquants. L'état, exportant moins, ne peut plus se permettre des prix bradés à l'intérieur. Déjà importateur net de gaz, le Mexique est de moins en moins exportateur de pétrole, donc voit ses politiques budgétaires et monétaires remises en cause.

Tout bonnement parlant, les recettes pétrolières permettaient d'acheter une relative paix sociale.
Le facteur aggravant dans le cas du Mexique, est la proximité des USA, qui a fait de lui une base arrière du trafic de drogue, depuis très longtemps, et la situation a tourné à la quasi-guerre, depuis 2006.

On peut réellement parler de guerre, quand le renseignement français parlait, à propos de Ciudad Juarez, de situation "pire que pendant les pires heures de la guerre d'Algérie". Le nombre de morts pour la période 2006-2014 avoisine les 80 000, les armées des cartels sont mieux équipées et plus nombreuses que celles de l'état mexicain.

D'autres estimations font état de 100 000 tués, 27 000 disparus et 1.6 millions de personnes déplacées. C'est donc bien le bilan d'une guerre. Les fusillades liées aux cartels ont lieu sur tout le territoire des USA, et dans certains cas, on peut même parler de combats, soit entre cartels, soit avec les polices US.

Donc, parler du mur que veut bâtir Trump, ou plutôt, finir Trump, sans ce contexte là, c'est être de la plus mauvaise foi possible. Quand aux mexicains non liés aux cartels, ou n'étant pas terrorisés par eux, ils n'existent pas. Ne parlons même pas de leurs sicaires, arrivés à ce stade par carence total de l'emploi au Mexique, chez qui l'ALENA a provoqué simplement l'effondrement des salaires et de l'agriculture. Le solde migratoire mexicain avec les USA s'était contracté, et est devenu négatif pendant la crise.

A tel point que c'est la famille, restée au Mexique, qui devait envoyer de l'argent aux chômeurs US...

Quand aux démocrates plaidant pour l'immigration, ce sont des paumés sans intelligence. Le chômage est massif aux USA, et pendant ce temps, les bonnes âmes se plaignent que 5 millions d'immigrés ont des emplois inférieurs à leur qualification, ce qui "coûtent" en termes de PIB. Que 100 millions d'USaméricains soient sans emplois, ça ne compte pas ???

Intimement liés économiquement, mais se détestant, USA et Mexique sont sans doute tout autant au bord de l'effondrement total, l'un comme l'autre. Vouloir rester dans le statu quo n'est pas une option, c'est pourtant celle des globalistes et des démocrates, et prédire une croissance fabuleuse, c'est du fumage de moquette.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie Politique Economie
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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 08:53

Pour le magasine "sciences et vie", le nucléaire français tourne au cauchemar. Rien ne va plus.

Age critique des réacteurs, et oui, un jour il faut bien désinvestir ce que l'on a investi, un EPR qui souffre de graves défauts, des travaux de prolongements pharamineux, un héritage ingérable. On ne sait même pas comment démanteler les vieux réacteurs à graphite, "une vraie vacherie !". Et cette vacherie, doit être reprise à zéro... Pour le XXII° siècle.

Bref, l'article parfait pour un anti-nucléaire...

Mon pronostic reste entier. Il y a de grosses chances pour qu'on ensevelisse les anciennes centrales, sous des montagnes de béton...

Mais le problème ne se situe pas qu'ici. Comme je l'avais déjà signalé, il y avait des gros problèmes d'approvisionnement en uranium, devant entrainer une crise de la filière nucléaire en cascade, et la fermeture de nombreuses centrales. C'est bien ce qui est arrivé, avec :

- le Japon (52 centrales),

- les USA (15 centrales),

- l'Allemagne (8 centrales),

- Grande Bretagne, 2 centrales arrêtées en 2012, 16 en activités, mais leur fermeture est proche. Même si Hinckley point était construit, ce qui reste douteux, ce serait alors les deux seules centrales en activité.

- La Belgique doit aussi sortir du nucléaire en 2025.

