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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 09:42

"j'aimerai avoir vos pensées sur le fait qu'il a été annoncé par l’Allemagne ( y a quelques temps ) de se dénucléariser partiellement ( vrai, faux ? ) la conséquence le cas échéant est l'importation par les voisins, nous ? si on a un problème à moyen terme sur le nucléaire, comment on consomme en interne et on vend en même temps si on ne peut plus tenir la même cadence ? ".

Pour ce qui est de la dénucléarisation allemande, c'est un fait. Elle n'est pas totale, la moitié fonctionne encore, mais le désengagement est clairement annoncé.

La production allemande est excédentaire, et le pays se fait de belles rentes de situations en vendant aux pays frontaliers. Ce qui explique, notamment, le maintien de certaines centrales à charbon. En Allemagne, charbon, lignite, nucléaire sont en décroissance, le fioul a pratiquement disparu, le gaz lui même plafonne dans la production électrique. Le pays dispose de capacités excédentaires, ce qui a entraîné la fermeture de nombreuses centrales électriques au charbon, contrebalancé partiellement par l'ouverture de nouvelles unités. Mais cela ne doit pas abuser, en Allemagne, il n'y a plus de nouvelles  centrales programmées depuis la crise de 2008. Simplement, il faut une dizaine d'années pour aboutir à la mise en service d'une centrale.

Les exportations françaises d'électricité concernent assez peu l'Allemagne, mais l'Italie, la Suisse, la Belgique, la Grande Bretagne et l'Espagne. En net, l'Allemagne exporte plus en France qu'elle n'en importe.
Si le charbon allemand pollue en France, c'est parce que celle ci importe son électricité massivement d'Allemagne. On peut se demander d'ailleurs, si l'interconnexion tant vantée n'est pas qu'un miroir aux alouettes. Sauf pour de petits pays.
Un autre pays, très nucléarisé, celui-ci, va sortir du nucléaire. La Belgique. A très courte échéance, d'ailleurs. (2025).

Comme je l'ai dit, la question énergétique est plus une question de lobbys, attachés à leurs rentes, que de technique. En France, nous avons un lobby nucléaire, en Allemagne, celui du charbon, en Russie, Gazprom fait partie du gouvernement, et ne parlons même pas des pétroliers US.

Leur intérêt n'a jamais été notre intérêt.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie Politique
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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 20:37

Malgré tout ce qu'ils peuvent dire, la finance n'est jamais morale. Si elle a un rendement, elle fonce. Il n'y a qu'un moment où elle renonce, c'est quand il n'y a pas de rendement.

C'est le cas du fossile. Et si la finance se détourne, c'est parce qu'il y a du risque,  trop de risque (Bloomberg le classe en "spéculatif"), et uniquement pour cela. S'il y avait 15 % de rendement, n'ayez aucun doute, ils en croqueraient avidement.

" près de la moitié des institutions qui se sont engagées à sortir des énergies fossiles, soit 322, ont pris des mesures pour la lutte contre le réchauffement climatique, par exemple en investissant dans les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique ". S'ils investissent dans l'efficacité énergétique ou le renouvelable, c'est simplement parce que ça paie plus. Pas par vertu.

François de Rugy, lui, dit que EDF est en danger de mort, pour cause de nucléairocratie. Point de vue que je partage entièrement, et que beaucoup de gens partagent.

Mais, quand on compare le coût de l'investissement à celui déjà engagé de la transition allemande, on fait preuve de mauvaise fois. les pays qui partent après, bénéficient de coût bien plus bas. La mise au point et la montée en puissance ont été faites. Il suffit d'importer savoir faire, et technologie au coût très abaissé.

Le nucléaire est lui, sur une courbe des coûts exponentielle.

Cela confirme le diagnostic. Le pic énergie est d'abord celui des coûts. Une activité devenue non rentable se contracte d'elle même, soit par la fermeture immédiate (charbon), soit par non renouvellement des investissements (pétrole). le nucléaire, lui, est atteint par le syndrome de la chute de la durée d'activité des centrales, qui les rend toutes, non rentables.

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 13:43

Il n'y a qu'au gouvernement qu'on arrive à voir des baisses du chômage. C'est comme les éléphants roses qui apparaissent après les libations d'alcool et les fumeries de moquettes. Après, le cerveau dégouline par les oreilles.