La crise du nucléaire est donc bien engagé, et la fin de l'approvisionnement du combustible d'origine militaire recyclé (20 %), devrait logiquement, entrainer une décroissance similaire du parc en exploitation (qui devrait passer de 440 à 350), avec la circonstance aggravante qu'il y a une soixante de centrales en construction. et plus de 170 prévues...

- On voit la situation financière d'EDF se dégrader irrésistiblement, avec 7000 suppressions d'emplois prévues, et un bénéfice en chute libre. Il reste que cela ne changera pas grand chose de tailler dans les effectifs, quand le régime de retraite est à sa charge.

En France, le mensonge des stocks commence à transparaitre, ils sont tombés en 2014 à 16 000 tonnes (pour une consommation de 8 000 tonnes annuelles). Ils étaient de 20 000 tonnes, et ce stock n'était pas, soi-disant, sollicité. Le déficit de production reste patent, même si, grâce au Kazakhstan, il est devenu moins important.

Mais dans le monde de l'énergie, on ment comme on respire, et le journaliste qui pond des articles, est con comme une valise.

Le meilleur exemple du mensonge énergétique, c'est l'Arabie Séoudite, qui depuis 40 ans, à toujours 261 milliards de barils de pétrole en réserve, bien qu'elle en ait tiré en moyenne près de 3 milliards par an. Et pour ce qui est de l'exploration pétrolière en Arabie, c'est simple, elle se chiffre aux alentours de zéro.

Autre chose à signaler, Cameco, le producteur canadien qui vient de virer quelques centaines de mineurs (le cours de l'uranium vient de chuter à 20 $ la livre), est en bisbille avec Tepco, l'exploitant japonais, pour rupture de contrat. Il va y avoir procès, et avant résolution, Cameco va passer des jours difficiles. Les clients ne se bousculent pas. Et les prix non plus...

Les dites réserves d'uranium dont on se gargarise à EDF et AREVA n'existent pas. Elles ne sont pas, pour l'instant, économiquement exploitable. Et puis, l'avis d'entreprises, l'une étant en faillite avouée, et ayant acheté des mines inexploitables, et l'autre au bord de la faillite, est pour le moins sujette à caution.

Comment ajouter foi à des entreprises pratiquant une "politique de l'autruche" si visible ??? D'ailleurs, la politique de l'autruche dans l'énergie est si répandue que s'en est même une règle : "La politique de l'autruche des entreprises pétrolières et gazières". Ils ne retiennent que les scénarios qui leur sont le plus favorable, et nient les évolutions en cours, notamment dans le bas carbone.

Journalistes et articles, d'ailleurs, se gardent bien d'analyser la réalité, pour les dogmes du jour : "Berlin doit abandonner le charbon d’ici 2035 pour respecter l’Accord de Paris". On ne parle presque plus de charbon en Allemagne, dont la production atteint péniblement les 8 millions de tonnes, mais de lignite, dont les réserves atteignent, elles, les 40 milliards de tonnes. Comme la lignite sert quasiment exclusivement à la production d'électricité, il est clair que la transition énergétique se fera au dépend de celle-ci, du nucléaire. Le charbon, lui, massivement importé, a déjà été fortement ajusté dans la production d'électricité.

Il reste que les producteurs classiques d'électricité, et leurs fournisseurs ont fait preuve d'une inadaptation totales aux conditions économiques. L'éolien et le solaire ont fourni des quantités très modestes d'électricité en France, respectivement l'équivalent de 2 millions de TEP (tonnes équivalent pétrole)  et 1.75 millions de TEP , contre 20 et 8 en Allemagne (source Usherbrooke). Pourtant, l'onde de choc des crises occasionnées est beaucoup plus importante que ces encore modestes chiffres pouvaient le laisser imaginer.