Le chômage, comme chacun sait, continue son envolée. Seule, le fait de ne pas compter les chômeurs permet de le faire baisser. ça, c'est le ciseau qui monte.

Il y a un ciseau qui descend, c'est la production chinoise de charbon. Sur les dix premiers mois de 2016, elle baisse de plus de 10 %. 10.7 % pour être exact. Baisse, qui, semble t'il s'accélère : " En octobre, la production de charbon a chuté de 12% sur un an à 280 millions de tonnes, a indiqué le bureau. " Le chiffre total de production atteint donc, 2.74 milliards de tonnes.

Il parait que les importations flambent, à 200 millions de tonnes pour les dix mois. Il faut dire que pour compenser la différence, il faudrait qu'elles flambent bien davantage. Surcapacité, surinvestissement, pic de la demande, épuisement géologique, tout se conjugue désormais, sans qu'on puisse voir une cause principale, mais une crise dont toutes les composantes dégueulent en même temps.

Mais le principal a retenir, pour la croissance mondiale, c'est que le moteur chinois, assis sur la consommation ultra rapide et effrénée de ses gisements de charbon, vient de se terminer.

Les 7 % de croissance, annoncés sont de la fantaisie. Autre chinoiserie, on continue à qui mieux mieux de construire des centrales thermiques au charbon, alors que celles existantes n'atteignent pas le seuil de charge critique qui leur permet la rentabilité. Mais la construction de ces nouvelles unités sont bien vu, question investissement, et question PIB, au moins au niveau local.
Il faut donc en tirer la conclusion logique, le PIB est fictif. Comme dans bien des industries, l'investissement est aussitôt détruit.

Le pire, dans l'histoire, c'est que désormais, mon fond de commerce est indûment pillé par la presse mainstream, et pravda. 460 milliards pour des équipements qui ne serviront jamais, on peut difficilement appeler ça de l'investissement.

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Published by Patrick REYMOND - dans Politique Energie
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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 15:47

Quand les consuls, empereurs faisaient un triomphe, dans la Rome antique, l'esclave qui tenait sa couronne de lauriers était chargé de lui dire à l'oreille que le capitole était proche de la roche tarpéienne.

Le fossile est dans la même  situation. Il a vécu son âge d'or, de 2000 à 2014, son aboutissement, son règne sans partage.

Puis la fin est venue. L'accélération très forte du début du siècle, qui s'arrête brutalement, en 2014. Le charbon connait une crise majeure, la baisse des prix du pétrole (ou le stockage de celui-ci ?), de 2000 à 2010 a été stoppé en 2010-2015. Seul le gaz progresse, mais plus dans la dernière tranche 2010-2015.
A partir de 2014, le caïd, c'est le renouvelable.

Cas classique du capitalisme, qui a réagi, en investissant.

Comme dans le cas du transport maritime, on investit en omettant bien entendu toute réflexion sur le bien fondé de l'investissement.

Les prix étaient hauts, sur tout, ils se sont sentis obligés de dépenser de l'argent. Ne pouvaient ils se contenter

Seul, dans le renouvelable, on a agi intelligemment, sans toutefois pour certains, éviter le dépôt de bilan. On recherche, on trouve, et on simplifie les process industriels.

Le capitalisme qui se pique d'innovation et d'intelligence, dans ce cas précis, n'en a fait preuve d'aucun. On aime bien ce qui est sûr. Le charbon. le gaz. Le pétrole.

Franchement, qu'espérait on en misant sur des gisements en fin de vie, comme pour le charbon, en Chine ? Même pas pouvoir payer les intérêts ? Parce que les projections étaient de la débilité mentale : quantités en progressions, et prix qui se maintiennent ou augmentent. Deux choses que n'importe quel chef d'entreprises sont incapables de prévoir, sauf quelques mois à l'avance.

Economiquement, l'article en référence indique une rupture. Rupture parce que l'épuisement géologique est là, dans beaucoup de cas, que le surinvestissement a été patent, que la relève technologique a été mise au point. La moyenne 2000-2015, indique le triomphe du fossile. Mais les dernières années, la déconfiture complète.

Les capitalistes de l'énergie fossile n'ont guère été rationnels. Mais plutôt des croyants. Au lieu de s'enrichir en conscience, en empochant des prix élevés, ils se sont dit qu'ils pouvaient devenir encore plus riche, en investissant, comme n'importe quel agriculteur ruiné, inscrits à la FNSEA. Une bande de bouseux, perdus dans des bureaux flambants neufs. Encore, n'avaient ils même pas l'excuse d'avoir été manipulé, ou pris dans un engrenage. Ils ont crées l'engrenage tout seul, et se sont auto-manipulés. Narcisse dans sa splendeur.