Ces entités privées doivent donc être regardées comme des dinosaures, incapables de s'adapter à un changement léger de paradigme. De parfaites bureaucraties -privées- prêchant la flexibilité à leurs salariés, mais incapables de la vivre. EDF en est le parfait exemple. L'idéologie du nucléaire empêche de faire ce qu'il faudrait, c'est à dire arrêter simplement quelques centrales nucléaires (définitivement), et engager une politique de réduction des besoins. Pas compliqué d'ailleurs, il suffit d'aller voir les hommes politiques, et de les orienter dans la bonne direction : interdire le chauffage électrique (c'est pour la planète !), pour le logement neuf, donner des crédits d'impôts pour la transition du logement ancien, prévoir la généralisation du chauffe eau solaire, chose qui ne coûterait pas un rond à EDF. Il vient un moment où l'intérêt de l'entreprise, c'est de gérer la décroissance de la demande, ou mieux, de l'organiser.

Mais cette norme du secteur privé, échappe visiblement à la cervelle très réduite des dirigeants...

Le tout, ce n'est pas d'avoir un gros chiffre d'affaire, mais de gagner de l'argent.

Mais si Fukushima n'avait pas eu lieu, on aurait assisté à quelque chose de beaucoup plus marrant : l'arrêt des réacteurs, faute de combustibles... Près de 80 centrales arrêtées, ça finit par faire du volume...

 

 

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 20:45

La consommation d'énergie a légèrement rebondi en 2015, de l'ordre de 19 millions de TEP (tonnes équivalent pétrole.

Energie par énergie, le tableau est contrasté.
Ceux qui régressent :

- le solide (charbon et lignite) : - 6 millions de tonnes,

- le nucléaire, - 5 millions de tonnes.
 

Ceux qui progressent :

- les déchets : + 0.5 millions de tonnes,

- le pétrole : + 7.5 millions de tonnes,

- le renouvelable : : + 8 millions de tonnes,

- le gaz : + 14 millions de tonnes.

Le constat n'a rien d'étonnant. Charbon, lignite et nucléaire sont dans une crise terminale et souffrent d'absence de rentabilité, de plafonnement et de régression du marché. Le renouvelable vit, lui, les conséquences de l'investissement massif auquel il a droit, le gaz est encore abondant, et le pétrole bénéficie d'un effet prix important.

Sans doute, l'évolution sera identique en 2016, mais l'année 2017 devrait voir les choses reprendre une certaine normalité, et voir les prix du pétrole baisser.

Mais on reste quand même loin d'une tendance débridée à la consommation tous azimuts. Il semble bien que le ressort économique du continent est brisé. On consomme un peu plus de pétrole. Sans doute, on a profité de l'occasion pour remplir un peu mieux les cuves de fioul, et on roule un peu plus. Mais cela ne va pas plus loin. Les prix, considérés comme "bas", sont quand même, restés très hauts.

Pour l'électricité le rebond est modeste, et la reprise énergétique liée à l'Espagne. Celle-ci bénéficie du report de la clientèle qui ne va plus dans les pays arabes, et les prix y sont devenus attractifs. Bref moment de consolidation.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 10:00

C'est la crise du petit commerce, comme du grand, en réalité, une crise différente et généralisée de l'immobilier.

Depuis l'an 2000, la France a beaucoup changé. On a beaucoup construit, et si l'on avait, côté pouvoir public, en ligne de mire, les 500 000 logements neufs par an, comme jadis G. Marchais, le million d'adhérents au PCF, on voit mal la finalité du truc. Oui, on aurait atteint 500 000 logements, et Jojo son million de militants. Et après ?

Le seul problème, c'est que le chiffre de construction n'est pas un bon paramètre. Les bons paramètres ne sont pas uniques, mais agissent en faisceaux, se conjuguent, se scindent, dans des effets jamais prévus.

300 000 logements, en année basse, c'est quand même de quoi loger 750 000 personnes, avec des ménages à 2.5 personnes.

400 000 logements, c'est de quoi loger 1 000 000 de personnes.

800 000 transactions dans l'ancien, c'est le mouvement de 2 000 000 de personnes. Donc, rien que le marché de l'accession, c'est 3 000 000 de personnes qui bougent, avec une population qui augmente de 300 000 personnes / an.