Aucun n'a réagi en capitaliste, en se disant, ok, on gagne, on se crée de la trésorerie, on rembourse les emprunts. Ils ont fait le contraire. Ils se sont endettés encore plus, pour "investir", quelquefois, simplement en surpayant d'autres compagnies, pour distribuer du dividende, hérésie suprême, et se trouver au plus mal, quand la demande a commencé à flancher, que les capacités se sont révélés surexcédentaires, que les prix se sont effondrés, parce qu'une population prolétarisée s'est révélée incapable de suivre. Et s'est mise à se rationner.

Ce qui n'a pas été prévue par MK Hubbert, c'est la bêtise humaine, et le caractère pithécanthrope du décideur. le capitaliste appel cela crise de surinvestissement, et faillites associées. Cela va bien plus vite, d'ailleurs, que l'épuisement géologique, qui, lui, n'envisageait pas la possibilité d'effondrement des prix.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:40

3 petits tours, et il est parti, le petit Juppé, qui croyait son heure arrivée.

Fillon est venu, nous imposer son "modèle" néo-libéral libre échangiste, en oubliant le petit rien, qui permis à cette vermine de proliférer. Il parait qu'on apprend aux cadres FN à contrer la propagande Fillon.

Je peux les aider aussi. Le petit rien, quel est il ? Je vous mets sur la piste.

L'Alaska aux USA.

L'Alberta au Canada,

La Mer du Nord en Grande Bretagne,

L'Australie...

C'est que ces phares du libéralisme économique ont simplement vécu sur des gisements fossiles.

Aujourd'hui ? L'Alaska est à l'agonie, l'état se débat dans les déficits budgétaires, pour l'Alberta, hier donneuse de leçons au reste du Canada, peuplé de feignant qui ne voulaient pas travailler et profiter de l'état providence, il n'y a plus d'abonnés au numéro demandé, la Mer du Nord ne produit plus que le 1/3 du pétrole et le 1/2 du gaz de la grande époque, l'investissement y est sabré, les salariés, virés et pour l'Australie, le charbon voit son prix s'effondrer, et ses ressources plomber l'économie du continent.

Bref, la déroute totale. Monsieur Droopy, pardon,Fillon, lui, qui ne pige rien. Et n'a rien compris à l'essence même du triomphe libéral. Il faut dire, que pour aimer le "sport" automobile, il faut déjà être terriblement limité intellectuellement parlant. D'ailleurs, tout excès en matière sportive, doit être vue comme une aliénation mentale. Non, qu'on ne puisse l'aimer. Mais c'est comme toute chose, il faut que ce soit mesuré. Et éviter de ne penser et ne parler que de ça.

( un temps pour naître et un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté, 3 un temps pour tuer et un temps pour guérir, un temps pour démolir et un temps pour construire, 4 un temps pour pleurer et un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser, 5 un temps pour lancer des pierres et un temps pour en ramasser, un temps pour embrasser et un temps pour s'éloigner des embrassades, 6 un temps pour chercher et un temps pour perdre, un temps pour garder et un temps pour jeter, 7 un temps pour déchirer et un temps pour coudre, un temps pour se taire et un temps pour parler, 8 un temps pour aimer et un temps pour détester, un temps pour la guerre et un temps pour la paix. )

Le reste de la "création de valeur libérale", c'est :

- Les activités de fusions acquisitions, qui consiste surtout à en détruire et vendre une partie, pour pourvoir vendre plus cher ce qui reste, voir simplement, immobilier et terrains...

- Les trafics illégaux, favorisés par l'absence de frontières. Le gabelou ouvreur de coffres de voitures, et inspecteur pointilleux de papiers est irremplaçable. Plus il est con, plus il est utile à la société. (Et oui, il est des postes, où il ne faut surtout pas d'intelligence, mais de la pugnacité, être pointilleux).

- les manipulations financières de tous ordres, qui vous disent que les "services financiers", ont atteint 30 % du pib, en réalité, 0 %.

- les opérations immobilières, de ventes et de reventes, et des locations à prix de plus en plus élevés. (11 % du pib français pour la location...).

Si on y rajoute certains services réels mais discutables, comme les transports, on arrive à un pib largement fictif, et porté par l'imagination comptable. Les comptables, pourtant, ne sont pas réputés imaginatifs. Mais on se rapproche de l'empire romain, qui taxait même les morts.

Pour ceux qui veulent savoir à quoi ressemblerait une présidence Droopy ou Macron, un petit article de Mondialisation.ca.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:59

Quand on a choisi financiarisation et libéralisme économique, on a choisi d'être un médecin de molière. Parler latin parce qu'on y comprenait rien, en administrant la saignée.

Le problème, c'était l'énergie, et on n'a pas voulu -réellement- traiter la question. Déjà, en son temps, Gérald Ford en parlait dans un de ses discours. Il y a 40 ans qu'il n'est plus président.

Aujourd'hui, theeconomiccollapse parle de la fin du survivalisme aux USA. Enfin, il y en a beaucoup moins.

Pour une bonne raison, c'est que les premières mesures ou les premières postures font que le mouvement de libéralisation est mis à la trappe, que les emplois ne déguerpissent plus, qu'on parle d'en créer de nouveaux. Bref, que l'avenir à court terme soit moins sombre. Il l'est. C'est un fait.
C'est un fait aussi, que les hommes politiques "profitent" ou "subissent", souvent, de contextes qui ne leurs doivent rien.

Et, c'est le cas. La Chine visiblement flamboie moins, et de toutes façons, elle a clairement un gros problèmes. 75 % de son énergie vient du charbon, et ses mines sont en déclin accéléré.

Il fallait s'y attendre. Elles ont été dévorées en un clin d'oeil, avec le cliquant, le clinquant d'une ampoule de flash.

Il reste 30 ans de charbon, avec un déclin logique toutes les années. De plus déclin du charbon chinois + retour protectionniste US =  par exemple, un peu plus d'acier US. Et un peu moins de chinois.

Les aciéries US ne dédaigneront pas, et les 10 000 emplois crées, aussi. Est ce que ça règle le problème de long terme ?

Non. Mais d'un déclin rapide, on peut penser qu'on passe à un déclin lent. En somme qu'on fauche la croissance d'ici, pour le mettre là. Enfin, croissance, c'est vite dit.

Le jeu, est à somme nulle, parce qu'il n'y a pas de quantités d'énergies supplémentaires à attendre. On tire donc la couverture à soi. Les USA en auront plus, les chinois, moins, mais cela donne un sentiment de respiration aux yankees, alors qu'auparavant, leur sentiment d'oppression était réel. Qu'aillaient ils devenir le lendemain ? Ils ont un peu plus de moral.

Trouver un terrain d'entente avec la Chine ? N'importe quoi. La Chine est en train de voir son moteur charbonnier s'éteindre. Elle cale. Donc, logiquement, ce mouvement ne pouvait se continuer. Ce qui compte, c'est la disponibilité énergétique.

Oui, un président élu, même pas encore en exercice peut changer beaucoup de choses. S'il n'accepte pas le paramétrage antérieur, les chefs d'entreprise hésiteront, ou reculeront.

Il y a deux sortes de président. Ceux qui dominent le patronat. Ceux qui sont dominés par lui. Trump, visiblement, ne fait pas partie des dominés. Pour régler certaines situations, il lui suffit de décrocher le téléphone, de dire "hey, untel..."  de discuter quelques minutes avec lui, pour rendre la décision beaucoup moins aisée à prendre, ou la voir annulée.

Chez nous, les chefs d'entreprise ne le voient pas du tout comme ça. Le gouvernement, c'est ce truc qui leur dit toujours oui.

Pour le citoyen de base, c'est une différence énorme, et de moral, et de perspective d'avenir, de savoir qu'il n'aura pas un gouvernement autiste, et qu'il s'occupera de lui, au lieu de se gargariser du bon état de l'économie. Un bon état que tout le monde sait totalement fictif.

Nul étonnement, donc, que le néo-survivalisme ait provisoirement reculé. Un peu de rosée après la sécheresse a le même effet.
A long terme, des gouvernements plus réalistes économiquement parlant, et moins idéologisés, c'est pas mal.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 15:14

" En tant qu'admirateur de la prouesse technique que constitue le métro parisien, j'ai failli me récrier : sans le métro, les embouteillages seraient tels que Paris ne pourrait pas fonctionner. Puis je me suis souvenu du bordel monstre pendant les grèves des employés du métro, en 1995, et je dois admettre qu'il y a du vrai dans ce que vous dites. Je me souviens que le premier jour de la grève, il m'a fallu cinq heures pour faire 20 km en voiture, depuis la banlieue.