Cette population, qui bouge beaucoup, abandonne le sans confort, souvent urbain et central, pour des normes plus actuelles, mêmes si elles sont, en fait, plus enfantines souvent.

Des lieux se paupérisent, pendant que les "classes moyennes", s'externalisent dans les pavillons. Le centre ville se paupérise, et l'habitant de pavillonnaire abandonne son réseau de commerces locaux, pour aller au plus près, et au moins cher. Quitte à prendre sa voiture, autant aller là où le parking est facile, et aussi, gratuit.

Deuxième effet néfaste, le rôle du banquier. Parce que les économies occidentales, désindustrialisées, devaient quand même fonctionner, on a laissé la bride au crédit bancaire immobilier, avec le double effet kiss coule (et ça coule vraiment, comme un camembert), d'obtenir la paix sociale par endettement, et réinjecter massivement des liquidités, et un pib fictif.

Comme je l'ai souvent dit, à une époque, le crédit bancaire n'aimait pas l'immobilier, trop long, trop peu rémunérateur. Ce qui faisait le prix, c'était les apports personnels, les prêts amicaux, les prêts vendeurs. Et cela s'explique aisément. Il y a 30 ans de cela, mon propriétaire, âgé et désireux de se séparer de son appartement, me proposa de l'acheter. Je ne désirais pas l'acheter, et de toutes façon, je lui dit que m'endetter à 10 % l'an, très peu pour moi. Il me proposa de me faire crédit, au taux de 4,5 %, ce qui était le taux du livret A, à l'époque. Et un prix tout à fait correct.

Mais les éléments de répulsion étaient trop nombreux...

Et les centre-ville, n'avait qu'un avantage, leur centralité. Elles l'ont perdus, au profit de centre commerciaux excentrés, nouveaux centre-villes désormais, quand ils ont des logements à proximité.

Finalement, on s'étonne des conséquences des effets d'une bulle immobilière, sur le commerce, la cherté des baux commerciaux, et l'effet bling bling des grands centres commerciaux, ou effet "Donald Trump". Ces centres son coincés entre la baisse du pouvoir d'achat, et les rentes de tous ordres qu'ils doivent verser.

Le commerce, en effet, vend peu de produits, mais beaucoup de situation immobilière. Le magasin du centre avait vu ses loyers exploser, et les voient toujours chers, mais avec la conséquence logique partout. Les bons emplacements arrivent encore à se louer, les mauvais non. C'est la même situation que dans l'immobilier de résidence. Après cela, la paupérisation des centres n'est pas étrangère au phénomène, et la non possession de véhicules pour une partie variable de la population (de 15 à 30 % de la population), n'est pas une donnée optimiste. Cela veut dire qu'on ne cible qu'une clientèle très réduite. Et cela ne veut pas dire non plus que ces personnes ne font pas leurs courses en voiture. On peut très bien aller en voiture, faire les commissions pour quelqu'un de la famille, qui n'a pas de voiture. C'est très courant.

La société pétrolière, à l'aube de son déclin, est plus que jamais éclatante. Elle a structuré l'espace, et contrairement à l'union soviétique, qui ne construisait que là où c'était cohérent à long terme, on a pratiqué une segmentation sociale.

On a multiplié des bus, qui roulent à vide. On fait du ramassage scolaire, dans des endroits où 70 % des ménages n'ont pas d'enfants. Mauvaise allocation généralisée des ressources. Il suffit de regarder des films de villes des années 1970 ou 1980, pour s'apercevoir qu'à l'époque, la bagnole était finalement assez rare en ville, par rapport à aujourd'hui. Là aussi, on s'adresse à une clientèle réduite.

Les bétonneurs, quand à eux, une fois bétonné, ils n'en ont rien à cirer que le logement soit vide, le centre commercial au bord de la faillite, l'aéroport vide.

Le politique, dans son laissez faire, laisser aller, a conduit à la catastrophe. Ils auraient du engager des attachés parlementaires pour surveiller le phénomène.

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