L'agglomération parisienne est un dinosaure de onze millions d'habitants, qui commencerait à compter ses morts en cas de panne de courant généralisée qui durerait plus de deux trois jours. "

Et économiquement, le métro est une absurdité. Un tel investissement, pour atteindre une simple rentabilité de remboursement, doit fonctionner 24h/24 à débit constant. Qui connait l'industrie, sait que souvent les productions de nuit sont souvent plus importantes que celles de jours. Parce qu'on ne fabrique pas les mêmes choses. Où les productions nécessitent moins d'attention, ou on fait de plus grandes séries. Pour l'industrie moderne, même cette distinction saute. Elle produit jour et nuit, sans différence.

Je n'ai pas inventé cette appréciation. Je l'ai repris à Ivan Illitch, et à l'histoire. Les grandes dépenses d'équipements, un jour où l'autre, voient leurs effets se retourner. C'est surtout si on avait conservé un niveau constant de densité, que le métro aurait été gérable. Mais ce genre d'équipement crée des effets d'agrégations autour de lui, le plus notable étant la construction, et dans les demandes faites à S. Plazza, que voit on ? Une unité de temps-métro : je veux être à 5,10,15 mn du métro... A long terme, donc, le métro structure ce qu'il y a autour de lui. Constructions, habitations, réseaux, etc. Jusqu'à ce que cela deviennent ingérable.

Comme l'a dit le lecteur, au bout de 3 jours de rupture d'électricité, on comptera les morts, et on verra les débuts d'épidémies. On peut imaginer, dans le cas parisien, une inondation monstre.

Mais, très vite, on risque de voir autre chose : on ne mettra pas 5 heures pour faire 20 km en voiture. Il n'y aura très plus d'essence ou de gazole, et en tout cas, plus d'électricité pour faire marcher les pompes.

La valeur ajoutée de la région parisienne, c'est quoi ? Des administrations (privées ou publiques), donc, qui peuvent se situer n'importe où dans le pays, et des gestionnaires de l'infrastructure, physique, ou de la population. Qui peut, elle, être n'importe où.

Le libéralisme économique s'est introduit à la fin des années 1970, dans un bref été de la Saint Martin, en Grande Bretagne, et aux USA. Les deux étaient causés par des découvertes de gisements pétroliers. La Mer du Nord pour la Grande Bretagne, et l'Alaska pour les USA, qui leur redonnait un peu de mou dans leur conduite. Ils en ont profité non pour préparer un avenir, mais pour recréer une dette monstrueuse et faire une fête somptueuse.

De 500 Milliards de dollars au début de l'ère Reagan, la dette va avoisiner les 20 000, pour la dette publique seulement.
Mais comme un coup d'état raté, cela oblige à une réaction, une dette ingérable oblige à la banqueroute. Le tout; c'est de ne pas y aller contraint, mais franco. Il faut purger la CIA ? Indubitablement, c'est à la tronçonneuse qu'il faut le faire. Il faut mettre la dette aux poubelles de l'histoire ? Faisons le franco, aussi.

Rien n'obligeait les gouvernements Thatcher et Reagan, à une politique "unusual". Fillon, s'il est élu, avec 40 ans de retard, nous fera comprendre très vite, qu'une politique libérale, sans pétrole, c'est la catastrophe. Et qu'il n'y aura pas de croissance après.

Le problème, désormais, est dans le respect des codes. Les casser, c'est de la politique, et cela redonnera à celui-ci, ses lettres de noblesses.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 14:51

Certains pensent que le pétrole est inépuisable. Ou du moins en grande quantité. Si l'un est faux, l'autre est indubitablement juste. Mais là n'est pas la question.
Le problème du pétrole restant, c'est qu'il est cher, parce qu'il a un EROI (TRE : taux de retour énergétique), bas. très bas.

On pensait qu'il fallait simplement augmenter le prix, pour trouver sans cesse plus. C'est vrai, jusqu'à une certaine limite, qu'on peut penser se situer à 20 $ le baril.

Le prix "bas" actuel est à 50 $. Il peut monter raisonnablement jusqu'à 90-100 $.

Dans un cas, le producteur souffre, dans l'autre, le consommateur.

Mais l'élément névralgique, c'est le TRE. Aux origines, il était au rapport de 1 à 100. C'est à dire qu'on dépensait 1 baril pour en sortir 100. Et encore. Oncle Billy, quand il a foré le premier puits, avec sa pelle, sa pioche et son peu de matériel fabriqué grâce au renouvelable de l'époque, était sans doute dans un rapport de 0 à 100.

1973 a été une nouvelle norme. Celle ci serait un TRE de 1 rapportant 10.
Maintenant, ce TRE est il lui même le meilleur qu'on puisse obtenir, le plus mauvais étant 1 pour 3.

Et à ce tarif là, il n'y a qu'une utilisation qu'on puisse faire à long terme, c'est l'usage militaire, et encore, très mesuré. Pas celui qu'on connait actuellement.

Adolf réussit à produire jusqu'à 10 millions de tonnes de pétrole par les usines de carburant synthétique, qui pratiquaient l'hydrogénation de la houille. C'est peu. Très peu pour une économie contemporaine, cela consommait une montagne de houille, précisément de l'anthracite, qui n'est plus guère disponible aujourd'hui. La houille pour l'électricité, c'est du brun, beaucoup plus médiocre.

Bref, le rendement décroissant par excellence, qui fait qu'un jour, cette énergie devient obsolète. Je vous laisse découvrir le terreplatiste. Quantité infinie ??? L'idiotie même. la terre n'est faite que de pétrole ?

D'autant, que, dans le même temps, un autre TRE, lui, s'envole, exactement pour la même raison que toujours, le progrès technique. Le TRE du solaire bat celui du pétrole désormais. 1 pour 7, dans le pire des cas, battant toutes les énergies, 1 pour 14 dans le meilleur, même avec 10 % perdus dans le stockage, ça ne remet pas en cause la donne principale. Elle écrase les autres. Tout le reste n'est que combat d'arrière garde. Ou de mauvaise foi. Prendre des données de 1998, ou de 2008, par exemple.

Les rendements décroissants, et l'impasse civilisationnelle se manifeste dans d'autres signes. New York vient de construire 3 nouvelles stations de métro. Il aura fallu 90 ans, il y aura 220 000 passagers chaque jour, et il faut en attendre : aucune amélioration.  C'est pour aller loin dans une ville congestionnée. Mais ce n'est pas poser le problème de la bonne manière ; c'est parce qu'il y a le métro que la ville est congestionnée. C'est une des causes du problème, pas sa solution.

Ce qui n'empêche pas Paris de vouloir doubler le sien. On veut ajouter l'ingérabilité  à l'ingérabilité, la complexité à la complexité. Il arrive un moment où le système trop complexe ne fonctionne plus.
Dans le cas des grandes villes, le problèmes de l'eau va devenir... insoluble. Eaux usées et eau potable. Il sera très amusant à Paris de vouloir traiter la pollution de 250 000 foyers supplémentaires.

A Flint, la crise de l'eau n'en finit pas. Et pour cause, elle ne peut pas finir, sans la destruction pure et simple de la ville. La population est prise entre abandon et empoisonnement, de la part d'une bande de copains-coquins, que le conflit d'intérêt n'effrayait guère. On ne veut ni indemniser les victimes, ni réparer les dégâts, la solution la plus simple, c'est le déplacement de population, et la destruction de la ville. Cela, visiblement, on le voudrait bien, il reste que personne ne veut l'avouer, ni le payer.

Ce genre de crises finira par toucher les villes centres, comme elles ont touchées la Rust belt et la partie jadis unioniste (La Nouvelle Angleterre, et le nord du fleuve Kentucky, perdent leurs habitants, à mon avis, surtout les zones urbaines où règnent l'insécurité et le mélange racial.

Bizarrement, ce sont les endroits les moins peuplés qui gagnent encore, et l'ouest, ainsi que le sud. La Virginie occidentale, pleure ses habitants et son charbon, le Wyoming aussi, l'Alabama, paie ses problèmes récurrents.

Rien d'étonnant à ce que Trump ait percé dans le nord, la perte de population indique une sévère crise.

La population des USA augmente, mais moins, l'immigration baisse, preuve aussi que le pays n'est plus aussi attirant. Il faut être un gauchiste idiot et sans imagination pour rêver un transfert éternel de population.

Pétrole, villes, états, se développent, jusqu'au jour où ils ne se développent plus. Il y a bien longtemps qu'ils ont dépassé leur optimum, et les politiques publiques qui veulent encore les accroître, sont idiotes. Elles ne préservent pas de l'effondrement, elles l'accélèrent. DSK disait qu'il fallait plus d'immigration pour qu'il y ait plus de croissance. c'était complétement idiot. Mais venant de sa part, tellement normal.

Un système qui ne sait pas brider son appétit, pour ménager sa survie, ne mérite pas de survivre.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 20:12

Chez Casino. Normal, vous me direz, Las Vegas, c'est en plein désert, il y a plus d'eau... Non, c'est pas de ce Casino là, que je vous parle, c'est du grand distributeur.
Encore un signe éclatant de grande santé et robustesse de l'activité, du chiffre d'affaire et des profits, 282 magasins, sur 10 500 vont être fermés.

" Les hypermarchés Géant, actuellement la seule enseigne non-rentable du groupe en France, devraient pour leur part revenir dans le vert en 2017 ". On peut rajouter dans l'air du temps : les seuls qui sont rentables sont ceux qui ont truffés leurs parkings et leurs toitures de panneaux solaires, à tel point que je me demande si certaines communes ne sont pas devenus 100 % renouvelables...

Bon je résume le phénomène : les seuls aéroports rentables le sont à cause de leurs parkings. Les seuls grandes surfaces rentables aussi. Logiquement, les aéroports devraient supprimer ce truc inutile, le trafic aérien, virer tout le monde, et se couvrir de panneaux solaires. génial le mécanisme, non ?

De même, l'hypermarché devrait supprimer le machin appeler "vente", détruire le bâtiment -moche-, et le remplacer par des panneaux solaires. On peut même, d'ailleurs, supprimer le goudron, et faire paitre les moutons dessous. Encore plus génial, non ?

Caricatural ? Même pas. C'est la réduction au "coeur de métier", ou "coeur de rentabilité", qui a tant fait courir les grands capitaines d'industries.

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 21:06

Je m'aperçois qu'avec le nombre croissant de lecteurs, je dois revenir sur certains de mes articles précédents.

Il y a 40 ans que je suis le problème, et le soubassement, la fondation, c'est le mensonge, la manipulation, les conflits d'intérêts.

Les réserves de pétrole du Moyen Orient ne baissent jamais, malgré des efforts de recherche inexistant, ou presque, et un pompage accéléré.
Ailleurs, les réserves sont surévaluées. Qui se souvient de ces 125 000 tonnes d'Uranium qui restaient à extraire en France ? 25 000 le furent, mais les 100 000 autres disparurent comme un nuage. Comme ces réserves allemandes de charbon, qui fondirent subitement une année...

Caricaturale, c'est l'agence internationale de l'énergie, tiraillée par tous les lobbys, et certainement pas par la vérité (qui n'a aucun lobby), et qui ne veut politiquement faire de la peine à personne.

Caricaturale, la propagande EDF, qui achète les médias avec des pubs comme : "Nous vous devons plus que la lumière !" ? Oui,  quoi, des contes de fées ??? Cette pub ne s'adresse pas à nous, mais aux médias : "Fermez votre gueule, sinon nos copieux budgets de com vont vous passer sous le nez". Souvenez de ce qui est arrivé après le célèbre "casse toi riche con !". Bon, que la propagande effrénée en tout ait faire déguerpir le lecteur, c'est un autre problème.


Caricaturale, la propagande allant jusqu'à déclarer la réouverture des centrales nucléaires allemandes. Une centrale nucléaire, c'est comme un équipement industriel. Si elle est arrêtée, il est très difficile de la redémarrer, et certainement pas sur un coup de froid. Simple propagande destinée aux retraités.

Caricaturale,  les coûts. Oui, les allemands ont eu des coûts, mais c'était des coûts élevés d'une filière naissante. Les suivants paient beaucoup moins cher. Pour le solaire photovoltaïque, c'est 80 % depuis 2008. A l'époque, d'ailleurs, j'avais préconisé l'abstention. (Sauf pour le thermique).

Si en France, on passe au renouvelable, les 200 milliards dépensés par l'Allemagne, ne seraient pas 200 milliards en France, mais une petite fraction.
Le génie européen, n'est pas à Bruxelles. Le génie européen, développé dans les guerres incessantes, c'était l'innovation. Et celui qui partait plus tard, rattrapait vite son retard par "effet de déversement." En 1535 François 1° envoyait un ingénieur, Virgile, dans la toute petite ville de Saint Etienne moderniser l'armurerie, qui prit à l'époque une renommée européenne, puis mondiale.

Plus le retard est important, plus vite il se comble. On n'a pas les coûts de recherche et de développement, ni les échecs et les erreurs. Toute révolution industrielle a vu les coûts démentiels des débuts, baisser de manière importante, mais pas si vite qu'observée aujourd'hui.

Les innovations de la première révolution industrielle anglaise sont restées des prototypes pendant 50 ans, jouets coûteux et déficitaires de si riches lords, qu'ils pouvaient bien se payer ces lubies, parce que c'est ce que c'était.

Mais la fausseté va plus loin : prendre des données de 1998, ou de 2008, c'est à dire de la préhistoire.

L'histoire, et sa constante, c'est que les systèmes se développent, jusqu'au point où ils sont ingérables. Le poids du système de distribution d'électricité, partout dans le monde, est quasiment insupportable. Il devra être simplifié, d'abord à cause des métaux qu'il dévore. Elon Musk l'a compris, et bien des firmes aussi. Les réseaux dont les pannes s'intensifient, sont de plus en plus complexes à gérer, et à entretenir. Il serait sans doute plus judicieux de revenir à des micros réseaux, voir à l'indépendance totale. D'autres firmes, allemandes, nipponnes, coréennes, chinoises, emboitent le pas. peut être pas jusqu'à penser à l'indépendance totale, ce qui correspond à la réalité du continent américain, mais à une bien moindre dépendance. Et puis, dans le contexte actuel, des coups portés sur un réseau centralisé, peuvent tout arrêter. Pas sur des réseaux plus autonomes.

La réalité économique, c'est Bloomberg qui déclare le fossile comme "spéculatif". Et ce ne sont pas de doux rêveurs, chez Bloomberg, simplement des gens qui aiment les sous, les manipulent, et aiment gagner beaucoup.

Pour le stockage électrique, Lempérière l'a démontré, on peut stocker, en masse, dans des STEP (Station de transfert de l'énergie par pompage), en France. Il a listé tous les sites possibles. C'est une très vieille technique, connue depuis longtemps, et utilisé à une certaine échelle, tous les jours. C'est une simple affaire de travaux publics.

Le problème des nouvelles productions, c'est qu'elles coulent les anciennes. La totalité des producteurs européens sont sur la planche du condamné, et si E.On s'est coupé en deux, avec deux entités, l'une destinée au fossile, l'autre au renouvelable, c'est qu' E.On pense sérieusement à se débarrasser d'une... (Lire, la refiler au CON.tribuable).

D'ailleurs, le but de la maison passive, c'est bien de faire tomber la consommation à quasiment zéro. Est ce que je me trompe ? Et donc faire la nique au fournisseur d'eau, de gaz et d'électricité, dime moderne. la question est le coût. d'ailleurs, le français qui se chauffe de plus en plus mal chez lui, se rattrape sur son lieu de travail.

Autre branquignol de service, L'agence internationale de l'énergie, dont les experts ont du passer le temps à vider les bouteilles de gnôle en fumant la moquette tout en comptant les éléphants roses.

Comment expliquer que d'ici 2040, la consommation chinoise de charbon ne baisserait que de 300 millions de tonnes ? Ils repoussent leurs gisements ? En 2013, leurs réserves étaient estimées à... 32 ans... Dans nul endroit, on n'a extrait 100 % des réserves, dans nul endroit, on a vu une production se maintenir et baisser brutalement. En réalité, la pente se fait année après année, et en Chine, elle est déjà corsée, et a déjà atteint le niveau indiqué... en 2040... Il y a fort à parier, qu'en 2040, la production se monte plus en centaine de millions, qu'en milliards. 

Quand à la consommation hindoue, la production est excédentaire, comme en Chine d'ailleurs... La décélération est rapide, et s'accélère...

Même si les prix de l'énergie remontent, les firmes exsangues financièrement ne pourront plus l'exploiter.

Bref, l'énergie est le soubassement de notre modèle, et l'entêtement dans un schéma vieilli, la clef de la catastrophe et de l'effondrement (violent).

 

 

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Published by Patrick REYMOND - dans Energie
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